L’exposition Par les Villes et les Champs, qui débutera ce 7 octobre à la tour Abbatiale de Saint Amand, racontera la vie des habitants du Nord de 1890 à 1950, et l’origine de cet événement est aussi une belle histoire.

«L’année dernière, Pierre-Michel Bernard, maire d’Anzin s’est rapproché de Alain Bocquet, son homologue amandinois, afin d’accueillir des tableaux de sa ville menacés par l’inondation du musée de l’avenue Anatole France», explique Philippe Gayot, un des commissaires de l’exposition avec Germain Hirselj.

L’idée de les exposer autour d’un thème historique s’est vite imposé, pour compléter cette base déjà riche d’autres structures ont décidé de prêter à leur tour des œuvres ayant la même thématique. Ainsi la Piscine de Roubaix, le musée de la Chartreuse de Douai, la mairie de Wasquehal, les beaux-arts de Lille et de Valenciennes se sont associés à l’opération aux côtés de collectionneurs privés. En tout c’est 90 œuvres qui sont rassemblées, dont 56 qui seront exposées à Saint Amand, le reste ira sur le deuxième site partenaire de l’opération à Denain.

«La Porte du Hainaut existe à travers son patrimoine et ses lieux. Ça sera au visiteur de faire les allers et retours entre les deux villes», Philippe Gayot trouve cette idée brillante car fédératrice. Ainsi à l’exposition «Denain la verte» c’est «Par les Villes et les Champs» qui lui fera écho dans la cité thermale. Les toiles exposées seront témoins d’une époque, pas si éloignée, et pourtant avec des codes sociétaux qui peuvent nous sembler étrangers. Les visiteurs pourront contempler la première visite dans un estaminet d’un enfant accompagné par ses parents, initiation à la vie sociale à l’occasion de sa communion.

Deux œuvres illustrant la rencontre entre des hommes en gibus et des femmes en dentelles prendront votre regard à partie sur les bonnes mœurs d’un autre âge. Le rôle de la femme ou la bonne tenue des obsèques vous seront aussi contés. Même si au détour d’un décor on peut reconnaître un terril, une église ou une place comme celle de Wazemmes, plus que des lieux, c’est les acteurs de ces toiles qui seront mis en exergue. «Ce sont des scènes de genre, des scènes de vie. La vie quotidienne, religieuse, les traités de séduction ou l’activité sociale sont mis en scène et interprétés par le pinceau du peintre et l’œil du spectateur. C’est une sorte d’ethnographie», commente Philippe Gayot. Les artistes de l’époque font ici office de chroniqueurs, et l’un d’eux est Lucien Jonas, figure anzinoise de la peinture qui a saisi ces nombreuses facettes de ses contemporains.

Le vernissage à la tour abbatiale se déroulera ce vendredi 7 octobre à 18h et l’exposition durera jusqu’au 31 décembre, celle de Denain débutera le 21 octobre et se conclura le 8 janvier.

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Publié par Daniel Carlier le 5 octobre 2016
Philippe Gayot St Amand
Au champ et à la ville
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