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Les Bouchons du Hainaut : « Total Energies n’a pas les moyens de mettre une benne chez nous »

Plus que jamais la thématique du recyclage des produits constitue un enjeu de premier plan pour notre économie, circulaire ou pas, en transition écologique. Sur ce sujet, l’association « Les Bouchons du Hainaut » oeuvre depuis les années 90 à la récupération des bouchons de plastiques avec Martine Pollet à l’initiative de la 1ère démarche de collecte sur ce territoire. Ainsi, nous avons rencontré Roland Bouvart, le président de cette association basée sur Condé-sur-l’Escaut.

Roland Bouvart : « Malgré 1000 points de collecte,… trop peu de communes jouent le jeu »

Comme tout le tissu associatif, la pandémie a modifié certains comportements et en l’espèce les « apports des particuliers au sein de notre association (rue Molière à Condé) sont moins importants, mais La Covid a peu réduit les autres possibilités. Concrètement, nous avons 1 000 points de collecte sur le Grand Hainaut (Cambrésis, Sambre Avesnois, et Valenciennois), mais également en Belgique. Nous collectons annuellement environ 25 tonnes de produits à recycler », explique le Président de l’association. Roland Bouvart tient à souligner cette coopération transfrontalière appuyée avec des apporteurs venant, pour certains, de la région de Mons.

Ces points de collecte sont situés dans les entreprises, les associations, les écoles de plus en plus nombreuses, mais « également les Maisons de Retraite en France et en Belgique. Par contre, malgré 1000 points de collecte,… trop peu de communes jouent le jeu », ajoute-t-il.

Bien sûr, le retour des produits à recycler est fondamental. A ce titre, ce pan large de collecteurs vient vider sa besace au siège de l’association comme Toyota 1 fois par an (environ 1 tonne). Ce point n’est pas neutre, il conditionne même l’existence de cette association depuis son origine. En toute logique, la suite de l’apport est le stockage…, pas toujours simple. L’exemple vécu par l’association « Les Bouchons du Hainaut » est symptomatique des difficultés sur ce sujet. « Notre recycleur habituel a été absorbé par un autre plus important, lui même avalé par Total Energies. Depuis le début, notre recycleur historique mettait gratuitement à disposition une benne pour le stockage des bouchons de plastique, mais visiblement Total Energies n’a pas les moyens de mettre une benne chez nous… », ironise Roland Bouvart. Aujourd’hui, SARPLASTIC, le nouveau recycleur des bouchons en plastique met à disposition des casiers, en plastique recyclé, avec un contenu de 200 Kg potentiels. Il en faut 18 pour faire 3,5 tonnes (poids d’un chargement prêt à l’envoi), donc plus de manutention in fine même si des apporteurs comme les associations avec des personnes en situation de handicap (APEI du Valenciennois ou équivalent en Belgique) sont « les meilleurs trieurs ».

Recyclage, les temps sont durs… pour les professionnels

Bouchons de liège collectés

Ensuite, depuis le XXième siècle, les produits dans le viseur de l’association sont plus larges. En effet, outre les fameux bouchons de plastique, les bouchons de liège sont collectés, mais également les canettes métalliques et les capsules, et la nouveauté 2022 est la récupération des bouchons synthétiques (faux liège).

Pour autant, Roland Bouvart met en exergue la condition indissociable de la collecte, le recyclage effectif. En effet, les bouchons historiques sont transformés dans de multiples produits, corbeille, caisse, casier, éléments de tableau de bord… en plastique recyclé grâce à ce nouveau recycleur sur Maubeuge, Sarplastic (25 tonnes annuels). Ensuite, les bouchons de liège sont envoyés au Portugal (1 tonne), pas idéal écologiquement, mais ce pays est le seul en Europe à recycler le liège. Evidemment, les produits métalliques sont plus simples dans la réutilisation (1 tonne), et enfin les bouchons synthétiques partent en Belgique pour transformation (pas d’évaluation à ce stade). Là est le coeur du sujet, la transformation de l’objet collecté. La célèbre phrase « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », du chimiste Lavoisier, prend toute sa dimension et ses failles à travers le rôle central du recycleur, car sans lui rien ne se transforme !

Du matériel médical… aussi !

Les dons, hors produits à recycler, arrivent également au sein de l’association. En l’occurrence, le matériel médical est donné, parfois dans un état d’une grande qualité comme des fauteuils roulants, voire électriques. « Nous offrons ces derniers à des personnes en Belgique ou en France avec peu de moyens, même si en France le fauteuil est remboursé par la Sécurité sociale, pas en Belgique. A titre d’exemple, nous avons récupéré le fauteuil électrique, d’une valeur de 10 000 euros, de Pierre Bridel, un formateur à l’AFPA, pour le donner immédiatement », souligne Roland Bouvart.

Voilà pour l’état des lieux de l’association « Les Bouchons du Hainaut » dans le mouvement d’une démarche écologique simple et efficiente, hier, plus encore aujourd’hui, et plus que jamais demain.

Daniel Carlier

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