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Une occasion ratée pour l’écologie participative sur l’aéroport Valenciennes-Denain ?

Fin janvier 2021, la presse locale a relaté l’émergence d’un parc solaire sur le site de l’aéroport Valenciennes-Denain. Si sur le fond, l’opportunité d’une installation de panneaux solaires n’est pas discutée, la forme amène des élus de l’opposition dans les deux EPCI à interpeller les signataires. Entretien avec Quention Omont, élu communautaire à Valenciennes Métropole, et Christophe Vanhersecker, élu communautaire au sein de la Porte du Hainaut.

Un mode de gestion du parc solaire à l’aéroport très discuté 

Plus qu’un projet, ce dossier a déjà débouché sur le choix d’un prestataire via un appel d’offres, et plus encore un bail a été signé depuis le 28 janvier 2021 entre le syndicat mixe de de l’aéroport Valenciennes-Denain et l’entreprise exploitante NEOEN.

Si on vous dit qu’une production de 27 190 MWH chaque année, équivalent 8 500 habitants, serait assurée à travers un parc de panneaux photovoltaïques installé sur un foncier délaissé de l’aéroport Valenciennes Denain, présenté comme cela… tout le monde dit banco ! « Bien sûr, nous ne sommes pas du tout hostiles à l’installation de panneaux photovoltaïques sur le site de l’aéroport », commente Quentin Omont.

« Un formidable vecteur d’éducation populaire », Christophe Vanhersecker

En plus, le choix du site est quasi génial, car le premier obstacle d’un site dédié à une énergie alternative, éolien, solaire, méthanisation, est l’acceptabilité par la population. « En l’espèce, on ne risque pas de problème avec le voisinage. Alors pourquoi pas un projet participatif porté par une banque éthique, la NEF, voire le crédit coopératif », explique Christophe Vanhersecker.

L’erreur serait de croire que c’est une vue idéologique radicale du sujet. En effet, l’idée serait de construire un mode d’exploitation participatif où « des habitants, des actionnaires-coopérateurs… seraient les opérateurs in fine. Cela serait un formidable vecteur d’éducation populaire ! », ajoute Christophe Vanhersecker.

« C’est un projet mal pensé, mal posé », Quentin Omont

Ensuite, outre le volet citoyen, l’aspect économie locale est prépondérant. Dans un courrier commun, les deux élus mettent en exergue un loyer à reverser par l’exploitant à l’aéroport, des prestations locales, des revenus de l’investissement très rentables, 1 € investi génère 2,5 euros au niveau local, soit un bénéfice direct aux actionnaire citoyens. Indéniablement, c’est une source de motivation à la réussite économique d’une énergie alternative. « Des projets similaires existent sur 236 sites en France, notamment dans les Hauts-de-France sur Saint-Omer, Lille, Loos en Gohelle, voire Avesnes-sur-Helpe », précise Christophe Vanhersecker.

Au lieu de cela, le syndicat mixe de l’aéroport amène un projet ficelé où une entreprise, en l’occurence NEOEN, signe un bail pour 30 ans. La dite société exploite un champ de panneaux photovoltaïques installé par ses soins et reverse une redevance de 212 400 euros annuel. « C’est un projet mal pensé, mal posé. Ce site de l’aéroport pourrait être une zone d’essai pour un projet coopératif relatif à une énergie alternative. Il faut réfléchir à la sobriété énergétique ! », explique Quentin Omont.

« Pas abordé à la CAVM, ni à la CAPH », Quentin Omont

SI un parallèle devait se faire sur ce choix du syndicat mixe de l’aéroport. On pourrait se rapprocher d’un sujet que les agglos connaissent sur le bout des doigts. Chaque intercommunalité sait que le coût d’un équipement construit sur une ancienne terre agricole est bien inférieur à la transformation d’une friche industrielle. En l’espèce, offrir l’exploitation d’un tel site à un opérateur privé, répondant à un cahier des charges précis, ne pourra jamais rivaliser avec un projet tourné vers la même énergie renouvelable, mais impulsé par les habitants du territoire. Quel oubli, une méthode rapide sans aucun effort d’une réflexion de territoire éco-citoyenne sur un lieu où tout peut se faire en la matière en terme d’acceptabilité.

« C’est pourquoi, nous proposons un contre projet où des acteurs publics comme l’ADEME peuvent subventionner. Bien sûr, nous savons que ce type de projet est impossible sans la participation des deux agglo, Valenciennes Métropole et la Porte du Hainaut. D’ailleurs, on s’étonne que ce sujet ne fut pas abordé en plénière ni à Valenciennes Métropole, ni au sein de la Porte du Hainaut », indique Quentin Omont.

Rappelons que ce syndicat mixte de l’aéroport Valenciennes-Denain est composé d’élus des deux agglomérations avec comme Président Jacques Schneider, le maire de Hergnies.

Daniel Carlier

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