Un puits de mine à reboucher sous l’école Marcel Caby, 1ère en France à Vieux-Condé…
Assez habitué aux réunions publiques pour une annonce de travaux lourds, d’une réhabilitation XXL, même de 80% de la cité chamboulée comme sur Valenciennes entre janvier 2004 et juin 2006, mais cette fois le propos vous laisse un peu cloué sur votre chaise tant l’information est étonnante. En résumé, comme dans la série « bref » : « Puits de mine à reboucher sous établissement scolaire, travaux 12 mois, école temporaire, galère en communication ! » Et vogue le navire… pour cette première française sous un bâtiment occupé où les services de l’Etat, en collaboration avec la commune, seront les pilotes de ces travaux très très spéciaux (visuel préau de l’école Marcel Caby) !

(Espace vert où l’école temporaire va être installée pendant 12 mois)
Sur la terre du charbon, les puits de mine constituent un élément de notre décorum urbain et rural sur le Valenciennois comme sur l’ensemble de l’arc minier dans le Nord Pas-de-Calais. Pour mieux comprendre la situation sur Vieux-Condé, il faut remonter le temps comme l’a fait le maire de la cité, David Bustin, au cours d’une réunion publique au sein de la salle Ô Beaulieu. Puis, dans le dur, il annonce la nouvelle : « Nous avons un puits de mine (1861) en dessous de l’école Marcel Caby, nous devons le reboucher (débourrage dans le jargon). Deux opérations durant cette année scolaire n’ont pas permis de réussir cette opération technique obligatoire. C’est pourquoi, les entreprises en charge ont besoin d’une année pleine pour réaliser cette opération. Par suite, pour cette année scolaire 2026/2027, nous réalisons une école éphémère à proximité ! C’est la première fois que cette opération arrive en France (sous un bâtiment occupé) et j’insiste pour affirmer que jamais les enfants et le corps enseignant n’ont été en danger », commente l’édile.
Plus dans le détail, le sous-sol de Vieux-Condé est quadrillé par une vingtaine de puits de mine. L’un deux, le puits Saint-Roch a bougé, les services de l’Etat ont donc vérifié les puits voisins, Mondésir Nord et Sud. Si le puits Mondésir Nord n’a pas posé de problème, le sondage de Mondésir Sud, sous l’école Marcel Caby, a révélé la nécessité de réaliser un bourrage (reboucher) celui-ci à travers de l’injection de béton à haute densité en sous-sol. Suite aux études et aux documents techniques à disposition, deux opérations ont été réalisées sans succès (sans évacuation de l’école). Par suite, une nouvelle technique sera employée imposant une durée d’intervention de 12 mois, mais avec évacuation de l’école.
Création d’une école temporaire sans modifier les habitudes des familles, un challenge !
Plusieurs scénarios étaient sur la table, mais « la majorité municipale a fait le choix d’une construction temporaire au plus près de l’école actuelle. Elle occupera l’espace de verdure, panneau de basket et terrain de pétanque, juste à coté avec 17 salles de classes en préfabriquées comme les 2 actuellement dans le préau de l’école Marcel Caby. Ces dernières seront climatisés et chauffées. Tout sera macadamisé, clôturé, comme pour la sécurité de tout établissement scolaire. Puis, les écoliers retrouveront leur école habituelle en septembre 2027. Le temps des travaux de cette école provisoire sera de deux mois et il démarreront dès la fin de cette année scolaire. A la suite, l’école temporaire sera démontée, demacadamisée, et sur ce site, nous réaliserons une opération de renaturation avec le retour du panneau de basket, de l’espace pétanque, et peut-être d’une aire de jeux », indique David Bustin.
Face aux questions des familles et des riverains, le premier magistrat explique la philosophie de la démarche : « Nous avons choisi de ne pas casser le rythme des parents dans cette opération », poursuit le maire.
Concernant le volet pédagogique, la directrice de l’école primaire confirme, Maryse Buret, la continuité de l’enseignement dans les meilleures conditions possibles. Le préau accessible sera toujours celui de l’école actuelle (baptisé Jurassic Park), la restauration scolaire ne sera pas modifiée. D’ailleurs, le Directeur adjoint de l’Académie était présent pour appuyer l’accompagnement du Rectorat dans cette opération délicate pour l’Education nationale : « La rentrée 2026 sera assurée pour les 24 classes et les 250 élèves au sein de cette structure temporaire. De même, nous avons envisagé tous les scénarios possibles pour la rentrée suivante », précise-t-il. Bien sûr, le plan A est un retour dans l’école Marcel Caby en septembre 2027…
L’Etat est responsable du sous-sol minier !
En l’espèce, même si l’école communale est propriété de la commune de Vieux Condé, l’Etat est responsable du sous-sol minier. « C’est un sujet que je connais depuis mon entrée en fonction en février 2025 et les spécificités de ce dossier… ! », commente Stéphane Costaglioli.
Pour le coup, l’Etat prend en charge tous les frais. » D’ailleurs, l’Etat a déjà engagé 740 000 euros dans les deux opérations techniques pas concluantes, puis 700 000 euros dans la prochaine. Enfin, les travaux et l’installation de l’école temporaire pour un million d’euros. Au global, l’Etat mobile 2,4 millions d’euros sur cette opération inédite dans les Hauts de France et certainement au delà », conclut le Sous-Prefet de Valenciennes.
Il est probable que ce chantier devienne une référence nationale, une jurisprudence en la matière, concernant les problématiques liées aux puits de mine et leur sécurisation sur le temps long.
Daniel Carlier




















