Vendredi dernier, la foule était présente pour la cérémonie consacrée au directeur d’AGEVAL, Sergio Malacarne. Incontestablement, son départ en retraite marque un fait social, un tournant important pour cette association d’insertion.

Une certaine idée de l’insertion sociale

Sergio Malacarne, 63 ans, directeur d’AGEVAL depuis février 2013, a fait valoir ses droits à la retraite. Son début de carrière est plutôt tourné vers l’entreprise privée, « ce qui m’a apporté une technicité« , précise-t-il. Ensuite, il se dirige vers l’insertion sur Maubeuge, puis au service des personnes handicapées, ensuite directeur adjoint de l’AGEVAL, et enfin comme directeur de cette structure historique sur la ville de Valenciennes. 39 ans d’engagement dans l’insertion, c’est une tranche de vie… sociale !

Bien sûr, la baisse des dotations de l’Etat déjà initiée sous le gouvernement Sarkozy (malgré une amnésie profonde), poursuivie allègrement sous celui de François Hollande, diminution des capacités des EPCI etc. la chaîne infernale s’est mise en marche. Quasi jusqu’au paroxysme où il a fallu licencier des encadrants de personnes très éloignées de l’emploi en 2015, hallucinant ! Après les bretelles, le pantalon de l’insertion a perdu sa ceinture en 2015. Tombé sur les chaussettes, il fallu le remonter avec perte et fracas, penser autrement, et envisager différemment son approche.

Sergio Malacarne était à la barre pendant cette tempête durant le premier semestre 2015. Cette période douloureuse a jeté les bases d’un bouleversement profond de la gouvernance, de l’effectif et des choix stratégiques de l’AGEVAL. Cette dernière est aujourd’hui membre de l’association ADELI, plate-forme mutualisée pour des services partagés.

La succession

« John Delannay est arrivé l’année dernière, nous avons eu un temps de tuilage durant cette période charnière pour l’AGEVAL« , explique l’ancien directeur.

Pour AGEVAL, l’apport de Sergio Malacarne est important. « J’ai amené de la technicité dans cette démarche d’insertion sociale. J’ai une fibre sociale mais il était indispensable d’amener de la rigueur« .

Certes, insertion mais également respect du contrat car la survie de l’AGEVAL est passée par la récupération de nouveaux marchés, de nouvelles prestations publiques et privées. « La personne en insertion signe un contrat. Ce n’est pas purement social, c’est également très rigoureux« , ajoute Sergio Malacarne.

La loi sur l’ESS (Economie Sociale et Solidaire) pose clairement le nouvelle donne. La sémantique est redoutable, entreprise d’insertion avant, aujourd’hui ESS…. le mot économie est introduit et cela fait toute la différence. Il faut des résultats, respecter des obligations, en une phrase… performer face à la concurrence. « AGEVAL, comme ailleurs, doit équilibrer l’ensemble« , poursuit-il.

Cette fibre sociale a résonné « comme une vocation« , souligne le jeune retraité. Sans doute, le passage du privé à l’ESS est possible, le chemin inverse paraît plus compliqué en terme de démarche personnelle.

Il ne fait pas grand mystère sur ses futures occupations car lorsque vous pratiquez une profession de la main tendue, le repli sur soi serait surprenant. Cette appétence pour la thématique sociale ne va pas s’éteindre « j’ai déjà quelques sollicitations pour intégrer certains conseils d’administration dans le domaine de l’insertion« , conclut-il.

Publié par Daniel Carlier le 23 décembre 2016
AGEVAL Sergio Malacarne
De l’insertion sociale à l’Economie Sociale et Solidaire
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