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Charlotte, Eric, Coline, et Sofian, les 4 acteurs du CLEA 2026-2027

Comme depuis plusieurs années, les résidences artistiques au sein des intercommunalités, en l’espèce La Porte du Hainaut, permettent un travail collaboratif entre des professionnels et des établissements scolaires, des médiathèques, des associations, des crèches, voire des structures dans le médico-social. Pour cette édition 2026-2027, 4 résidents de février à juin 2027, travailleront avec des acteurs des 47 communes du territoire de la CAPH. Partons à la découverte de ces professionnels, singuliers, éclairants, pédagogiques… dont la mission sera de partager leurs savoirs, car le principe clé du CLEA (Contrat Local d’Education Artistique) est la rencontre (visuel Eric Pintus).

Eric Pintus, passeur d’imaginaire : « Je ne gagne pas à être connu. »

Sa carte de visite le présente comme un écrivain, mais ses premiers mots face aux responsables des structures potentielles d’accueil de ces ateliers est sans concessions. « Je tiens l’écriture, car j’ai compris tout au long de mes ateliers toute la difficulté de faire écrire tout le monde. Tout au plus, j’envoie des consignes, c’est un semblant d’ordre dans les idées. Ma ligne de travail est : Dire, lire, et écrire », explique Eric Pintus.

A brûle-pourpoint, on s’étonne, mais il poursuit sur sa capacité d’agitateur d’imaginaire. « On écrit des devises avec une étiqueteuse  style « Ne travaillez jamais » ou « pour vivre heureux, vivons couchés (pièce de théâtre) ! », car les mots sont des légos », ajoute-t-il. En la matière, il faut avouer son don pour des assemblages improbables. Il a une faculté d’adaptation hors pair face aux différents publics, de l’humour avec une pointe d’autodérision. « Je suis intéressant one shot, mais l’effet de surprise passé,  je ne gagne pas à être connu. »

Pour les structures d’accueil, il s’engage quel que soit l’âge, petits ou grands, voire les publics particuliers, à obtenir « un résultat. » Il s’avoue un peu cabot, inclassable, avec une tendance à la logorrhée, mais son appétence à l’association des mots par les participants, sans liens particuliers, aboutit toujours « à une association d’idées. »

En résumé, l’IA peut s’accrocher aux branches tant Eric Pintus incarne l’imprévisibilité de l’humain, une équation (encore) insoluble.

Sofian Aissaoui : « Le journalisme, c’est raconter le réel ! »

Après dix ans de carrière journalistique dans le reportage télévisuel ou la presse écrite, Sofian Aissaoui s’est dirigé vers la création de documentaires où « vous avez plus de temps pour faire un récit où le réel est notre matière. Mon 1er documentaire a été la réalisation de portraits d’anciens gilets jaunes (2018) durant la dernière campagne présidentielle (2022) », explique le journaliste.

Sa mission peut concerner tous les publics avec le souci de s’adapter à l’approche de l’information en 2026 « et à la prévention face à l’IA. Ce sont des ateliers pratiques. Je ne pose pas en sachant, mais j’accompagne la réflexion. » Bien sûr, il croit encore au pouvoir de la presse « comme 4ème pouvoir » même si les sondages indiquent que « 31% des Français font confiance aux médias. »

Enfin, il veut sensibiliser ces publics aux fausses informations comme les « deepfakes », instrument de cybercriminalité aussi, mais également au travail de la presse : « C’est quoi un journaliste ? Le journalisme, c’est choisir ! Cela peut changer votre rapport à l’information, car il y a une certaine subtilité, ni tout blanc ni tout noir ! » Pour autant, il admet objectivement que le « travail peut être très frustrant face au temps de lecture d’un reportage ! »

Incontestablement, l’éducation à l’information et sa compréhension d’un média dans son environnement est importante. On compte sur les doigts des deux mains (seulement) quasi tous les propriétaires des Médias nationaux français, et la Presse Régionale y file tout droit. Donc, avant de comprendre la retenue médiatique (parfois), il faut analyser l’influence capitalistique d’abord, la censure passe avant !

Coline Gautier, une artiste spécialisée dans le détournement…des matières !

Coline Gautier

Cette artiste plasticienne/ désigner a fait un choix artistique fort, celui de travailler sur les objets, détourner la matière, voire réinventer une autre vie artistique. Par exemple, vous prenez « un obus des guerres mondiales, j’ai transformé la matière en couverts.  Ce sont des objets de partage issus d’un objet de division ! », déclare Coline Gautier. Passer d’une réalité à une autre à travers l’art éphémère, un travail faisant la place, là encore, à beaucoup d’imagination !

La sculpture est également l’art de la transformation d’un objet comme une brique. « L’idée est de la rendre précieuse et de la voir autrement ! » , ajoute-t-elle. Son travail sur le paysage, les matériaux comme « les déchets » s’inscrit dans cette logique. Toute matière ou objet peut connaître une autre vie !

Charlotte Lanselle, le travail sur la matière brute !

Dans ce cycle CLEA, il ne faut pas omettre une mission essentielle. En effet, l’éveil des touts-petits demeure « un travail sur une matière brute. Ils n’ont pas de préjugés, ils sont sans filtres et spontanés. C’est l’apprentissage du toucher, du son, des gestes… » commente Charlotte Lanselle. Dans cette optique, l’artiste visuel travaille avec les structures demandeuses sur des ateliers d’éveil pour un autre regard dès le plus jeune âge, une mission avant que nos cerveaux intelligents pensent comprendre quelque chose… !

Daniel Carlier

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