A Saint-Saulve, la Fondation de France est intervenue devant un parterre d’acteurs locaux, publics et privés. Venue au contact du Valenciennois afin de faire mieux connaître cette institution d’envergure, la Fondation de France veut irriguer au plus près les territoires à travers ses antennes régionales (visuel Antoine Lopez, bénévole sur le Valenciennois pour la dite Fondation).

(Visuel Laure Decouvelaere, déléguée générale de la Fondation de France Nord)

Laure Decouvelaere : « Faites le pari de l’expérimentation »

Fondée en 1969 par le Général de Gaulle, la Fondation de France est devenue au fil des années un acteur incontournable du paysage philanthropique. Déjà à cette époque, un projet ne remplissait pas mécaniquement toutes les cases administratives, bancaires, etc. pour trouver une concrétisation. La complexité de la mise en musique d’une idée, aussi géniale soit-elle, est trop (encore aujourd’hui) sous le joug d’une grille de critères aseptisés. !

En 2018, il existe environ 2 500 Fondations en France de plus ou moins grande ampleur. Pourtant, l’une d’entre elles est un peu la mère de toutes les causes. En effet, outre son engagement propre en faveur des projets locaux, la Fondation de France collabore avec des Fondations hébergées chez elle. A ce jour, 841 fondations oeuvrent sous l’égide de la Fondation de France. Dotée d’un siège sur Paris avec près de 200 salariés, cette Fondation intervient avec avec un postulat clair, les projets retenus ne bénéficient d’aucune subvention publique. Ensuite, le second pilier de cette main tendue est qu’aucun dossier ne revêt un caractère commercial.

« Nous voulons faciliter le développement de la philanthropie », Laure Decouvelaere 

Le discours est clair. « Nous sommes une passerelle avec les autres Fondations sur une région. Dans la région Nord en 2017, avec 35 Fondations dans les Hauts-de-France, 650 projets propres ou en partenariat avec les Fondations sous notre égide furent soutenus pour un montant de 6 millions d’euros », explique la déléguée générale de la Fondation de France Nord, Laure Decouvelaere.

La Fondation de France couvre tous les champs de l’intérêt général avec un focus particulier dans trois domaines d’intervention : l’aide aux personnes vulnérables, le développement de la connaissance, et une sensibilisation à l’environnement. Pour autant, l’objectif de cette structure est de stimuler les projets. « Le but est de lancer un dossier. Puis de le transmettre à d’autres organismes pour sa pérennité », souligne la déléguée générale.

Autre point clé dans le regard de proximité de la Fondation de France, une volonté « de soutenir des projets innovants. Nous accordons beaucoup d’importance à cet aspect. J’insiste sur ce point, car il est fondamental pour nous. Faites le pari de l’expérimentation, c’est un peu la marque de Fabrique de la Fondation de France », indique la déléguée générale.

Mettre en place une activité qui n’existe pas sur un territoire, ou plus, voire une innovation dans les items soutenus, voilà la fenêtre de tir préférée de la Fondation de France. Le champ de l’intérêt général est si vaste qu’il laisse un volant pour l’innovation assez conséquent.

A ce jour, 170 000 projets ont été soutenus depuis son origine. Ce chiffre éloquent met en exergue l’influence potentielle de la Fondation de France, et assimilés, sur une initiative de proximité.

« La complexité administrative est grandissante », Antoine Lopez

Cette information sur Saint-Saulve aux acteurs du Valenciennois a permis une meilleure connaissance, voire une découverte pure et simple, de la Fondation de France ! Car n’oublions pas que cette intervention s’imprime dans un contexte de plus en plus contraint. « La complexité administrative est grandissante », souligne Antoine Lopez, l’un des deux référents bénévoles pour le Valenciennois. Pour être cru, certaines initiatives, commerciales ou d’intérêt général, sont déjà épuisées face au parcours du combattant pour obtenir un soutien financier. L’ancien Sous-Préfet de Valenciennes, Franck Olivier Lachaud, ne disait-t-il pas fort à propos : « En France, on adore l’innovation, mais personne ne la finance… ! » Rarement quelques mots résument avec autant de véracité le paysage de l’innovation en France… ! 

Autre point du sujet abordé, il ne faut pas oublier l’opacité de cette notion de Fondation. Le tissu associatif en particulier peut trouver, à tort, que cela ne le concerne pas. Cette institution serait la chasse gardée des projets grandiloquents, avec un impact national, pour les bourses déjà bien pourvues qui en redemandent pour passer à une nouvelle étape de développement… ! C’est là tout l’intérêt de cette réunion. « Il faut démythifier le mot Fondation, décloisonner cette structure afin que les acteurs de terrain répondent à des appels à projet », ajoute Antoine Lopez.

Pour illustrer le soutien à des projets locaux, deux témoignages sont venus agrémenter cette matinée d’informations, en l’occurrence la CAPEP, et l’association Alter-Egaux. Concrètement, la Fondation de France est le plus souvent un cofinanceur. « Au maximum, nous soutenons 3 ans un projet, même si une structure peut revenir deux fois avec des dossiers différents », précise la déléguée générale. 

La Fondation de France sur le Valenciennois

Sur ce vaste territoire géographique, deux bénévoles sont les référents de la Fondation de France, Antoine Lopez et Gérard Collement. Ces derniers sont en charge d’instruire un dossier local. « Attention, l’instructeur ne vas tenir le crayon, remplir en lieu et place des acteurs les documents. Par contre, il va vérifier sur le terrain la réalité du projet, sa pertinence », souligne Gérard Collement. En résumé, il faudra convaincre les référents de proximité avant d’espérer toute validation par la Fondation elle-même. 

Pour autant, cette institution a besoin indubitablement d’une plus grande exposition, d’une meilleure lisibilité auprès du coeur battant des territoires et des acteurs concernés. Là où tout se passe, se pense, s’invente au cours une réunion improbable, là où jaillit une idée,  la main tendue de la Fondation de France peut donc s’avérer salvatrice à plus d’un titre !

De nombreux appels à projet sont en cours, c’est peut-être pour vous la pierre angulaire de votre dossier petit ou grand. D’ailleurs, il n’existe pas de dimension à l’intérêt général, il est où il n’est pas, c’est le message s’il ne fallait en retenir qu’un seul de la Fondation de France ! Comme disent nos amis canadiens, il est écrit dans le ciel… !

Informez-vous rapidement sur le site de la Fondation de France Nord sur : https://www.fondationdefrance.org/fr/fondation-de-france-nord

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 17 juin 2018
Antoine Lopez La Fondation de France Laure Decouvelaere
La philanthropie de proximité !
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