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Conflit intersyndical dur en vue avec Laurent Degallaix

Déjà évoqué durant les questions orales au Conseil municipal de Valenciennes, la polémique enfle entre 4 syndicats, basés sur Valenciennes, et l’édile de la commune. Ce conflit est lié à l’occupation gratuite de locaux par les syndicats et sa remise en cause ; rencontre avec Emile Vendeville, responsable unité CGT Valenciennes (façade du 2 rue François Colliez à Valenciennes).

(Visuel de l’arrière du 2 rue François Colliez avec des locaux vacants)

Emile Vendeville : « Jamais un syndicat n’a payé un loyer sur la ville de Valenciennes »

Mardi 17 janvier 2023, 4 syndicats (CGT,CFTC, F.O, et CFE/CGC) ont envoyé un communiqué commun, à la presse locale et régionale, mais également à l’ensemble des maires du Valenciennois, afin de dénoncer l’attitude de la ville de Valenciennes à leur endroit (ci-joint le communiqué). A savoir qu’un syndicat, exemple CGT Valenciennes comprend la ville centre et 20 villes environnantes, idem pour les autres, seul change le nombre communes couvertes autour du chef lieu.

Ce communiqué souligne la banalité de cette modalité « des locaux bourses du travail existent partout ». En clair, les syndicats à Valenciennes ne bénéficient pas d’une mesure exceptionnelle en France, c’est un classique du genre. « Même le maire de Cambrai, M.Villain (pas franchement de gauche), octroie aux syndicats des locaux gratuits (avec les fluides) sur sa commune », ajoute Emile Vendeville.

Sur ce dossier complexe, voici les éléments à disposition. Au 2 rue François Colliez à Valenciennes, l’unité syndical CGT Valenciennes a signé un commodat (prêt à usage), de fait gratuit, avec la ville de Valenciennes représenté par son maire Jean-Louis Borloo. Emile Vendeville remonte plus encore l’horloge du temps, car «  jamais un syndicat n’a payé un loyer sur la ville de Valenciennes. Pierre Carous (maire de 1947 à 1988) a d’ailleurs validé cette pratique ». Depuis ce principe partagé par les deux parties, la CGT Valenciennes ne paye ni de loyer, ni les fluides au 2 rue François Colliez à Valenciennes sur « 350 M2 comme indiqué dans le commodat », précise Emile Vendeville.

« En novembre 2022, nous recevons une convocation afin de rencontrer l’adjoint aux finances de la ville de Valenciennes. A cette dernière, il indique que nous devrions payer un loyer, à compter du 01 juillet 2023 (environ), pour un montant annuel de 75 000 euros, plus les fluides. Cette disposition est présentée comme une mesure de sobriété (énergétique). Visiblement, le maire de Valenciennes ne connaît pas comment fonctionne un syndicat local. Sur une cotisation d’un syndicat, nous percevons entre 10 et 12%, le reste part dans les instances et autres. Sur Valenciennes, cela nous permet d’avoir 2 salariés (un temps plein et un 80%) avec en fin d’année un bénéfice, après charges sociales, au maximum entre 2 000 et 3 000 euros. Nous sommes donc dans l’impossibilité de payer un loyer de 75 000 euros annuel. Cela nous mettrait dans une situation financière intenable. Laurent Degallaix veut-il la mort des syndicats dans le Valenciennois ? », déclare Emile Vendeville.

Les autres syndicats

De manière concomitante, trois autres syndicats ont maille à partir avec la ville de Valenciennes. En effet, dans une rue proche de la Place de Tournai, la ville souhaite vendre son bâtiment comme beaucoup de communes dans le Valenciennois. En effet, la tendance du moment est à la liquidation du foncier bâti pour remplir les caisses des collectivités locales.

Objectivement, difficile pour les trois syndicats occupants de s’opposer à un choix politique, autant que budgétaire, mais à condition de bénéficier d’un autre lieu où la gratuité de l’occupation, et la prise en charge des fluides, serait maintenue. Que nenni, le maire et son équipe municipale n’ont pas de solution de sortie à l’identique pour ce trio de syndicats à ce stade.

Des solutions possibles ?

Heureux hasard, derrière le 2 rue François Colliez à Valenciennes, vous avez au 4 rue François Colliez (2 bâtis enchevêtrés) en locaux VACANTS environ 300 à 400 m2 disponible. Les 3 syndicats ne seraient pas hostiles à déménager vers ce nouveau site d’accueil si et seulement si la gratuité et la prise en charge des fluides sont assurées.

La montée en puissance de ce dossier ne fait plus aucune doute, notamment suite à l’intervention en public d’Emile Vendeville à l’aulne du départ de la manifestation contre la réforme des retraites. Quelle sera l’attitude, volontariste ou pas, des élu.e.s au sein de Valenciennes Métropole, face à ce choix du maire de Valenciennes, et Président de la CAVM,  qui va mécaniquement impacter la vie syndicale sur leurs communes respectives (35) ? Quels outils de lutte mettront en oeuvre les syndicats afin de survivre, tout simplement, sur une terre où l’industrie est omniprésente ? Si le Block Buster des salles des sports à Valenciennes a impressionné en novembre dernier, le dossier pourrait dans les prochaines semaines être du niveau d’ASCOVAL au pic de sa médiatisation, c’est peu dire. Les prochains RDV seront très instructifs, car un terrain d’entente est toujours possible, la négociation est ouverte.

Daniel Carlier

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