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Le collège Paul Eluard de Beuvrages, espace de rencontres avec l’œuvre d’art

Nous partons à la découverte d’une exposition sur Beuvrages, mais également d’un dispositif méconnu, EROA (Espaces de Rencontres avec l’Œuvre d’Art) ; rencontre avec une enseignante du collège Paul Eluard, Stéphanie Poix, notre guide du jour afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette démarche culturelle et pédagogique.

Quand on lui demande depuis combien de temps elle participe à la mise en œuvre d’un EROA, Stéphanie Poix, n’arrive pas à donner de chiffre exact car elle a commencé à enseigner, avec ce dispositif, en reprenant le flambeau d’un professeur qui partait en retraite. Elle était d’ailleurs stagiaire et on peut dire que son métier d’enseignante n’existe pas sans ce projet qu’elle reconduit d’années en années.

La crise sanitaire n’a toujours pas découragé cette pétillante enseignante pour qui la salle polyvalente du collège Paul Eluard de Beuvrages est (presque) devenue une annexe de sa salle de classe ! Et c’est avec l’exposition « « Portrait(s), envisagé toi… » » que l’établissement ouvre ses portes à la culture. Le vernissage n’ayant pas pu se dérouler, nous sommes les spectateurs privilégiée d’une scénographie minutieusement étudiée.

Stéphanie Poix nous accueille dans son établissement en tant que professeur d’arts plastique mais aussi porteuse d’un projet qu’elle mène depuis une quinzaine d’année, un EROA : Espaces de Rencontres avec l’Œuvre d’Art. Ce sont, par le moyen des établissements scolaires, des lieux de culture ancrés dans des territoires afin de développer des démarches de rencontres entre des élèves et des créations artistiques. Ils sont principalement implantés dans des collèges du Nord et du Pas de Calais, également dans quelques lycées. Un établissement, surtout dans un secteur éloigné de la culture pour des raisons géographique ou sociale peut ainsi devenir un lieu de culture et d’échange. Ce dispositif est né en 1996 dans l’académie de Lille.

Les œuvres exposées dans la salle polyvalente, choisies par Mme Poix, sur le thème du portrait, nous font presque oublier que nous sommes dans un établissement du second degré. Les élèves, au nombre de 450 « sont très impressionnés de voir la salle telle quelle, car elle change véritable de statut lors de l’exposition. Ils sont surpris que ce soit de « vraies œuvres » comme ils disent ! ». Ils sont en activité tout le long de la visite ce qui leur permet d’avoir des échanges constructifs et de comprendre des notions. 

Car pendant 3 semaines, ce n’est pas seulement une exposition qui est en place, mais un véritable échange entre les élèves mais aussi les différents professeurs pour qui cet événement est devenu indispensable à la vie de l’établissement. D’ailleurs, la professeure d’arts plastiques n’hésite pas à solliciter ses collègues pour l’installation ou même la participation à des outils pour découvrir l’exposition. Un collègue d’histoire, M. Wiart, particulièrement intéressé et loquace devant une scène de Lucien Jonas a été mis à contribution pour la réalisation d’une petite vidéo explicative. Il a vu dans l’œuvre, les prémisses de la seconde guerre mondiale. Avec lui elle travaille également la question de la laïcité et du portrait de l’identité. 

Mme Beaucamp, enseignante en SEGPA, très enthousiaste sur l’exposition y voit une grande richesse pour ses élèves. Mais bien d’autres collègues encore qui même s’ils ne visitent que de manière informelle, comprennent la chance qu’ils ont de bénéficier de cette ouverture culturelle. D’ailleurs, Stéphanie Poix est consciente de l’appui de sa direction, le directeur Monsieur Tavernier qui la suit et lui permet d’adapter son emploi du temps afin de faire profiter les élèves de manière confortable (Par groupe).

Stéphanie Poix avait en tête un thème, le portrait, et c’est tout naturellement, qu’Adeline Delobel, médiatrice de l’H du siège, centre d’art contemporain situé à Valenciennes (qu’elle a d’ailleurs rencontrée lors de son premier EROA) l’a orienté vers l’artiste Sylvain Dubrunfaut.

Ce dernier peint le monde adolescent avec douceur mais aussi une certaine fougue, et on imagine que les collégiens, dans cette période de pleine contradiction doivent être touchés par ces images.

Ici, ses portraits dialoguent avec des scènes peintes par Lucien Jonas prêtées par le MUBA de Tourcoing, mais aussi des peintures d’Eugène Leroy, des photographies prêtées par le CRP Nord mais aussi deux sculptures du MusVerre – un musée du Département du Nord, 3 structures que Stéphanie Poix connait bien maintenant pour collaborer avec eux depuis le début de cette aventure. Une œuvre du Fresnoy – Studio national des arts contemporains a également été empruntée, une série de portraits inspirés des peintures flamandes, qui attire particulièrement les élèves par son inquiétante étrangeté : ce sont en apparence, des photographies mais qui sont en réalité des vidéos de scènes presque immobiles. Avec parfois, un clignement d’œil, une respiration un peu plus appuyée du modèle, qui amène aussi les élèves à « regarder », à se (re)poser devant une image.

L’exposition est à découvrir jusqu’au 4 février 2022.

Jane Huvelle

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