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L’autoroute de l’eau où la coupure au robinet !

Tous les secteurs sont touchés par la crise actuelle et le traitement de l’eau potable, voire son assainissement, n’y échappe pas. La réunion annuelle du SIDEN/SIAN, opérateur public dans la gestion de l’eau, avec les maires du Valenciennois fut éclairante en la matière, elle rappelle également la nécessité impérieuse d’une gestion commune des flux de l’eau afin que tout le monde puisse encore en bénéficier… sans coupures !

Paul Raoult : « Pas de suppressions d’opérations (assainissement), mais un étalement des chantiers »

En l’espèce, la pusillanimité n’est plus de mise. Dans cette optique, les gestionnaires privés ou publics de l’eau sont très actifs face « à la sécheresse en 2022. D’ailleurs, les nappes phréatiques sont très basses en ce moment. Nous avons connu un mois d’octobre très sec et nous devons espérer une forte pluviosité d’ici mars (voire de la neige) pour remplir ces dernières. Nous devons donc mutualiser nos ressources », commente Jean-Marc Lambin, le Directeur général adjoint.

Chose faite à travers une autoroute de l’eau du sud-est au nord-ouest de l’ex région du Nord Pas-de-Calais, le SIDEN/SIAN a validé « un équilibre de la ressource sans aucune coupures cet été, pour nos 380 000 abonnés, grâce à cet autoroute de l’eau, contrairement à l’été 2020 où nous avons eu des interruptions, notamment dans le Cambrésis », ajoute Paul Raoult, le Président du SIDEN/SIAN. La solidarité entre les territoires s’impose de fait pour porter ce bien commun dans tous les foyers, mais l’évolution du climat fera-t-elle plus encore les lignes ?

En effet, la question sur le moyen et long terme est de savoir, face au réchauffement climatique, si les opérateurs gestionnaires de l’eau potable devront-ils travailler main dans la main, France entière ? A ce stade, l’initiative serait compliquée, c’est pourquoi le volontarisme de trouver des nouveaux champs captants.

« Un dossier administratif pour exploiter un champ captant met 10 ans », Paul Raoult

Face à un futur tarissement de certaines nappes phréatiques, le SIDEN/SIAN cherche de nouvelles ressources comme dans le Pays Solesmois même si le temps caché est effroyable. « Bien sûr, il y a des études d’impact, environnementales, la préservation des zones humides, etc., mais un dossier administratif pour exploiter un nouveau champ captant met 10 ans », tance Paul Raoult. L’accélération du réchauffement climatique va peut être réviser ce délai, non réaliste, face aux besoins en eau d’un territoire aussi dense en population que le Nord Pas-de-Calais.

Paul Raoult

Concrètement, un prochain champ captant sur Haspres se dessine, ce dernier « va se substituer à celui de Denain, jugé trop dangereux compte tenu de sa proximité avec le canal de l’Escaut ». Une nouveauté en la matière prend forme « avec les eaux des carrières de l’Avesnois. En France, ce n’était pas possible, alors qu’il n’y a aucun problème à quelques kilomètres en Belgique. Nous espérons faire sauter ce blocage réglementaire », poursuit Paul Raoult.

« De 2020 à 2026 prolongé jusqu’en 2028 », Jean-Marc Lambin

Evidemment, l’état des tuyaux pour véhiculer cette ressource si précieuse est fondamental. « Nous travaillons sur les fuites d’eau. Aujourd’hui, nous sommes à 20% de fuites (bon chiffre au demeurant) sur 110 km de réseau, mais nous visons à réduire encore ce taux de fuite », indique Jean-Marc Lambin.

Dans ce cadre, le plan d’investissement est essentiel tant sur le plan d’eau potable, que le réseau de l’assainissement.  « Les hausses de tarif sur nos chantiers nous amènent à modifier notre planning. Nous passons d’un calendrier de 2020/2026 à 2020/2028, nous investissons 35 millions, au lieu de 40 millions d’euros dans l’assainissement, et 32 millions d’euros, au lieu de 37, dans le réseau d’eau potable, notamment 21 millions d’euros sur la rénovation des tuyaux pour l’eau potable », ajoute-t-il.

Evidemment, outre un étalement ne supprimant « aucune opération prévues initialement, la hausse de nos tarifs est inévitable. Cette augmentation sur les prochaines factures des particuliers sera de 6 à 10% », explique Paul Raoult.

Economiser l’eau

Chaque maire du Valenciennois a pris donc connaissance du nouveau calendrier inhérent à cette adaptation, l’essentiel demeure le maintien des opérations, malgré un étalement voire une modification du projet. Le Hainaut est particulièrement client du SIDEN/SIAN avec 33 communes de la Porte du Hainaut concernées par l’assainissement, plus 13 autres communes de Valenciennes Métropole sur cette activité, sans oublier les 46 communes de La Porte du Hainaut liées par l’exploitation de l’eau potable, et les 17 communes de Valenciennes Métropole.

En corollaire à ce nouveau paysage dans la gestion de l’eau, la communication tous azimuts sur la maîtrise de l’eau s’impose face à cette nouvelle donne. « Nous organisons des campagnes de communication afin de sensibiliser les consommateurs d’eau. Ce fut le cas de juin à septembre dernier durant cet été 2022 dans les médias comme sur les réseaux sociaux. Il faut lutter contre le gaspillage de l’eau », conclut Jean-Marc Lambin.

Voilà un état des lieux…à ce stade de la crise que nous traversons, et comme pour tous les autres secteurs, la lisibilité est de plus en plus difficile. En effet, la projection 2020/2028 apparaît presque lunaire tant personne ne sait dans quelle état sera l’économie mondiale dans huit mois… !

Daniel Carlier

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