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Eric de la Broise/APEI : « Avec le réchauffement climatique, le rendement de la vigne va diminuer de plus en plus ! »

Le mois de septembre nous livre un rituel depuis 1998, celui des vendanges sur les deux hectares de vigne autour de l’étang du Vignoble à Valenciennes. Repris par l’APEI du Valenciennois après l’AGEVAL, la production d’un vin blanc et d’un vin rouge dans le Valenciennois demeure (encore) une gageure. Dans ce cadre, des travailleurs issus des 3 ESAT de l’APEI du Valenciennois ont travaillé durant deux jours à cette collecte des raisins pas comme les autres

A l’époque romaine, les vignes étaient déjà présentes sur la commune de Fanum Martis, aujourd’hui Famars, mais ce n’est qu’en 1998 que cette idée un peu folle renaît de ses cendres sur le Valenciennois. Avec un vin blanc naissant, le qualité de la vinification a fait son chemin lentement, car un cépage prend son temps avant de se sublimer. Après 1998, la production d’un vin rouge a émergé en 2005.

Travailleurs de l’ESAT avec leur accompagnant

Chemin faisant, le passage d’un chantier d’insertion au travail protégé, à travers la reprise en main par l’APEI du Valenciennois, apporte une autre dimension à cette production. Ensuite, cette association d’utilité publique a un atout dans sa poche, une équipe bénévole de professionnels accompagnants, aujourd’hui en retraite, « comme un maître de chai, Eric de la Broise, mais aussi d’une œnologue, Joëlle Charoudière, et d’un responsable des outils de vinification, Jean-Pierre Asfaux », commente Olivier Warzee, le responsable de cette activité. D’ailleurs, les premiers travailleurs des ESAT sont partis à Beaune pour acquérir une compétence et un diplôme dans la vinification. « Il faudrait renouveler l’expérience », juge Eric de la Broise même si le Valenciennois a dorénavant une compétence remarquable en la matière.

Bien sûr, ce breuvage ne jouit pas d’une appellation, mais il reste très surprenant dans le Nord de la France. Le cépage, la terre, et la vigne amènent à penser quelques similitudes avec la Bourgogne dont faisait « partie le Valenciennois historiquement », rappelle en clin d’oeil Eric de la Broise.

Vente aux particuliers et aux restaurateurs

Après une production vendue au fil des années par le biais d’un parrainage (peu pratique), l’écoulement des bouteilles a été simplifié grâce une autorisation ministérielle et l’aide indéfectible de l’ancien Sous-Préfet de Valenciennes, Thierry Devimeux. « Depuis 2018, nous pouvons le vendre directement aux particuliers et aux restaurateurs du Valenciennois. Nous avons 4 points de vente, l’ESAT Watteau (sur Saint-Saulve), les deux offices de Tourisme (Valenciennes Métropole et La Porte du Hainaut) et un caviste (intercaves à Marly) », précise Olivier Warzee. Cette cuvée 2026 sera bien plus réduite, moins 50%, pour le blanc, 600 à 700 bouteilles, comme pour le rouge, 500 bouteilles environ, pour des raisons climatiques évoquées ci-dessous.

Transport des raisins jusqu’aux cuves

Cette année encore, une cinquantaine de travailleurs volontaires du pôle T.P.A.V (Travail Protégé et Adapté de l’APEI du Valenciennois) sont intervenus sur le site du Vignoble à Valenciennes. Accompagnants et travailleurs étaient à la tâche, une étape après l’autre, récolte, transfert dans le transport, puis dépôt dans la cuve.

Peu d’eau, moins de récolte

Ce mardi 08 et mercredi 09 septembre, ces deux jours ont donc été consacrés à cette vendange dans le Nord de la France, le blanc le 08 et le rouge le 09, car les pratiques vinicoles sont différentes. « Les raisins sont magnifiques grâce au soleil abondant, mais petits, car il y a un manque d’eau compte tenu de la sécheresse et les raisins ne gonflent pas », indique Jean-Pierre Asfaux. Ce dernier veille particulièrement à la désinfection de tous les matériaux avant le lancement du process. « Il y a trois cuves, deux pour le vin blanc et une pour le rouge », précise-t-il. En effet, la vinification est différente, après un égrappage permettant de séparer les baies de raisin de leur rafle (la partie végétale) juste après la vendange, un passage d’une cuve pour chasser les impuretés vers une deuxième cuve avant un repos pour le blanc ; pour le rouge, les raisons reposent en cuve plus simplement dès le 1er dépôt.

Le réchauffement climatique…

Nettoyage des outils de vinification

La cuvée 2026 sera exceptionnelle par sa qualité, mais « en diminution de 50% en Bourgogne comme dans le Bordelais. Plus globalement, avec le réchauffement climatique, le rendement de la vigne va diminuer de plus en plus ! Sur Valenciennes, ce vin était à 10 degrés à l’origine, il est à 12 degrés aujourd’hui. Toutefois, nous essayons de le concentrer, lui donner un goût plus fruité, moins dur en bouche, plus rond en fait ! », précise le maître de chai.

Ce paramètre va toucher tous les cépages de France. A ce titre, face à cette sécheresse 2026, le gouvernement vient d’autoriser les vignerons de Champagne à commercialiser des bouteilles à plus de 13% d’alcool ! C’est une dérogation exceptionnelle, mais tellement la promesse d’un autre demain… climatique.

Daniel Carlier

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