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(Anzin) Budget voté à l’unanimité, mais l’Etat supprime le contrat PEC

Le Conseil municipal de la deuxième ville du Valenciennois, en terme de population, est très symptomatique de la crise actuelle et de son impact budgétaire local. Face à cette crise, des choix politiques sont faits sur Anzin dans un contexte irrémédiablement inégalitaire dans la répartition des subventions de l’Etat aux communes. Enfin, la mauvaise nouvelle est tombée pour l’emploi, l’Etat supprime les contrats aidés… !

Pierre-Michel Bernard : « Laisser sur le bord du chemin des demandeurs d’emploi »

Tout d’abord, il faut évoquer un choix politique dont l’impact est autant budgétaire que sociétal. En effet, le majorité municipale passe une motion contre une suppression complètement déconnectée de la réalité du terrain, nous parlons ici des PECS. A ce titre, le maire annonce le mauvais coup : « Nous venons d’apprendre que les contrats PEC (Parcours emploi compétences) sont supprimés. C’est une très mauvaise nouvelle ! L’Etat valide sa décision à travers la baisse du chômage », déclare Pierre-Michel Bernard.

Si sur le fond de la toile, l’argument est recevable dans une période où le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 20 ans, avec des offres d’emploi pléthoriques dans quasi tous les métiers, il n’empêche que certains individus ne peuvent accéder à un emploi qu’à travers ce type de dispositif. « Cette baisse du chômage ne concerne pas les chômeurs de longue durée, notamment sur notre territoire », commente un élu de la majorité.

Incontestablement, ce choix budgétaire va « laisser sur le bord du chemin des demandeurs d’emploi. Nous embauchons des personnes dans nos collectivités locales à l’issue de ces contrats PECS. Sur Anzin, nous avons, par exemple, 4 contrats PECS dans le service espace vert, cela ne va pas déboucher sur 4 emplois à temps plein… ! », poursuit le maire.

Mais il faut surtout réfléchir au chemin vers l’emploi. Bien sûr, une immense majorité des communes françaises s’est ruées vers ce nouveau dispositif depuis le 01 janvier 2018, en remplacement d’autres contrats aidés moins avantageux. Pour autant, cette formation s’adressait à un public très éloigné de l’emploi, très loin de l’employabilité. Après cette formation, certains, mais pas tous, pouvaient prétendre à un emploi dans une collectivité locale, car cette dernière joue également son rôle d’amortisseur social. Là, on grave dans le marbre que des individus n’accèderont jamais à un emploi, comme une ligne sur un CV. Comme d’habitude, la mise en oeuvre d’une ligne politique, justifiée à certains égards, ne s’applique pas pour toutes et tous.

Ce coup de gueule était accompagné également d’un point Ressources Humaines où la commune comprend 238 fonctionnaires, 68 contractuels permanents, 82 contractuels non permanents. Deux points à retenir, tout d’abord le taux d’emploi de personnes en situation de handicap à 11,36%, soit 30 emplois, est remarquable. Ensuite, cette masse salariale représente 68,9% du budget de la section fonctionnement. Clairement, cette donnée est très élevée en comparaison avec les autres villes du Valenciennois. Cela aurait pu faire l’objet d’un débat riche et argumenté entre la majorité et l’opposition, mais pas un son sur le sujet !

Un budget voté à l’unanimité

Le budget global de la ville d’Anzin s’élève à 27 191 125 €, toutes sections confondues, avec 19 794 499 euros dans la section fonctionnement et 7 396 626 euros en section investissement. Si la première donnée est à mettre en parallèle de la masse salariale, deux chiffres sont à retenir sur ce BP 2023. Tout d’abord, la fonte comme neige au soleil de l’autofinancement de la commune. « Notre autofinancement passe à 1 180 514 euros en 2023 contre 2 488 555 euros en 2022, soit une baisse de 52,6% de celui-ci. A 90%, nous utilisons nos ressources propres pour payer la hausse des factures d’électricité et de gaz, mais également des denrées alimentaires sans parler de la hausse du point d’indice (3,5%) sur une année pleine », commente Pierre-Michel Bernard.

En creux, tous les édiles en exercice vous indiquent clairement que ce budget 2023 sera un « One Shot » ; ils ne pourront pas puiser une nouvelle fois dans leur trésorerie, différer certains investissements, abandonner certains projets, continuer un délestage où les collectivités locales vendent à tour de bras leurs propriétés foncières, réduire des services dans de nombreuses communes, hausse de certains tarifs dans d’autres… Rien de tout cela ne sera possible pour l’élaboration du Budget Primitif 2024 si… Certes, tout ne s’explique pas avec la Guerre en Ukraine, mais si cette dernière n’est pas bouclée durant l’été 2023, la véritable crise va commencer dans le monde, et notamment en Europe. A ce stade, c’est du petit lait… !

Autre choix important, la commune poursuit sa ligne de conduite sur l’investissement « avec une baisse de nos investissements de (seulement) de 4,44%. Nous maintenons un investissement fort, notamment sur le Groupe scolaire du centre avec 4 100 000 euros sans oublier notre « Maison des Solidarités » avec 390 000 euros », ajoute le maire.

Face à ce choix politique très influencé par le temps administratif sur chaque dossier, l’impact est réel. « Nous passons de moins de 3 années en 2022 à 10,9 années de capacité de remboursement en 2023 », indique l’adjoint aux finances. Clairement, là également, le débat aurait pu s’installer avec l’opposition sur un choix, ou pas, de différer certains chantiers et par suite de plomber les finances de la commune sur la durée, mais pas le bruit d’une mouche sur cette thématique par l’opposition.

La seule intervention audible de l’opposition s’est inscrite sur « une inquiétude face à la baisse des subventions de l’Etat sur la commune d’Anzin », souligne M. Jam Jam. Sur ce point, le maire est conscient des subventions reçues : « Concernant les subventions de l’Etat, nous ne sommes pas à plaindre lorsque nous regardons dans les autres communes du Valenciennois. Notre DSU va augmenter (mais versée en année N+1) et notre DGF ne vas pas baisser ».

En bref :

La commune accélère son passage en LED. A ce stade, 294 points de lumière sont en LED en 2022, soit 18% sur un parc global de 2147. A cet effet, un effort significatif est lancé via son prestataire Satelec afin de passer à 38% d’éclairage public en LED dans les deux prochaines années, soit 819 points de lumière. On apprend à cette occasion que la technologie LED est également en pleine évolution. « Nous changeons certains éclairages LED âgés de 8 ans (et plus opérationnels) par des LED où nous pouvons régler l’intensité… ». Le contrat de SATELEC, sur 8 ans, impose 36% d’économie de consommation à son terme.

Daniel Carlier

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