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(St Amand) La ligne de crête entre le désendettement et l’investissement

Comme dans beaucoup de villes et villages, le Débat d’Orientation Budgétaire 2022 sur la commune de Saint-Amand-les-Eaux se construit autour de paramètres singuliers où la finance locale pendant la Covid se mélange avec l’élaboration d’un Budget Primitif, hors Covid, avec de fait des données plus coutumières. Indiscutablement, ces écritures comptables resteront aussi exceptionnelles qu’après la fin de la 2ème guerre mondiale, un étrange clin d’oeil avec l’actualité du moment (visuels de la Médiathèque et du Théâtre des Sources).

Sylvie Wiart : « Un budget 2022 après deux budgets d’urgence (2020,2021) »

Pour l’adjointe aux finances, Sylvie Wiart, le budget 2022 marque un retour en mode normal pour « un budget 2022 après deux budgets d’urgence (2020,2021) », souligne l’adjointe aux finances. Ce retour a une situation plus classique se conjugue à travers un cocktail de données récurrentes, comme celle d’une baisse dans la durée des dotations de l’Etat, une maîtrise indispensable de la dette locale, les compensations de l’Etat inhérentes à la crise Covid, notamment suite à la baisse drastique des recettes du Pasino, l’inflation donc la hausse des bases de la fiscalité domestique sans oublier le rôle indispensable d’une collectivité comme porteur de projets au bénéfice de la population, l’équation est compliquée, les solutions aussi diverses que les commentaires politiques.

Les essentiels à Saint-Amand-les-Eaux

L’adjointe aux finances rappelle la baisse sans faiblesse de la DGF par l’Etat : « Entre 2014 et 2021, nous avons connu une baisse de 62%. Même si en 2022, on nous annonce une stabilité de la DGF, nous prévoyons d’une baisse de 100 000 € ».

Ensuite, les emprunts toxiques disparus depuis 2015 sont accompagnés « d’un fonds de soutien (d’Etat) assurant une compensation de 230 000 euros par an jusqu’en 2030. Ensuite, 2 emprunts arrivent à terme cette année », précise Jean-Marc Mondino.

Le Pasino est un contributeur atypique, et important, dans le budget d’une commune. Néanmoins, la Covid a  considérablement amputé les recettes en pourcentage de l’exploitation de cet établissement de jeux. « Nos recettes ont diminué sur l’année 2020/2021 de 4 millions d’euros. A ce jour, l’Etat n’a compensé qu’à hauteur de 39% », précise Sylvie Wiart.

Un jeu de comptabilité publique suite au changement de la DSP du Pasino, et de l’application des recommandations du Conseil d’Etat, fausse complètement les comparatifs entre 2021 et 2022 en terme de recettes. On fait dire ce que l’on veut à des chiffres !

L’adjointe aux finances précise que durant les « deux dernières années, la commune a réduit sa dette. Le capital restant dû est de 29 176 000 euros. Pour le BP 2022, les investissements seront réalisés sans emprunt ». Sur ce point, Eric Renaud, élu de l’opposition, répond « avec des taux bancaires historiquement faibles, une commune peut envisager de réaliser des emprunts. La dette raisonnée est un instrument de financement des collectivités locales au service des gens. En l’occurrence, il ne reste que deux opérations en cours sur Saint-Amand-les-Eaux, aucun nouveau dossier ».

D’ailleurs, le chiffre en lien direct avec la réduction de la dette publique est la capacité de désendettement de cette commune, soit de 2,6 années, un taux très faible soulignant une santé financière robuste. Notons que sans la DSP, donc les recettes du Pasino, le taux de désendettement serait de 5,35 années soulignant l’impact des recettes de l’établissement de jeux sur le budget communal. En filigrane, le débat sans fin à La Porte du Hainaut sur la nécessité absolue de réintégrer les recettes des jeux dans le pot communautaire pose une seule question. Quel maire des 47 communes de la CAPH, avec cette manne financière, rendrait la monnaie à la collectivité territoriale au détriment de sa politique locale, de sa capacité à investir au service de ses administrés ? A la lumière d’une couverture journalistique de quelques campagnes municipales dans le Valenciennois (82 communes), on peut répondre de suite… aucun !

Les réactions

Nelly Szymanski, 1ère adjointe en charge des associations, met en exergue « une santé financière, la situation de la commune est saine avec un niveau de services à la population fort ».

Franck De Neve réagit « nous sommes habitués au sein de La Porte du Hainaut d’un St-Amand bashing, mais un auto-St-Amand bashing, cela m’interpelle ! Non, dans un contexte financier difficile, notre proposition de budget est prudent et ambitieux ».

Pour sa part Eric Castelain, élu de l’opposition, propose « une baisse de la fiscalité locale de 3,04% puisque les bases augmentent de 3,04%… ! ». Ensuite, il propose (de nouveau) une politique volontariste pour « la réalisation d’une nouvelle école en centre-ville compte tenu d’une dette faible ». Florence Delférière, en charge de cette thématique, répond tout de go : « Nous avons réalisé plus de 900 interventions dans les écoles l’année dernière. Nous continuons à réaliser des travaux dans nos écoles ».

De son coté, Guillaume Florquin, élu de l’opposition, soulève « une inquiétude sur la situation financière avec la baisse de la DGF de 62% depuis 2014 ».

Ensuite, David Leclercq, adjoint Ville Santé Bien-Être, répond à Eric Renaud sur les causes « endogènes » d’une baisse des recettes et pourtant un équilibre trouvé à 0% dans le budget. « Nous avons également moins 240 000 euros de charges financières en moins », précise l’adjoint.

Enfin, le maire répond au commentaire d’un investissement jugé insuffisant. « Dans les 3 à 4 prochaines années, nous verrons sur notre commune près de 170 millions d’euros d’investissement. C’est pas mal dans une ville où l’investissement serait insuffisant ! »

La ville reprend le contrôle de sa culture…

La commune de Saint-Amand-les-Eaux à travers une délibération de principe a voté à l’unanimité la reprise de sa politique culturelle. « Nous sommes sur une reprise d’une compétence communautaire non obligatoire et réversible. Dans cette optique, la médiathèque, le Théâtre des Sources, et l’espace Jean Ferrat, les bâtis et le personnel associé reviendront dans la compétence communale. Après cette délibération, le Conseil municipal et le Conseil communautaire doivent voter ce transfert de compétences », détaille Jean-Marc Mondino.

Daniel Carlier

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