Le lien parfois distant entre la recherche et le monde de l’industrie constitue un frein parfaitement identifié au développement des entreprises. Une réponse a été trouvée avec la création de SWIT’LAB, un laboratoire commun entre des universités et un acteur éminent du ferroviaire, l’entreprise MG ValDunes sur Trith-st-Léger.

Jean-Christophe Camart, président de l’Université de Lille : « La concurrence n’est pas entre nous, elle est ailleurs ! »

Bien sûr, le propos n’est pas de sous-entendre que rien n’existait avant entre l’université et le terrain économique. En effet, l’université collabore depuis 20 ans avec l’entreprise Valdunes « c’est un partenariat adulte », souligne Abdelhakim Artiba, le président de l’Université Polytechnique Hauts-de-France. Par le biais de stagiaires, de thésards etc. la recherche a permis d’avancer sur certaines problématiques du monde ferroviaire sauf que… !

La concurrence mondiale sur le process, le coût de production, la maintenance et sa maîtrise… ne peut plus se contenter d’une collaboration amicale, certes pointue, entre le monde universitaire et l’entreprise en quête de réponses. Voilà la genèse de cette création d’un laboratoire commun de recherche, il fallait bousculer les habitudes des acteurs du rail.

MG Valdunes 

En amont de cette présentation magistrale, les invités du jour ont visité l’entreprise MG Valdunes. Née sur les cendres d’Usinor, elle symbolise le trop petit nombre des ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) en France. Pour autant, cette référence nationale dans le monde ferroviaire est un fabricant incontournable des matériaux de roulement sur rail.

Daniel Capelle

« Avec près de 500 salariés, nous fabriquons des roues, des essieux, et des essieux montés. Sur Dunkerque, nous effectuons le travail de la forge, puis les roues arrivent brutes sur le Valenciennois. Cela représente 60 000 roues par an, et 10 000 axes vendus dans 70 pays », commente Daniel Capelle, directeur industriel sur les 2 sites.  Inutile de relever toute l’importance d’une pièce sécuritaire telle que produit par l’entreprise MG Valdunes. « Nous avons 4 à 6 audit par mois », mentionne Daniel Capelle.

Fret, TGV, TER, métro, tramway, MG Valdunes peut fournir ses produits sur chaque profil de véhicule roulant sur les rails. Repris en 2014 par un groupe chinois, Valdunes a investi dans une nouvelle chaîne de production avec en ligne de mire une meilleure efficience en terme de production. Pour autant MG Valdunes doit maîtriser également sa maintenance. « L’objectif de ce laboratoire commun entre l’Université de Lille, l’école Centrale de Lille, et l’Université Polytechnique Hauts-de France est de répondre aux problématiques de maintenance de cet ensemble complexe : cycle de vie, consommer moins de métal, la fatigue du matériel, réduire le crissement, résistance dans le temps », souligne Laurent Dubar, directeur adjoint de SWIT’LAB.

Ce laboratoire commun comprend sur le site de Lille et Valenciennes 32 salariés. Dix personnes seront recrutées pour intégrer ce laboratoire éphémère prévu pour 4 ans. L’entreprise MG Valdunes est étroitement associée au SWIT’LAB, c’est réellement de la recherche applicative. « Ce qui très important pour nous est la reconnaissance du CNRS. Il faut dire qu’il est la pierre angulaire de la recherche en France », ajoute Abdelhakim Artiba.

Ce laboratoire commun met en lumière une coopération croisée entre des pôles recherches comme l’Université de Lille, l’école Centrale de Lille, et l’Université Polytechnique Hauts-de France. « La concurrence n’est pas entre nous, elle est ailleurs ! Nous avons besoin d’une recherche en amont et transférable », explique Jean-Christophe Camart, le président de l’Université de Lille.

De l’amont à l’aval

La recherche fondamentale est indispensable. Elle est d’ailleurs représentée par le CNRS en France sans oublier que 90 % de ses laboratoire sont des unités mixte de recherche comme le LAMIH/ CNRS/UMR 8201 à Valenciennes. La présence à cette manifestation de Françoise Paillous, ,déléguée régionale du CNRS Nord Pas-de-Calais et Picardie, est symptomatique. Elle démontre que la recherche liée au monde économique sans une réalité de terrain a peu d’avenir. Ce SWIT’LAB est une parfaite traduction d’un besoin d’innovation dans l’entreprise à travers un organe de recherche de pointe.

« Nous sommes dans le cycle aval de la recherche, plus dans l’application industrielle », précise le directeur de SWIT’LAB.  Le directeur général de MG Valdunes acquiesce, mais place la barre très haute : « Nous avons des objectifs précis, nous mettrons une pression pour des résultats à venir. »

Face à la concurrence mondiale, ce SWIT’LAB devrait apporter à l’entreprise MG Valdunes des solutions pour une maintenance plus performante. En présence de Gilles Pargneaux, député européen, l’Europe était également présente, car elle soutient cette initiative, tout comme Christian Rock, le Sous-Préfet de Valenciennes, soulignant « une coopération intelligente entre l’université et l’entreprise ».

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 20 juin 2018
SWIT'LAB université polytechnique des Hauts-de-France
SWIT’LAB, recherche et entreprise ensemble
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