Dans cet agglomérat d’informations financières sur le club de Denain Voltaire à l’heure où la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) va être présentée au conseil municipal de Denain le 25 juin prochain ; il est important de mettre les données sur la table afin de comprendre le mécanisme de gestion du club de basket Denain Voltaire. En effet, cette information s’inscrit dans la perspective de l’entrée d’une (ou des) collectivité publique dans le capital du club et ça change beaucoup de choses… !
RATP DEV : « Suite au retard de paiement de prestations de transport, des discussions avancent positivement avec le club de Denain. RATP Dev ne souhaite pas communiquer plus d’informations concernant ce dossier. »
Cette réponse officielle de la part de l’ancien prestataire de transport public sur le Valenciennois est symptomatique du malaise financier dans la gestion de l’association Denain Voltaire comme pour la SASU « Denain Voltaire basket ». De toute évidence, le ton discret de la RATP DEV suggère une somme à régulariser significative… !
Les fournisseurs ou prestataires
En effet, la RATV DEV a remporté en 2015, puis en 2016 suite à une annulation obtenue en justice du marché public, la DSP du transport public sur le Valenciennois et en l’espèce jusqu’au 31 décembre 2022. Durant cette période, cette entreprise privée a réalisé des transports, par autocariste affilié, dans le cadre des déplacements du club de basket Denain Voltaire. Même si l’association ne nie pas qu’une dette existe, la somme impayée aurait atteint « le montant de 150 000 euros », indique une source proche du dossier. Dans ce cadre, l’association Association sportive Cail Denain Voltaire Porte du Hainaut a obtenu un étalement de la dette. Donc de facto, la somme est encore conséquente à ce stade. Point important, cette ligne de remboursement est assurée par le compte bancaire de l’association (Banque Populaire du Nord), et ne passe pas sur le compte de la SASU (Crédit Agricole). Question, ce remboursement est-il toujours assuré compte tenu d’une trésorerie très faible de l’association ?
D’ailleurs, les initiés du club Denain Voltaire amateur ont remarqué que l’entraîneur des jeunes a été remercié, qu’au sein de l’effectif de Nationale 3, 3 joueurs ont quitté le bateau en cours de saison dont la cause serait des indemnités kilométriques impayées… Rappelons que l’association détient la « licence basket » pour la partie amateur comme professionnel, cette entité ne fait pas de la figuration, elle est importante dans le spectre basket Denain Voltaire.
Concernant l’exploitant du réseau de transport public actuel, KEOLIS, en charge depuis le 01 janvier 2023 ; son Directeur Général, Franck Duval, a contacté Gilles Pargneaux, président à cette époque de la SASU, en septembre 2025 pour lui faire part que l’association n’avait pas soldé ses déplacements 2024/2025, et que débutait la nouvelle saison 2025/2026. Si une somme de 20 000 euros aurait soldé la saison sportive précédente, la SASU n’aurait pas réglé totalement ou partiellement les déplacements de la saison 2025/2026. Concrètement, cette facture (de quel montant ?) transport est-elle déjà payée finalement comme l’affirme Medhi Chalah dans l’interview du 01 juin dernier ou le sera-t-elle à l’issue des fonds apportés par l’actionnaire public de la SCIC, donc la ville de Denain à minima ?
Dans les deux exemples ci-dessus, ces entreprises privées ont bénéficié (RATP DEV) et bénéficie (KEOLIS) de fonds publics, par le SIMOUV, très conséquents pour la mise en oeuvre optimale du réseau de transport public dans le Valenciennois, 63 795 000 d’euros pour KEOLIS en 2025 ! C’est (presque) de facto une dette publique par ricochet. Et par suite, quelle sera la dette publique par ricochet (y compris associative) au sein de ce déficit global présumé de la SASU Denain Voltaire Basket pour l’exercice 2025/2026 puisque ce dernier pourrait être comblé, en partie, par l’actionnaire publique via la SCIC ?. Là aussi, les contribuables Denaisiens ont le Droit à l’information qui domine au delà de toute protection du secret des affaires à tout le moins sur la réalité des masses réelles financières en recettes et en dépenses ! L’argent public au capital d’une entreprise privée, c’est l’AFFAIRE DE TOUS, le bien public de ceux qui ont peu… !
Et si nous dézoomons un peu plus. Le club de Denain Voltaire se serait-il permis de laisser des factures de transport impayées, ou payées au lance-pierre, si le prestataire n’était pas l’attributaire du marché public de transport sur le Valenciennois ? Compte tenu de la différence des enjeux financiers, inutile de dire que tout contentieux est amiable, c’est presque une assurance tous risques contre une injonction de paiement d’un tribunal de commerce ou d’un tribunal judiciaire… La preuve dans les paragraphes précédents !
Pour conclure sur le volet prestataires, de façon très pragmatique, les deux publications sur ce journal numérique relatives à des factures au bénéfice de l’association SPORT (santé) et Hotessa (Prestation accueil VIP), absolument pas évoquées durant les entretiens de visu avec les gestionnaires concernés, figurent-elles dans le bilan comptable en créances à régulariser ? On n’est pas au sein d’une multinationale, un gestionnaire connaît ses factures impayées… D’ailleurs, preuve par les faits, l’association S.P.O.R.T a été payée le 10 juin 2026, soit deux jours après notre publication le 08 juin 2026, de la somme de 3 000 euros (par virement) sur un total de 4 200 euros à payer environ (reste 1 200 €, allez encore un effort.)
Les partenaires
De l’autre, si les subventions publiques sont fixes et traçables, le gonflement présumé des recettes partenaires constitue l’autre volet d’un bilan comptable à éclaircir. Par exemple, Astradec Environnement, figure toujours comme partenaire officiel sur le site du club https://www.denainvoltairehainaut-basket.fr/wp2016/partenaires/ (copie écran ci-dessous) alors que cette entreprise est en cessation de paiement depuis le 01 décembre 2025, Hainaut Recyclage filiale du Groupe Astradec Environnement (Voir PDF Tribunal). Difficile de croire que ladite entreprise alimente les recettes partenaires de la SASU Denain Voltaire Basket durant la saison 2025/2026… 
En clair, la présentation partenaire privé pour la saison 2024/2025 annoncée à 1 818 323 euros en juin 2024 (source club) a-t-elle tout simplement atteint ce montant en juin 2025 ?
Dans la suite logique, le PDG de la SASU « Denain Voltaire Basket » a présenté à la DNCCG un atterrissage partenaires à 1,5 millions d’euros le 09 juin 2026 (contre 1 830 000 € présenté DNCCG en juin 2025). « En mars 2026, les retours encaissés de partenaires se chiffraient à 700 000 euros environ », commente une source proche du dossier, donc 800 000 euros ont-ils été encaissés depuis cette date ? De fait, le projet présenté à la DNCCG est-il sincère en terme de comptabilité ?
Et le plus incompréhensible dans tout cela est la décision en juin 2025 d’une hausse de la masse salariale (joueurs) pour « une saison plus sereine », disait le PDG Médhi Chalah. Certes, sur le plan sportif, mais c’est une hérésie totale sur le volet économique… D’ailleurs, le choix de gestion judicieux eut été un plan d’austérité budgétaire à la suite de cette saison 2024/2025, voire des précédentes, compte tenu des difficultés à payer les fournisseurs/prestataires.
Et les conséquences pour la SCIC ?
Néanmoins, cette SCIC serait appréciée du coté de la DNCCG avec en plus un engagement fort de la collectivité locale, et ce n’est pas partout pareil dans les Hauts de France, un bon point pour le gendarme financier du basket. En résumé, vous arrivez au moment du grand saut vers une SCIC avec de l’actionnariat public, mais avec deux inconnues présumées, une sur les recettes, les partenaires réellement payants, et une sur les dépenses, le montant réel de la dette fournisseur.
Evidemment, des choix, comme celui de ne pas provisionner le contentieux prud’homal avec Rémy Valin (ex entraîneur), appartiennent aux gestionnaires en charge. Toutefois, si tel est le cas, ce contentieux risque, en cas de défaite en appel à Douai, de plomber un peu plus le déficit structurel de la prochaine société d’où la provision incontournable. Simple à comprendre, si vous provisionnez 100 et que vous êtes condamné à 80, vous gagnez 20 comptablement parlant ; dans le cas contraire vous perdez 80 et en l’espèce plongerait un peu plus une future SCIC, outre l’aspect trésorerie, dans les problématiques en terme comptable avec une recapitalisation potentielle. Là, les gestionnaires de la SASU « Denain Voltaire Basket » jouent purement et simplement avec l’argent public de la future SCIC ! On ne peut pas parier sur la décision des juges dans un contentieux de quelque nature que ce soit en terme de comptabilité, mais ce n’est pas grave, c’est l’argent… des contribuables dans cette SCIC !
Enfin, sous-entendre que la SCIC va d’un coup de baguette magique, à travers une « confusion des comptes » de fait entre la SASU et la SCIC, solder toutes les factures en souffrance et permettre le fonctionnement sans aucun problème de ce club en Elite 2 est une illusion comptable. Comment ce capharnaüm financier est-il possible en l’état ? Les Denaisiennes et les Denaisiens ont le droit de savoir où partiront les deniers publics injectés dans cette SCIC. Toutes les ficelles comptables du monde ne peuvent exonérer les gestionnaires actuels d’un minimum de transparence vis à vis des collectivités et autorités publiques.
En conclusion, ce n’est pas une révolte sportive qu’il faudra pour se maintenir sportivement l’année prochaine compte tenu des difficultés financières, mais une révolution dans le mode de gestion de ce club de basket dans le coeur de Denaisiens qui fêtera ses 80 ans en 2027 !
Daniel Carlier




















