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Accord LFI/PS, réactions de personnalités socialistes dans le Valenciennois

Après une fin de soirée très agitée au sein du Conseil national du Parti Socialiste (300 membres) afin de voter, pour ou contre, l’accord négocié avec La France Insoumise, et les autres signataires EELV et PCF, un vote large (62%) s’est dessiné en faveur de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale. Quelle est la perception de personnalités socialistes du Valenciennois, entretien avec les intéressés (visuel DR Journal Le Monde).

 « Une logique de l’union de la gauche », José Pressoir

José Pressoir, élu de l’opposition Valenciennes Verte et Solidaire au sein du Conseil municipal de Valenciennes, réagit à ce choix historique pour le Parti socialiste. « L’accord était nécessaire et indispensable. Dans la logique même des résultats au 1er tour de la Présidentielle, c’est le seul moyen de conserver un groupe parlementaire (15 députés minimum), le seul moyen d’exister », entame José Pressoir.

Avec 29 députés socialistes ou apparentés à ce stade, les projections des législatives 2022 sans accord accordaient moins de 5 députés P.S. Oui, le P.S rentre dans une nouvelle période de son histoire . « Je soutiens à 100% la démarche d’Olivier Faure. D’ailleurs, dans le Nord, nous n’avons plus de députés socialistes. J’espère que ce sera la cas en juin prochain. De plus, nous avons une expérience de l’union à travers les élections régionales (Union de la gauche écologique), mais aussi locale avec la liste Valenciennes Verte et Solidaire à Valenciennes », poursuit-il.

Sur les réticences, et le mot est faible, des grands noms du socialisme, des grands élus, une liste pléthorique de personnalités, José Pressoir répond : « C’est une autre logique qui a mon sens est dépassée. La logique de parti de gouvernement de François Hollande est remise en cause. Là, nous sommes dans une logique de l’union de la gauche ».

Toutefois, le P.S n’est pas dissolu dans La France Insoumise, c’est la ligne rouge que l’élu de Valenciennes défend avec force : « Le P.S ne se fond pas dans LFI. Nous conservons notre identité, notre indépendance, notre autonomie, ce n’est pas l’unité à n’importe quel prix ».

Concernant l’affiche de campagne de La France Insoumise « Moi Premier ministre », José Pressoir ne s’arrête pas à la forme, car sur « le fond, notre programme social n’est pas très loin de celui de La France Insoumise ».

« Je me réjouis de cette union, mais elle est violente pour nous », Sandrine Gombert

Pour la maire de Petite-Forêt, cet accord validé jeudi soir entre La France Insoumise et Le Parti socialiste la plonge dans un « sentiment mitigé, mais plutôt inquiet ». Elle jette un oeil dans le rétroviseur de la Présidentielle, le ferment de la NUPES, car « avant on votait au 1er tour pour des valeurs. Là, au gré des sondages et des réseaux sociaux, il y a eu un vote utile très important. Ensuite, un second tour avec un barrage contre l’extrême droite qui monte de plus en plus. Je me réjouis de cette union, mais elle est violente pour nous ».

Bien sûr, tout le monde attend le premier gouvernement d’Emmanuel Macron, version second quinquennat, car il tarde un peu même si l’élection fut anticipée de 15 jours par rapport à 2017. « Après avoir tué le PS en 2017, Macron tue la droite en 2022. Quel sera son projet ? », s’interroge Sandrine Gombert. Certes, les grandes lignes sont annoncées, mais la mise en oeuvre peut prendre bien des visages.

L’autre protagoniste incontournable est Jean-Luc Mélenchon, il arrive « largement en tête, mais il bénéficie d’un vote utile d’un électorat plus modéré. J’ai l’impression que cet accord masque nos divergences sur l’Europe notamment. Pourtant, Anne Hidalgo avait proposé une primaire ouverte… refusée, et là en quelques jours, on est d’accord ! ».

Néanmoins, le P.S n’avait pas de plan B pour exister encore au sein de l’Assemblée nationale. « On n’a pas eu le choix. Nous avons mis de coté certaines de nos valeurs et cela me fait mal », commente Sandrine Gombert.

Enfin, elle craint un effet rejet de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon avec « une affiche très clivante. J’ai peur que cela entraîne un certain rejet. Pour autant, une guerre intestine existait également au sein de notre parti politique, et nous sommes aussi responsables de cette situation », ajoute-t-elle. Sa conclusion résume cet entretien, car « nous sommes soumis aux insoumis ».

Christine Laurent : « Je suis soulagée par cet accord que j’attendais ! »

Pour la responsable de la section socialiste de Valenciennes, Christine Laurent, cet accord final entre LFI et le PS s’inscrit dans une évidence : « Je suis soulagée par cet accord que j’attendais ! Je n’aurais pas compris que les partis EELV et le PCF signent un accord et pas le Parti socialiste. Compte tenu des résultats du 1er tour, nous n’étions pas en position de force. D’ailleurs, nous n’avons pas su convaincre nos propres militants pour la Présidentielle ». Assurément, un vote utile a diminué le score d’Anne Hidalgo vers d’autres candidats.

Toutefois, elle précise un propos appuyé d’Olivier Faure dans son discours au Conseil national. « l’important est que cet accord est à gauche. Nous constatons que les électrices et les électeurs veulent plus de radicalité ». Effectivement, certaines porosités sont susceptibles de confusion, le mode transgenre en politique n’est pas de bonne nature pour la lisibilité de l’électorat.

Ensuite, le Valenciennois et la Région sont des exceptions françaises, car « l’union de la gauche, nous l’avons réalisé sur la ville de Valenciennes (hors PCF) et à l’occasion de l’élection régionale, ça fonctionne. D’ailleurs, le P.S n’avait plus d’élus au sein de la ville de Valenciennes, ni dans l’hémicycle régional. Aujourd’hui, nous avons des élus grâce à ces unions ! ».

Face aux détracteurs de cet accord, elle évoque une page d’histoire glorieuse du parti socialiste « le programme commun en 1981 n’a pas supprimé l’identité des partis politiques. Pour preuve, ces partis existent toujours en 2022. Enfin, concernant l’affiche de Jean-Luc Mélenchon, en 1981, il y avait bien plein cadre François Mitterand ! ».

Enfin, l’histoire politique revient toujours en plein visage, car « c’est la démocratie au sein de notre partie politique. C’est un processus avec un vote large en faveur de cet accord. Les élus opposés aux frondeurs hier sont les frondeurs d’aujourd’hui ».

Christian Chatelain : «  Les forces locales du PS doivent se mettre au travail immédiatement »

Pour l’élu de l’opposition à Marly, le moment n’est pas aux discussions stériles. « On pourrait longuement débattre de la question-on signe un accord avec LFI ou on ne signe pas- au risque de s’épuiser inutilement », lance-t-il.

L’heure est donc à la mobilisation en regardant droit devant. « Je prends acte du résultat du vote du Conseil national du P.S. Les forces locales du PS doivent se mettre au travail immédiatement pour reconquérir le coeur des électrices et des électeurs », conclut-il.

La NUPES avec les grandes signatures de la gauche a démarré jeudi tard dans la soirée. Cette naissance in fine, quel que soit la voie de l’accouchement, ramène objectivement du piment dans cette élection législative 2022, une certaine indécision pouvant réduire cette abstention toujours trop massive.

Enfin, le panorama politique de cette 21ème, contrairement à la 19ème et la 20ème, pourrait être tout à fait surprenant et palpitant ! D’ailleurs, Richard Ferrand en conférence de presse ce jeudi 05 mai avouait que dans moins d’une dizaine de circonscriptions entretenant un suspense insoutenable « la majorité présidentielle (Ensemble) ne serait pas présente compte tenu d’une radicalité très forte, notre présence exacerberait ces dernières ». 

Daniel Carlier

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