(Saint-Amand) Dans le quartier de l’Elnon, 580 locataires sous chauffés par le bailleur social SIGH…
Au moment où les températures chutent radicalement, la réunion de ce mardi 03 novembre 2026, entre un responsable du bailleur social SIGH et la CNL de défense des locataires de l’Elnon à Saint-Amand-les-Eaux, prend tout son sens. En effet, depuis la remise en route du chauffage collectif, les doléances des locataires sont sans concessions concernant une température trop faible au sein des logements de ce quartier emblématique de la cité thermale.

En propos liminaire, petit retour sur cette antenne de la Confédération Nationale du Logement sur Saint-Amand-les-Eaux, car le regretté Jean-Marc Mondino a été le fondateur de cette structure locale. « J’ai pris la suite de ma femme en 2015 à la tête de cette présidence. Je ne m’exprime pas en mon nom personnel, mais au nom de la CNL Saint-Amand-les-Eaux, et je fais partie du Bureau départemental du CNL du Nord », commente Robert Lefevre, le Président de l’Amicale CNL de défense des locataires de l’Elnon.
« Nous désirons juste l’application de la loi », Robert Lefevre
Pour cette année 2026, le bailleur social SIGH, principal bailleur sur ce quartier de l’Elnon avec Habitat Hauts de France, a remis en fonctionnement les deux chaufferies le 09 octobre dernier. Fort heureusement, la météo était très clémente durant ce mois d’octobre et a permis de retarder l’échéance, mais dès le 22 octobre avec une première baisse des températures... « Depuis cette date, nous n’atteignons jamais la température de 19°, c’est pourtant la loi ! Comme Président de la CNL, je reçois sans arrêt des messages dans ce sens. Nous avions la même problématique l’année dernière et la Directrice de la SIGH, Mme Carboni, avait accédé à notre demande l’année dernière d’une température de 20° pour chaque logement. Que se passera-t-il cette année ? », déclarait Robert Lefevre avant cette réunion d’hier soir avec Romain Dekeyser, Directeur des territoires SIGH sur la CAPH et Arras. Toutefois, la situation internationale pèse énormément sur le prix du gaz et par suite la politique de chauffe de tous les bailleurs sociaux en France devient un énorme sujet financier. Comme chacun sait, la situation s’est dégradée dès le 28 février 2026… et son impact arrive par ricochet pour l’hiver 2026/2027.
L’article de la loi R 241-26 du code de l’énergie est pourtant très clair. Il fixe à 19° la température minimale, pour un logement occupé, les établissements d’enseignement, les bureaux et les établissements recevant du public (ERP) et autres locaux inclus dans un même bâtiment.
Face à ces remontées des locataires, Robert Lefevre a lancé une pétition réunissant, à ce stade, plus d’une centaine de signatures. En effet, la faible chauffe génère de l’humidité, des visuels avec des traces d’humidité apparaissent, le confort des occupants est très relatif, et plus globalement le bâti global se dégrade…
« Je veux des certitudes », Robert Lefevre
De par sa fonction, le Président est dans son droit lorsqu’il réclame des preuves de l’entretien de ces fameuses chaufferies. « J’ai réclamé officiellement les preuves de la maintenance, en 2026, et de l’entretien des deux chaufferies. Pour l’instant, je n’ai pas eu de retour », ajoute-t-il. Si nous allons plus loin dans le détail, un locataire n’a pas « le Droit de purger son radiateur. SIGH nous indique qu’il réalise collectivement cette purge », précise Mme Lefevre, ancienne présidente de la CNL Saint-Amand-les-Eaux avec une couverture sur ses épaules en plus d’un pull, car il fait assez frais à l’intérieur d’un logement chez SIGH dans cette résidence du quartier de l’Elnon. « Je souhaite recevoir des justificatifs. Je veux des certitudes », poursuit Robert Lefevre.
Cette réunion du 03 novembre avec environ 80 locataires, en soirée, a permis une prise de parole. Cette dernière a mise en exergue cette carence de chauffage avec en parallèle une hausse des charges locatives. Pour autant, Romain Dekeyser a déclaré « attendre jeudi après-midi, ce 05 novembre, pour valider un accord permettant d’augmenter les températures. » A signaler la présence de l’adjointe de la majorité municipale, Mme Da Silva, adjointe au logement, elle suit ce dossier de très près, car il est explosif… (Ci-dessous la fiche de charge d’un locataire mentionnant près de 60 euros mensuel pour le chauffage).
Il est assez savoureux, voire choquant, d’observer que l’interlocuteur de la SIGH tergiverse pour respecter la loi française, problème financier ou pas. La municipalité peut peser plus encore sur cette mise en conformité et « secouer », comme aime à dire Fabien Roussel, le bailleur social en question !
Daniel Carlier





















