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Soilioba, un artiste qui veut éveiller les consciences.

L’école d’art de Mortagne-Du-Nord, Tous Azimuts, accueille jusqu’au 5 mars 2021, le jeune artiste plasticien Soilio Coulibaly dit Soilioba, venu en France pour poursuivre ses études en art. Il a pu bénéficier des différents enseignements de l’ESAD et de la faculté d’arts plastiques de Valenciennes.

Exposition « Le témoin » à l’école d’art de Mortagne-Du-Nord

Aujourd’hui, la richesse de son travail montre qu’il est un artiste à part entière, que sa technique et son engagement sont intimement liés. Cette exposition a lieu dans le cadre d’une résidence Zone de résonnance.

Vendredi 29 janvier, un vernissage sur mesure a donc pu être organisé par l’école et a permis à une quarantaine de personnes, en petits groupes de visiter l’exposition, accompagnés de l’artiste.

Une présence, rayonnante, et une élégance rare, pour exposer sa vision de la place de l’artiste dans le monde et autour d’un sujet grave qui englobe son travail : la scène politique de son pays, la Côte d’Ivoire, et surtout la suprématie de trois personnalités qui selon lui « ont sacrifié l’avenir des ivoiriens pour servir leurs intérêts personnels machiavéliques ».

Même s’il est traumatisé par les nombreuses crises qu’a traversé son pays, il refuse de prendre des positions à l’encontre des politiques : il veut surtout être le témoin, laisser une trace de cette histoire, avec toujours le désir que l’espoir et la lumière soient visibles dans ses images.

Il qualifie sa technique de mixte, avec une prédominance pour la craie grasse. Il a d’ailleurs eu l’autorisation de prolonger son travail directement sur le mur avec cette technique. Il dit être influencé par Hassan Echair, qui travaille sur le thème de l’immigration mais aussi Abou Diarrasouba, pour la « force mystique qui se dégage de ses toiles ». Cependant les spectateurs ne pourront s’empêcher de penser à Jean-Michel Basquiat dans son traitement graphique, qu’il avoue avoir découvert il n’y a que peu de temps.

L’espace laisse deviner trois thématiques

La première, une série de 20 tableaux, représente les trois figures de l’autorité ivoirienne. Des personnages aux traits en apparence enfantins mais qui deviennent vite menaçants par leurs répétitions mais aussi leurs faciès grimaçants.

Il explique qu’il commence par dessiner au trait noir puis la couleur émerge, pour « rendre visible, l’invisible ». Une deuxième série nous laisse face à des visages en très gros plans, voir coupés : ce sont évidemment des masques, objets omniprésents en Afrique, qu’il dit même antérieurs à toute idée de religion en Afrique. Ces masques disent beaucoup de choses sur l’apparence, sur ce qui est montré, caché. Selon Soilioba, un masque voit beaucoup de choses, pourtant : « Une tombe accueille toujours un humain, pas un masque, qui pourtant, contient parfois plus de présence qu’un être lui-même. »

Un masque est le témoin de ce qu’il a vu, pourtant, il est considéré comme un simple objet. Le masque est aussi associé à la danse. Pourtant, La personne à l’intérieur n’existe pas quand elle est masquée et laisse s’exprimer son corps.

Une dernière partie, plus dense, et inégale dans les formats très variés, attire d’abord l’œil par des traces de pas. « Il advint qu’un jour, vers midi, comme j’allais à ma pirogue, je fus excessivement surpris en découvrant le vestige humain d’un pied nu parfaitement empreint sur le sable. Je m’arrêtai court, comme frappé de la foudre, ou comme si j’eusse entrevu un fantôme. » Daniel Defoe, Aventures de Robinson Crusoé, 1719.

Entre peur et curiosité, tel Robinson Crusoé, l’artiste nous dévoile sa manière d’avancer dans le monde, grâce à l’art. Entre prise de position, envie de vivre sans peur, besoin de laisser une trace, ce jeune artiste nous laisse repartir de son exposition avec une force et une lumière qui nous dépasse.

Grâce à l’école d’art et à son dispositif d’accueil, zone de résonnance, Soilioba va pouvoir intervenir dans l’école de Maulde pour présenter une de ses œuvres. Cédric Verlynde, le responsable de l’école, accompagné de Sébastien Hildebrand, artiste associé au programme Zone de résonnance, ont expliqués que le vernissage ayant engagé moins de frais qu’habituellement, l’argent va servir à éditer le travail de l’artiste et le diffuser dans les médiathèques de la CAPH. Ils espèrent poursuivre ces éditions pour les expositions à venir.

Ce lieu, malgré le contexte très particulier reste très actif et n’hésite pas à faire de la circulation d’exposition. La coordinatrice pédagogique, Emilie Picavet, met en place des accueils d’œuvres dans les écoles ou autres structures telles que le Musée Vivant des enfants de Fresnes sur Escaut.

Danse, théâtre, musique… complètent les arts plastiques et les organisateurs se donnent les moyens de rester actifs. D’ailleurs, une nouvelle recrue venue d’une ligue d’impro vient d’intégrer l’école.

L’exposition est visible jusqu’au 06 mars 2021 à l’école d’art de Mortagne-du-Nord (Place Gillet), elle est soutenue financièrement par la commune de Mortagne-du-Nord, des fonds du Projet d’Initiative Citoyenne de Mortagne-du-Nord, la Communauté de la Porte du Hainaut, le Conseil Départemental du Nord, le Conseil Régional des Hauts de France et la Direction Régionale des Affaires Culturelles.

Pour toute réservation de groupe – renseignements au 06 79 78 06 77

Jane Huvelle

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