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Condé-sur-l’Escaut en tension politique perpétuelle

Le Conseil de Condé-sur-l’Escaut fut tendu comme d’habitude avec quelques délibérations importantes sur la forme comme sur le fond. On sent que des échéances politiques majeures vont intervenir prochainement, mais surtout en 2022.

Tout d’abord, une démission de la conseillère municipale bruissait dans les coulisses, c’est Mme Cardon-Tentellier, conseillère d’opposition, remplacée par le retour d’Alexandre Raszka, ancien conseiller municipal et militant du Parti Socialiste assumé. « Ton retour est une bonne nouvelle pour Vieux-Condé compte tenu de tes compétences et expertises », commente Joël Bois. « Bienvenue au Conseil municipal », exprime pour sa part le maire ne voyant pas d’un mauvais oeil le retour d’Alexandre Raszka.

Sur la forme, compte tenu de l’absence du maire de Condé-sur-l’Escaut sur les listes départementale et régionales, perdant prochainement de fait son statut de Conseiller régional, l’édile a demandé au Conseil municipal sa réintégration, en lieu et place d’un délégué titulaire, au sein du Parc Naturel Régional dont il est président.

« Un budget très surprenant », Agostino Populin

Comme pour tous les comptes administratifs des communes du Valenciennois et d’ailleurs, le résultat au 31 décembre ne manque pas d’étonner. « C’est un budget (au 31/1é/2020) très surprenant. Nous sommes très excédentaires en fonctionnement avec des dépenses non effectuées, des animations non réalisées, une baisse des charges de personnel, une commune en mode ralenti. Sur notre action Covid, nous avons respecté à la lettre les protocoles. La ville a fait un effort réel », indique l’adjoint Agostino Populin.

Pour Joël Bois, la majorité municipal oublie « de mentionner dans son désendettement la procédure remportée par la commune, cet argent a fait beaucoup de bien au budget communal ». « Oui, cette manne financière a beaucoup servi à la commune », confirme l’adjoint.

Alexandre Raszka

Pour sa part Alexandre Raszka perçoit les effets sur le temps long de la hausse régulière de la DGF, voire la DSU, de la commune « d’un système de péréquation où les communes riches abondent pour les communes moins riches, un système initié sous François Hollande ». Tout comme d’ailleurs par François Hollande, l’année 2017 dite de la dématérialisation de l’Etat dont nous voyons les limites depuis la Covid et  la fracture numérique avec la population… !

L’épineux tissu associatif

Plus que dans beaucoup de communes, le débat autour des rapports entre la commune et le tissu associatif est électrique. « Comme en 2020, nous avons choisi en 2021 de maintenir les demandes de subventions aux associations. Par contre, nous notons que certaines n’ont rien demandé pour l’année 2021. Toutefois, nous conservons toujours en fin d’année une petite enveloppe pour les demandes exceptionnelles pour un projet ou une dépense imprévue pour une association », commente Grégory Lelong.

Joël Bois propose une autre méthode dans l’approche des subventions aux association : « Pourquoi ne pas imiter la commune de Vieux-Condé, il n’y a pas de honte à copier ce qui fonctionne ». En effet, la commune voisine a choisi de mettre sur pied un comité local avec des membres de la majorité, un de l’opposition, et des présidents associatifs issus de différents secteurs. A cette proposition, le maire répond « qu’il n’envisage pas à ce stade un tel dispositif sur la commune de Condé-sur-l’Escaut. Par contre, nous allons revoir pour 2022 les règles claires et les critères d’attribution. Nous voulons prendre plus en compte le nombre d’adhérents, le service proposé à la population… ».

Evidemment, sur Condé-sur-l’Escaut, vous avez une association particulière, l’OMS (Office Municipal des Sports-Condé sur l’Escaut)) qui fonctionne « depuis plusieurs années sans aucune subvention de la municipalité. Nous n’avons donc aucun compte à rendre à la ville, nous avons un fonctionnement autonome », précise Joël Bois. Certes, Joël Bois a parfaitement raison, car c’est le fondement de la loi de 1901, le non droit d’ingérence dans une association sauf subvention publique de la commune. Et en même temps, l’intitulé même de l’association pose un problème de lisibilité, de clarté, de compétences dans la constitution d’un comité ad hoc à l’instar de celui de Vieux-Condé, il faut être logique sur le coup. Le mot « Municipal » est très encombrant pour la citoyenne et le citoyen, qui est qui, la sémantique est fondamentale dans la lisibilité publique du citoyen.

Evidemment, la période Covid fut particulièrement douloureuse pour les associations sportives et culturelles. « Avez-vous contacté les associations sportives. J’ai pris contact avec ses dernières, je pense que non ! », assène Brigitte Cadeaux, membre du club de judo. L’adjoint aux sports répond tout de go « c’est faux ! Par contre, nous avons remis en ligne l’ancien CERFA, le nouveau était très compliqué et posait beaucoup de problèmes ».

« Je pense que je vais quitter cette fonction au sein de mon association, car j’ai l’impression que cela pose un problème avec la municipalité », ajoute Brigitte Cadoux. A l’inverse de l’OMS, depuis quand une citoyenne élue ou un citoyen élu ne pourrait pas être engagé dans leur cité sans craindre toute forme de discrimnation, voire de coupe budgétaire associative. A l’heure où le cumul des mandats, dont le maire de Condé-sur-l’Escaut, est réel, il n’est pas concevable qu’une telle éventualité puisse exister dès lors que l’association n’instrumentalise en rien son action avec comme seule boussole le services aux familles.

Par contre, il y a un fait sanitaire collatéral. En effet, le choix sur Condé-sur-l’Escaut d’un centre de vaccination contre la Covid dans une salle des sports, agréé par l’ARS, regroupant six communes du Pays de Condé prive les associations occupantes d’une reprise des activités. « C’est la double peine pour ses associations », précise le maire. « Nous espérons récupérer la salle pour la rentrée scolaire », poursuit l’adjoint en charge.

Octroi de l’indemnité fonctionnelle au maire

Grégory Lelong fait l’objet d’un litige pénal, initié par une ancienne élue, dont la procédure est en cours. Un 1er renvoi est intervenu au mois de juin, le procès au TGI de Valenciennes est repoussé au mois de septembre. « C’est un fait de maire. C’est pourquoi, le maire demande cet octroi de la protection fonctionnelle face aux agressions… dont il fait l’objet », précise Agostino Populin.

La DSU toujours en hausse

La DSU (Dotation de Solidarité Urbaine ) est encore en hausse du coté de Condé-sur-l’Escaut. Cette hausse intéressante pour la ville de Condé-sur-l’Escaut représente 16% de son budget fonctionnement. « Ce chiffre (avancé par Alexandre Raska) est exact. D’ailleurs, nous n’avons que 35% des administrés qui payent l’impôt. Cela est dû également à un héritage avec 50% de logements sociaux ce qui a participé à la paupérisation de notre commune », explique le maire.

Pour Joël Bois, indirectement visé par cette remarque, ce choix politique « était aussi une volonté d’aider des personnes sans accès à la propriété. La dialogue sociale n’a jamais tué personne ».

Les deux commentaires s’entendent, mais Marc Pontus, en charge du dossier, répond d’une manière plus tranchée « heureuses les communes qui n’ont pas de DSU » soient environ 34 500 communes françaises, car la DSU est une contribution exceptionnelle de l’Etat aux territoires ultra défavorisés, aux indicateurs sociaux en bas, tout en bas de la rivière. Pour autant, Alexandra Raszka souligne fort à propos « que la DSU va fêter ses 3 ans en 2021. Rien n’y fait, ni les politiques communales, de l’agglo, de l’Etat et des autres institutions, on a du mal à faire bouger les lignes. Il faudrait plus travailler sur l’efficience que sur l’efficacité ».

L’autre remarque de Marc Pontus est plus discutable « c’est une aumône (la DSU) », dont le synonyme est aussi –  Don, en général de faible valeur, que l’on fait  -. Bref, est-ce notre solidarité collective, l’honneur de notre démocratie de s’occuper des personnes en situation de vulnérabilité, qui est visée par l’élu ? Ou la somme jugée trop réduite compte tenu des difficultés sociales abyssales sur Condé-sur-l’Escaut. Manier la langue française dans une tribune publique exige de la précision !!!

A travers l’ANRU 2, nous avons « l’occasion de travailler, outre la requalification urbaine, sur la gestion du (re)peuplement de notre parc social », précise le maire.

PEC

Comme beaucoup de communes du Valenciennois, la ville de Condé-sur-l’Escaut va recruter des PEC (Parcours Emplois Compétences) très largement dotés par l’Etat jusqu’à 80% « pour les jeunes issus des QPV (Quartier Politique de la Ville). Nous recruteront 10 PEC au maximum où nous serons attentifs à l’accompagnement et à la formation. Tous ne seront pas embauchés à la sortie,  mais nous agissons comme avec le Contrat d’Avenir en 2017 », commente l’édile. « Cela reste une bouée de sauvetage pour la (jeune) population », ajoute Joël Bois.

Problème avec le SIMOUV

Dans le cadre d’une délibération sur une convention financière pour l’aménagement des espaces publics de la cité Saint-Pierre, le maire rappelle un sujet central pour la commune. « Nous avons des problèmes avec le SIMOUV afin d’obtenir des engagements de travaux sur des espaces publics accidentogènes dont ils sont responsables. Il y a eu des promesses, mais rien ne bouge. Il y a des problèmes de sécurité à régler. Nous devons rencontrer le nouveau Président Guy Marchant (en place depuis septembre 2020) », commente le maire.

Enfin, sur la forme de ces Conseils municipaux, les échanges sous tension entre l’opposition et la majorité municipale masquent des sujets profonds et centraux sur cette commune écartelée entre un patrimoine unique, à la fois urbain historique et vert avec Chabaud-Latour au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et une situation sociale lourde. Les atouts de cette commune sont immenses, c’est le seul point faisant consensus.

Daniel Carlier

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