(Marly) La SPA demeure un pilier du bien-être animal contre vents et marées !
Quelque soit la couleur politique, la commune, le bien être animal faisait partie du programme de l’immense majorité des candidat(e)s aux dernières municipales, une petite ligne ou carrément un pan significatif afin de montrer que cette thématique est une réalité en 2026. Oui, notre société a (enfin) traité la cause animale comme celle d’un être vivant et plus d’un bien meuble. Le Droit a permis cette évolution et les tribunaux sont de plus en plus saisis à cet effet. Comme souvent, on oublie les épisodes précédents, et le revers de la médaille s’acharne sur le rôle historique de la SPA confrontée à toutes les invectives, vilipendée sur les réseaux sociaux, qualifiée de tueurs d’animaux, ces propos délétèrent oublient complètement le rôle essentiel de cette institution avec des obligations au regard des pouvoirs publics (Etat, commune) et son action au quotidien pour le sauvetage des animaux.

Jeanne-Marie Binot : « Notre équipe intervient chaque nuit, 7J/7 et 24h/24. »
Installée sur la ville de Valenciennes dès les années 50, la SPA a déménagé en 1996 sur Marly au 34 Route de Préseau. « Nous sommes chez nous sur ce site très bien situé en terme d’accès, éloigné des voisinages », commente Jeanne-Marie Binot, administratrice de l’association SPA sur Marly. La SPA a construit d’autres bâtiments depuis 1996, comme une chatterie, et un plus récemment avec les nouvelles normes d’accueil. Dans ce cadre, l’Etat a octroyé une subvention de 564 000 euros et la Confédération nationale une avance de trésorerie de 203 000 euros. « L’Etat nous a fait confiance », souligne le Président Emmanuel Sandevoir.
Certes, les difficultés financières s’accumulent sur l’association : « Nous négocions avec la Confédération nationale pour un échéancier de remboursement », précise Christian Dupont, un vice-président de l’association. Si hier, les dons étaient exclusivement consacrés à l’investissement, aujourd’hui : « Nous les consacrons uniquement au fonctionnement », souligne Jean-Yves Nava, le trésorier de l’association. En moyenne ces dernières années, la SPA Marly reçoit 700 donations, comprend 1 800 adhérents avec cotisations, et gère 2 200 animaux à l’année avec 8,5 ETP (Emplois à Temps Complet).
Là, il est important d’expliquer qui fait quoi. En effet, depuis 2012, il existe sur ce site de Marly une entreprise privée en charge de la fourrière et qui facture ses prestations. De l’autre, vous avez une association, la SPA, dont le rôle est l’accueil des animaux abandonnés, maltraités, et bien d’autres cas de figure. En France, une structure comme la SPA Marly avec hébergement ne peut conjuguer son activité avec une ou des familles d’accueil pour animaux domestiques. C’est la loi française, un point très important avec la suite de l’article.
Voilà pour le décor, mais revenons d’abord aux missions de la SPA ici et ailleurs en France.
« Notre vétérinaire agréé est le seul à pouvoir décider du droit d’euthanasie sur un animal », Jeanne-Marie Binot
Une SPA répond au Droit lié à la protection animale. A ce titre, la structure est sollicitée par les pouvoirs publics, police municipale, police nationale, les services vétérinaires, le 3677 (numéro d’urgence à retenir SOS Protection animale), la justice évidemment pour un retrait d’office d’animaux de leurs propriétaires… « Nous sommes reconnus dans notre activité sur un bassin de vie du Valenciennois, jusqu’à Orchies, le Douaisis et l’Avesnois. Notre équipe intervient chaque nuit, 7J/7 et 24h/24 pour le recueil d’animaux. Nous avons une activité réelle dans le champ de la protection animale », ajoute Jeanne-Marie Binot.
Sur l’aspect sanitaire, la vox populi passe très mal à la SPA Marly où « nous sommes accusés d’être des tueurs. Chaque chien, chat… hébergé ici est visité très régulièrement par notre vétérinaire agréé. Ensuite, il est le seul à pouvoir décider du droit d’euthanasie sur un animal. Oui, parfois, nous ne pouvons pas le sauver tant son état est dégradé et nous devons limiter ses souffrances », déclare Jeanne-Marie Binot.
C’est à ce moment qu’il faut comprendre le mécanisme de la fourrière pour les animaux. Il faut être lucide, l’abandon légal d’animal à la SPA par un individu jugeant qu’il n’est plus apte à s’en occuper « est un acte courageux, mais rare ! » Le plus souvent, l’animal est abandonné en forêt ou sur la voie publique et cela revient à la charge de la commune. Cette dernière appelle donc la société privée, la fourrière à Marly, pour récupérer l’animal. Là, il faut procéder à l’identification de l’animal, sollicité son propriétaire afin qu’il le récupère dans les 12 jours. Si ce dernier ne le fait pas durant ce délai légal, c’est le cas le plus fréquent, la SPA demande l’adoption même si le propriétaire a toujours le Droit de le récupérer après avoir régularisé les frais d’identification, etc.
« Le Parquet de Valenciennes est sensible à la cause animale », Jeanne-Marie Binot
Souvent, la maltraitance animale n’est pas très éloignée de la maltraitance humaine tout court. Parfois, partie civile, mais la SPA Marly agit également contre les individus brutalisant leurs animaux. « Nous dépensons plainte également et je dois remercier le Tribunal de Valenciennes, car Le Parquet est sensible à la cause animale », Jeanne-Marie Binot
Et puis, vous avez l’évolution positive de la loi avec la prise en compte d’un animal comme un être vivant et plus un objet meuble comme autrefois. Comme à chaque fois, les dérives sont possibles.
« Il y a des abus dans certaines associations », Jeanne-Marie Binot
L’apparition d’association en lien avec la protection animale fait flores en France, des animateurs, des sensibilisations à la gestion des chiens et chats, des accompagnants, voire des familles d’accueil. Cette évolution très positive dans la prise en charge de l’animal est de bon aloi.
Toutefois, dans le cas des familles d’accueil, si certaines associations ont bétonné la qualité de l’accueil familial des animaux avec indemnités à la clé, d’autres « ont une qualité d’hygiène discutable, voire abusent de personnes vulnérables », souligne Jeanne-Marie Binot.
Les points durs
Evidemment, chaque animal de compagnie est unique et « nous n’avons aucune difficultés pour des petits chiens au niveau de l’adoption. Le véritable sujet du moment sont les grands chiens. 2025 a été une année où nous avons vu apparaître une prolifération de Malinois, puis abandonnés. Ensuite, l’autre problématique est l’invasion des chats errants », conclut Jeanne-Marie Binot
Voilà un bref portait d’une structure privée et associative sur Marly, pas plus d’une dizaine dans les Hauts de France à la même échelle, sur une thématique de plus en plus prégnante dans notre société. La réputation et les rumeurs sur les réseaux sociaux blessent au quotidien ces intervenants, car il n’y a plus de bénévoles (trop dangereux) à la SPA Marly…. Ce sujet est un peu l’histoire d’une belle évolution du statut de l’animal et de manière concomitante l’oubli du comportement historique et habituel de l’individu. L’Homme est un prédateur avec parfois une prise de conscience éphémère ; la loi apporte sa pierre, mais ne modifie pas structurellement la nature de celui-ci !
Daniel Carlier




















