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« CRPC Criminelle, pas de procès Pélicot », manifestation Avocats

Le moins que l’on puisse dire est que la proposition de loi « SURE » (Sanction utile, rapide et effective) proposée par le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, ne fait pas l’unanimité chez les avocats. Dans le cadre de l’opération « Justice Morte », ces derniers manifestaient hier devant le Sénat où ladite proposition devait être débattue ce lundi 13 avril 2026 en soirée, après un passage en Conseil des Ministres le 18 mars 2026 et une « colère noire » montante dans la profession.

Jean Thevenot, bâtonnier du Barreau de Valenciennes : « C’est d’abord une question de moyens »

Cette journée restera dans les anales de la profession tant la mobilisation a été importante, près de 3 000 avocats présents sous les fenêtres du Palais du Luxembourg. Parmi eux, le avocats de Valenciennes était représenté par son bâtonnier Jean Thévenot et de nombreux collègues. D’ailleurs, les barreaux mobilisés étaient pléthoriques pour cette journée historique sur la capitale.

Evidemment, la durée de traitement des dossiers criminels est de plus en plus ma vécue par les victimes. Près de 6 000 dossiers sont dans les méandres des tribunaux judiciaires, et c’est pourquoi le Ministre de la Justice a voulu, à l’instar de la procédure existante pour des dossiers non criminels, accélérer le rendu de la justice y compris pour des affaires criminelles. Voilà donc la fameuse CRPC Criminelle que les slogans de ces professionnels du Droit n’ont pas ménagé, jugez plutôt  : « CRPC Criminelle, pas de procès Pélicot ! »… « Plaider-Coupable, Justice Jetable »… « Justice au rabais »… « Non à une justice fast food »… « Pour une peine de prison prononcée, une récidive offerte ! »

« On ne peut pas rendre la justice sans les victimes ou a posteriori. Bien sûr, il faut accélérer les dossiers en retard, mais c’est d’abord une question de moyens ! Je suis avocat depuis 40 ans, je n’ai jamais vu une telle atteinte du Droit », assène Jean Thevenot.

Réduire le stock en matière judiciaire au détriment d’une qualité de la justice rendue, moins de temps consacré à l’enquête, à l’instruction, la recherche de preuves tangibles, d’éléments probants pour confondre, ou pas, les auteurs ou autrices de faits criminels ; voilà l’enjeu de cette polémique où la crainte majeure est la diminution effective des Droits de la victime. Nous parlons ici des fondamentaux de la justice criminelle et du procès pénal, ni plus, ni moins, et concrètement des racines de la justice pénale française… ! Après ce passage au Sénat, la loi « SURE » sera débattue à l’Assemblée nationale durant l’été 2026.

Dans ce cadre, le nombre de barreaux français mobilisés était pléthorique pour cette journée historique sur la capitale.

Daniel Carlier

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