Ce dernier conseil municipal de Marly, avant les élections présidentielles, fut l’objet d’un débat chaloupé . Des échanges furent globalement sur le fond, un ping-pong républicain engagé entre majorité et opposition, sans tomber dans le lisier de l’ambiance présidentielle. C’est une bonne nouvelle pour la démocratie participative locale.

(Visuel quartier de la Briquette, potentiellement dans l’ANRU 2)

En prélude à ce Conseil municipal, Fabien Thiémé a annoncé une bonne nouvelle économique. En effet, l’entreprise Vanerum France, spécialisée dans le matériel scolaire et pédagogique, se relocalise sur Marly. Actuellement basée sur Onnaing, elle «  a identifié un site industriel de 8 900 M2 sur la zone des Dix Muids sur 8 900 M2 », précise le maire. Cet investissement est à hauteur de 2,9 millions d’euros avec un recrutement de 15 personnes à la clé sur 3 ans.

Ensuite, le gros morceau est évidemment le vote du budget 2017 pour la commune de Marly.

Impôts locaux

Le premier débat s’est porté sur la fiscalité locale. « En 2017,, nous maintenons le même taux de fiscalité locale. Depuis 2009, nous n’avons pas appliqué une hausse des impôts locaux », indique Fabien Thiémé. L’opposition réagit de suite. « Certes, il n’y a pas d’augmentation, mais le consentement à l’impôt des Marlysiens est difficile, car il faut savoir que les impôts locaux sont 45% supérieurs aux villes de même strate », assène Jean-Noel Verfaillie. Les chiffres sont 23,11% pour la taxe d’habitation, 35,18% pour la taxe foncière, 74,31% taxe foncière non bâti.

Une sortie musclée avec une salve de réponses qui ne l’est pas moins…

Pour l’adjoint aux finances, Didier Cayet : «  En 2008, à notre arrivée, nous étions au bord de la mise sous tutelle avec une hausse de 50 % des impôts locaux ! Nous avons négocié avec le Sous-Préfet pour une augmentation de 30 % assortie d’une mise à l’épreuve ». Il faut préciser que cette hausse est intervenue après une baisse des impôts locaux par Philippe Duée, un choix politique avec des conséquences.

Le leader de l’opposition interroge la majorité  » puisque vous êtes revenu dans une situation financière stabilisée, pourquoi ne pas baisser les impôts ? « . Didier Cayet réplique « on n’a jamais vu baisser des impôts locaux ! » Pourtant, certaines communes l’ont fait en France cette année, mais il n’en demeure pas moins que la baisse des dotations de l’Etat rend cette manoeuvre périlleuse, c’est un choix politique.

Fabien Thiémé ajoute « nous avons dû dénoncer beaucoup de contrats de travail. Mais, nous avons eu un esprit de responsabilité. Ensuite, nous avons demandé à la Sous-Préfecture un traitement inégalitaire au niveau des subventions ».

Ensuite, le premier magistrat introduit le sujet du Conseil départemental « qui va supprimer dans son prochain budget des aides à domicile. Nous avons sur la commune l’entreprise AVAD, avec 400 salariés. Que vont-ils devenir ? » Cette entreprise de services à domicile, AVAD sur Marly, est la plus importante avec Lucie Services sur Valenciennes

La 1ère adjointe, Mme Hourez-Ledrole, poursuit « nous voulions assurer un service à la population, en 2008, et toujours aujourd’hui ». Puis, elle souligne les différentes casquettes de Jean-Noël Verfaillie «  et votre vote pour une hausse des impôts au Conseil départemental, contre la gratuité du transport des collégiens. Il faudrait un seul langage ».

Le plus simple ne serait-il pas… un élu, un mandat, et plus de double langage possible !

Et l’ANRU…

Retour une nouvelle fois sur ce raté historique de la ville de Marly « je ne conteste pas ce non engagement de l’ancienne majorité, mais vous avez aujourd’hui un ancien élu de cette majorité dans vos rangs ! », souligne Jean-Noël Verfaillie.

Visé par cette pique, Jérome Leman répond tout de go « je fus élu en 2001, et vous savez que j’ai démissionné en 2004. Je peux vous montrer les courriers envoyés à l’ancien maire pour lui signaler l’importance de déposer un dossier pour obtenir les crédits de l’ANRU pour la Briquette. A Valenciennes Valérie Létard (travaillant en mairie de Valenciennes) et Jean-Louis Borloo construisaient ce dossier ANRU. Ensuite, lorsque l’on vous répond-ces gens là n’en valent pas la peine- vous démissionnez ».

Rita Cannas prend la balle au bond « L’ ANRU est passé dans la gare, nous avons raté le train. j’espère que nous obtiendrons les crédits de l’ANRU 2. »… « Je suis d’accord avec vous. Pour les bénéficiaires du RSA, cela implique insertion professionnelle. Au P.S, nous n’avons pas de problèmes avec cela. Par contre, vos choix au Conseil départemental taxent toujours la classe moyenne. Ensuite, il faut arrêter de stigmatiser les fonctionnaires, ils travaillent bien plus que 35H ». Une réponse fusa par Jean-Noel Verfaillie :  « les agents du Conseil départemental sont passés de 32 H à 35 H, ce qui est la loi ».

Les chiffres clés du budget

Un chiffre est très sensible, particulièrement scruté, par le contrôle de légalité effectué par la Sous-Préfecture. C’est celui de la masse salariale « il était de 62, 97 % en 2008, avant notre arrivée. Aujourd’hui, nous atteignons 58,01%, alors que la moyenne pour les villes, comme nous entre 10 000 et 20 000 habitants, est de 57,70 % », précise le maire. Cela comprend 275 agents + les cadres du CCAS. Certes, ce chiffre est meilleur, mais il est encore élevé, et pèse sur les finances de la commune. Après, cela relève des choix politiques, moins ou plus de services, de pression fiscale, voire l’investissement… !

Au niveau de l’emprunt « nous n’avons pas prévu de contracter de nouveaux emprunts en 2017. Je précise que n’avons plus de crédits toxiques à Marly », commente Fabien Thiémé.

A la baisse également, le montant de la dette, le capital restant dû, est passé de 13 millions d’euros en 2008 à 9,3 millions d’euros au 01 janvier 2017.

Choix de majorité, installation et investissement !

«  Le budget traduit une trajectoire politique, c’est légitime, vous êtes élu. Vos recettes sont assez stables, il y a un équilibre de fonctionnement »… sauf que « vous laissez s’installer la Boulangerie Louise et Henri Boucher sans mesurer l’impact sur le commerce de proximité ! De plus, pourquoi étiez-vous pour le déménagement du Lidl ? », souligne Jean-Noël Verfaillie.

La réponse fuse « que pouvons-nous faire face à la libre concurrence, et à une installation privée », souligne le maire et de facto face à une surface ne nécessitant pas une autorisation de la CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial). Ensuite, le maire précise « que nous n’avons jamais été favorable au déménagement de Lidl »… et pourtant « M. Evrard, vous étiez présent à la CDAC, et vous avez voté pour », souligne Jean-Noël Verfaillie… aucune réponse de l’intéressé.

Le chantier de ce mandat, outre l’ANRU 2, sera incontestablement la réalisation d’un nouveau restaurant scolaire sur le Groupe scolaire Marie Curie. L’opposition se demande pourquoi ne pas  détruire « cette verrue et reconstruire un nouvel équipement ». Fabien Thiémé argumente « nous avons choisi la butte à l’arrière de cette verrue, je suis d’accord sur ce constat, mais nous devons assurer la cantine pendant cette année de travaux. Le transport scolaire des enfants s’avère trop complexe ».  Globalement, ce chantier est à tiroir, on fabrique avant un restaurant scolaire, puis on revient vers l’ancien site pour une démolition/reconstruction. « Ce projet va s’élever à hauteur d’1,4 millions d’euros, financé à 30% par Valenciennes Métropole (validé), 30 % par la commune, et 40% par l’Etat (sous réserve de validation) », précise le maire.

Un programme de rénovation des voiries est prévu dans les rues des Lis, des Tulipes, Salengro, Hugo et Voltaire pour un montant d’1,3 millions d’euros.

Education

Deux autres sujets ont abouti sur un débat assez vif. L’éducation demeure un fil rouge pour les citoyens, voire un souci premier. « Que comptez-vous faire contre le décrochage scolaire ? », demande Mme Costanzo. La réponse est complexe «  car une seule fois, en 9 ans, l’Education nationale m’a signalé un cas de décrochage scolaire. Cette fois, avec cette délibération sur le DRE (Dispositif de Réussite Educative), ils sont à l’initiative pour déceler les décrocheurs », précise l’élu en charge de l’éducation.

Par contre, les avis sur la satisfaction, ou non, des parents d’élèves, au sein des 9 écoles communales, sont diamétralement opposés entre l’élue de l’opposition et le maire de la commune. C’est le Canyon du Colorado !

Prêts pour les agents 

Sujet plus abscons pour le grand public, un dispositif de crédit à taux zéro est en place au bénéfice des agents de la commune. Un structure pilote cette faculté, mais… « nous nous demandons si l’intégralité des sommes versées par les agents profitent, en retour, à ces derniers ? », souligne Mme Plattel-Thuin. « Il y a 4 ans, nous avions fait une étude et tout était conforme, mais nous allons refaire cette étude afin de le vérifier », précise Fabien Thiémé. Les choses évoluent comme pour l’association les Grangettes, vertueuse à la base, et pourtant sa gestion scandaleuse a défrayé la chronique au sein de nombreux conseils municipaux ces dernières années. En résumé, la confiance n’exclut pas le contrôle et d’urgence… !

Ne pas manquer ce 1er et 02 avril, le 8ème Salon du Livre dans la salle des fêtes, attenante à l’hôtel de ville de la commune.

Publié par Daniel Carlier le 31 mars 2017
Marly
Un débat républicain très animé au Conseil municipal de Marly
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