C’est à l’espace Pasolini que Benoît Duvette, accompagné par Pasolini depuis 2016, présentera son projet de spectacle vivant Fugue, une pièce construite en plusieurs mouvements qui explore différentes facettes de l’adolescence. Ce mercredi 7 février, l’artiste pluridisciplinaire travaillant sur le territoire du Valenciennois avec le soutien de la DRAC des Hauts-de- France dans le cadre des dispositifs Pas à pas et Pas-de-côté, dévoilera « engager » et « contraindre ».

Benoit Duvette et Le collectif des routes  posent leurs valises à l’espace Pasolini ce mercredi soir.

Benoît Duvette est un jeune artiste de la métropole lilloise, originaire du Dunkerquois, co-fondateur du Collectif des Routes qui regroupe des projets de films, fictions et documentaires, des projets musicaux et graphiques. Il explique Fugue « ce travail  explore différentes facettes de l’adolescence et du mouvement opéré à ce moment là. Dans mon travail, le corps est souvent le point de départ d’une réflexion sur l’identité. Le projet Fugue est construit en plusieurs mouvements d’environ 30 minutes. La pièce peut ainsi être jouée en présentant les différents mouvements les uns à la suite des autres ou encore un seul, deux ou trois mouvements. Pour l’ouverture de mercredi 7 février nous proposons les mouvements engager et contraindre. Pour cela, je m’entoure du Collectif des Routes, qui est la structure que j’ai co-fondée et qui soutient mes réalisations avec l’interprète Eliott Pradot avec qui je collabore régulièrement. »

L’espace Pasolini accompagne depuis 2016 Benoît Duvette, une évidence…

A la maison Pasolini comme on aime à la nommer, cet accompagnement se traduit par des périodes de résidence, de recherche, des présentations publiques et des réservées aux professionnels, et la création d ‘une communauté de regard d’artistes, auteur, peintre, musicien, tous autour du projet de Benoît Duvette. Un cocon en somme. Un accompagnement, un soutien, dont l’artiste parle « j’ai bénéficié de leurs regards artistique, technique et administratif afin d’aiguiser mon profil d’artiste. Leur écoute et leur sensibilité ont été d’une grande aide. Aussi, l’exigence et l’impérieuse nécessité de faire œuvre qui anime l’équipe toute entière est un élément que nous avons en commun et qui m’a été un soutien très précieux dans cette période où je trouve que le travail artistique est un peu tiré vers le divertissement. » 

Benoît Duvette a exploré les éléments chorégraphiques en relation avec la question de l’adolescence.

Dans le cadre des dispositifs Pas-à-Pas et Pas-de-côté, le point de départ des recherches de l’artiste était l’emploi d’un objet brut, issu du réel, qui, une fois placé dans un contexte de spectacle donne à voir une façon différente la réalité. Dans ce projet qui explore les questions de l’adolescence, de mutation, de mutilation, d’attitudes provocantes et involontaires d’un corps en métamorphose, « mes réalisations matérialisent des figures dont le corps est le point de départ d’une réflexion sur l’identité. Sur le plateau, la pièce sera portée par un seul protagoniste, un soliste au physique jeune et dynamique qui permettra d’incarner les thématiques de l’adolescence, de la fuite et de la fugue. Des éléments de décors rappelant le temps de l’enfance et de l’adolescence trôneront sur le plateau afin de provoquer pour le spectateur des l’espace de la scène», explique l’artiste. Il ajoute « dans mes réalisations, je cherche à construire des univers qui contribuent à révéler l’onirisme de la réalité. Ainsi, tels de vieux souvenirs, des paysages à la lumière douce et emplie de noir seront accompagnés et racontés par la constante présence du son appelant lui aussi des sonorités issues du réel. »  

(@crédit photo Collectif des routes)

« Fugue tourne autour de la recherche d’une certaine beauté. Une beauté qui se cache sous des blessures, masquée par celui qui la porte. Une beauté triste, au goût de printemps qui tarde. Une beauté froide, que l’on attend toujours. Pure, une beauté que l’on ne parvient pas à saisir. Sauvage. Animale. Celle du refus du temps qui passe, des symboles de l’enfance qui collent à la peau, des premiers signes de maturité. Sur la peau, des nouveaux symboles que l’on se grave. Une beauté incertaine, dont ils n’ont pas conscience. Celle des derniers instants de leur adolescence. » ( texte Benoit Duvette)

 

Benoît Duvette, un autre regard sur…

Le jeune homme a également réalisé Le Corps des Anges, son premier court-métrage, financé par Pictanovo avec le soutien de la Région Hauts-de-France. Une adaptation d’un roman de Mathieu Riboulet (publié chez Gallimard), qui a beaucoup touché l’artiste lorsqu’il était plus jeune, «  il s’agissait de relever le défi de mettre en image ce livre. L’histoire que raconte le film propose deux personnages qui se trouvent dans des milieux opposés : ville / campagne et qui sont tous les deux écrasés par le poids de l’identité que le territoire porte sur eux. J’ai eu la chance de tourner en région avec une jeune équipe formidable et nous avons réalisé un film sensible et poétique. En 2017 il est paru sur DVD en France et en tout début 2018 aux États-Unis. Je suis très heureux de ce succès et que ce film puisse ainsi être vu par un grand nombre. »

En attendant, ce mercredi soir, à 19h00, c’est une représentation publique unique de Fugue  qui aura lieu à l’espace Pasolini, à ne pas manquer. Puis Benoit Duvette et le Collectif des routes reprendront la route, direction Paris pour une autre représentation de Fugue au Point Éphémère.

Céline Druart Beaufort

Infos pratiques. Espace Pasolini, 2 rue Salle Le Compte, 59300 Valenciennes. 03.27.32.23.00

« Fugue » – Un projet de Benoît Duvette – Accompagnement : Espace Pasolini (Philippe Asselin, Nathalie Le Corre, l’équipe de l’espace Pasolini) – Dispositif Pas-à-pas DRAC Hauts-de-France –  Regard extérieur : Camille Graule.  benoitduvette.collectifdesroutes.fr |

Publié par Celine Druart le 6 février 2018
Benoit Duvette Espace Pasolini Le collectif des routes
Benoît Duvette livre son regard sur l’adolescence
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