(Histoire) La longue épreuve de la reconstruction de Valenciennes
Si le XXIème siècle eut son chantier du siècle, le fameux passage du tramway dans l’Athènes du Nord et la rénovation urbaine d’environ 80% de Valenciennes intra-boulevard entre 2004 et 2006, le XXème siècle connut un incendie ravageur dans le centre-ville en 1940. Chemin faisant, la reconstruction s’inscrivit sur le temps long avec en point d’orgue le 20 septembre 1959 où Charles de Gaulle vint célébrer la renaissance de la capitale du Hainaut. Le visuel de l’excavation de la Place d’Armes, en l’occurrence inondée, afin de reconstruire l’îlot de logements face à l’hôtel de ville est symbolique de ces travaux imposants. Extrait du récit de Marc Billiet dans une revue de « Valentiana » en 2 000 ci-dessous où il relate les travaux d’Albert Laprade (en visuel), Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, dont la signature la plus connue est la réalisation du Palais de la Porte dorée à Paris.

(Ex visuel de la revue Valentiana)
Extrait Marc Billiet sur la revue Valentiana
« A la libération, en 1944, la phase de remembrement est très avancée. Un urbaniste, Albert Laprade, a été désigné dès 1941. En 1942, il a fait accepter un premier plan qui, plus tard, sera réalisé presque entièrement. Il aura toutefois été profondément corrigé par l’architecte urbaniste Vergnaud qui aura la responsabilité de la construction dès 1947. A.Laprade avait conçu un plan très ordonnancé en lignes verticales qui sera réalisé pratiquement dans presque tous les immeubles de la Place d’Armes et de la rue de la Paix. Vergnaud, qui est aussi opérateur pour l’Ilot et l’Hôtel de Ville, va s’imposer un style totalement nouveau pour l’Ilot 1, tout en horizontales, inspiré des idées de Le Corbusier. L’Ilôt I sera l’un des derniers à démarrer en 1952. Le gros oeuvre sera terminé trois ans après. Il faudra encore plusieurs mois pour rendre appartements et magasins habitables. L’Hôtel de Ville dont la reconstruction a commencé après l’IIôt I, pourra être emménagé à partir de 1956 et occupé complètement en 1957.
L’énorme excavation nécéssaire à la reconstruction de l’IIôt I(1m50 de long sur 50m de large) avait été réalisée sans doute en 1946. La photo (excavation) que nous reproduisons date de 1947 ou 1948. On voit une seule grue sur la gauche. Et, à l’horizon à gauche, on aperçoit le clocher de Saint-Michel. La fameuse excavation qui va donc demeurer dans le paysage environ six ans présentait un risque certain. Seule une légère barrière constituée d’un simple câble tendu. À un mètre du sol environ, peu visible et mal éclairé la nuit, la signalait. Il est d’ailleurs arrivé un accident spectaculaire en octobre 1951. Un soir, une auto découverte avec quatre personnes à bord, le conducteur n’ayant pas vu la barrière, a fait le plongeon dans ce « lac ». Ceci arriva au carrefour des rues de Paris et de la Vieille Poissonnerie. La profondeur de l’eau étant d’à peu près un mètre les quatre occupants échappèrent à la noyade et ne firent qu’un court séjour à l’Hôpital. »




















