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Le biomimétisme où la science du vivant à travers le temps

Comme conférence inaugurale d’un cycle sur 2 ans sur la « « Biom’Mobilité » au sein de l’Institut des Mobilités et des Transports Durables, le biomimétisme était la thématique retenue. Derrière ce mot existe une science étudiée depuis des siècles, parfois encore très mystérieuse, celle du vivant où aujourd’hui encore ses caractéristiques sont une source inépuisable de R&D pour demain, et après demain (visuel Gaël Guegan et Laura Magro).

Laura Magro : « La science doit s’acculturer au vivant, il faut donc changer d’état d’esprit »

Pour cette présentation magistrale, l’IMTD avait convié deux personnalités reconnues sur le sujet, Laura Magro, Directrice du développement scientifique du CEEBIOS, et Gaël Guegan, responsable du département veille technologique et stratégique sur l’électrification automobile.

Le Biomimétisme s’inspire du vivant à travers l’étude comportementale des animaux avec des célèbres adaptations en matière d’aérodynamique, sur la vitesse comme le guépard évoluant « à une vitesse de 110 km sur 300 mètres et sur tous les terrains »…, l’endurance « à l’instar de cet oiseau, le barbe-rousse, réalisant une migration entre l’Afrique et l’Alaska, soit 11 000 km en un seul voyage »…, voire la synchronisation très visuels « des bancs de poisson » sans oublier l’atténuation acoustique, l’adhérence, voire l’antifouling « permettant d’éviter la prolifération d’algues et de coquillages sur les bateaux », explique Laura Magro.

Un des axes de progrès parfaitement identifié réside dans le poids. « Nous devons réussir un allègement des structures. En fait, la science doit s’acculturer au vivant, il faut donc changer d’état d’esprit ! », ajoute-t-elle.

Voilà l’enjeu pour les équipes de recherche où le travail sur les matériaux et l’énergie déployée pour obtenir un mouvement, de fait une mobilité, constitue une facette majeure du biomimétisme. « Nous devons interfacer avec le biomimétisme », conclut Laura Magro.

« Beaucoup plus de déplacement avec moins d’énergie », Gaël Guegan

Pour Gaël Guegan, le progrès s’oriente vers une meilleure connaissance de la matière et de l’énergie : « L’observation du vivant nous apprend que les animaux effectuent beaucoup plus de déplacement avec moins d’énergie. Il faut repenser notre rapport à la technologie. Il produire des solutions trouver dans la nature ».

Cette imprégnation du vivant dans la mobilité future permettra de réduire l’impact carbone, l’enjeu est devant nous avec une réflexion appuyée sur le cycle de vie des matériaux. Allons-nous vers la « Lowtech » ? Certains courants appuient cette idée afin de moins consommer de carbone où de nouvelles méthodes d’innovation vont à la fois conjuguer la sobriété énergétique et la performance dans la mobilité et sa modularité ? C’est une question sur le temps long qu’un cycle de deux ans de conférence, 2023/2024 au sein de l’IMTD, abordera sous toutes ces coutures.

Daniel Carlier

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