Comme dans beaucoup de communes dans le Valenciennois, les édiles ont organisé une ou plusieurs réunions du Grand débat national sur leur commune. Au sein de la salle Pablo Picasso, Anne-Lise Dufour a fait diligence avec une centaine de participants dont une jeunesse présente, mais parfois absente sur d’autres réunions.

Pour piloter cet exercice complexe d’écoute, et de propositions, la maire de Denain avait sollicité les compétences de Jean-Michel Lobry, animateur d’une dizaine de réunions de cet acabit dans l’hexagone, et présent samedi matin (16 février) sur la chaîne « Public Sénat » pour exposer son rendu de terrain.

Cette réunion proposait aux participants les quatre items de la lettre du Président de la République, la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté, et l’organisation de l’Etat et des services publics.

La transition écologique

La présence d’Anne-Lise Dufour, maire mais également présidente du SIMOUV (Syndicat du Transport Public) a lancé un sujet de fond ô combien central, le transport partagé gratuit, une véritable réponse aux problématiques de pouvoir d’achat.

« Ma proposition est de flécher, une partie de la taxe sur les carburants, sans l’augmenter, vers les syndicats de transports afin de proposer la gratuité des transports, bus, tram etc. Attention, la gratuité a un coût », explique Anne-Lise Dufour.

Plusieurs hypothèses furent évoquées comme celle-ci, très constructive. « Pourquoi pas, comme avant dans des grandes sociétés du Hainaut, une entreprise proposant son propre transport partagé à ses salariés ! » Oui, cela existait avant, et demain elle pourrait trouver corps à travers la baisse de la taxe Versement Transport aux syndicats de transports, comme le SIMOUV, à condition qu’elle offre une prestation à ses salariés avec un véhicule propre bien sûr.

D’autres ont fustigé le transport collectif gratuit, car « il serait négatif, et viderait les centres-villes ».

Certains rappellent que parfois l’accès au « transport public est difficile suivant le lieu où l’on habite ». En filigrane, ce locuteur souligne le grand paradoxe de l’accessibilité au transport public. En effet, en poussant le raisonnement, ce dernier est possible pour les classes moyennes, habitant en zone urbaine, voire périurbaine, tandis que les refoulés en zone périphérique voire rurale ne peuvent que prendre leur voiture pour se déplacer !

Plusieurs interventions ont mis en exergue le ferroutage, domaine complètement abandonné par les gouvernements successifs. Il demeure pourtant un vecteur majeur pour désengorger les autoroutes des camions français et étrangers.

« Pourquoi avons-nous stoppé l’éco-taxe ? », s’exclame une participante. Aucun doute, cet échec politique de Ségolène Royal est à mettre au niveau de la remarquable prestation de Dominique Voynet à l’époque, un recul de mille lieux sur l’écologie.

D’autres fustigent le transport des produits, matière première dans un pays, transformée à plusieurs heures d’avions, et revenant dans un autre pour la mise en vente, magnifique empreinte écologique. Que faire ? Promouvoir sans cesse le circuit court, c’est effectivement une tendance dans la restauration scolaire, mais il serait plus simple de conditionner le conventionnement d’une école sous contrat avec l’Etat avec l’obligation de se fournir en terme alimentaire dans un périmètre géographique limité, sinon on coupe les vivres, c’est incitatif !

La fiscalité

Bien sûr, le totem politique du rétablissement de l’ISF est revenu plusieurs fois durant les interventions.

 » Il faut remettre à plat l’argent public avec une fiscalité adaptée pour les petits commerces » , s’exclame une intervenante.

On n’oublie pas la taxe sur « les GAFA, mais également sur les grands groupes internationaux qui ne payent quasi rien en France », ajoute un autre intervenant.

Tout peut se dire dans un échange démocratique « je pense qu’il faut fiscaliser toutes les allocations CAF, etc. Trouvez-vous normal qu’un salarié soit fiscalisé plus lourdement que quelqu’un bénéficiant des revenus issus uniquement des allocations ? », explique un intervenant.

La démocratie et la citoyenneté

La 6ème République bien sûr, et comme de coutume actuellement, le bashing concernant les parlementaires bat son plein, leur rémunération, leur retraite, la baisse du nombre de députés et de sénateurs, sans même parler de la suppression pure et simple du Sénat etc., ils sont pointés du doigt, tout ceci est assimilé à des privilèges par les citoyennes et citoyens français.

Une idée pertinente avec « une réflexion sur la temporalité des mandats, le non cumul, certains sont dés élus à vie ».

Après les élus, les médias sont les complices de tout aux yeux des citoyens, citoyennes, le bouc émissaire habituel !

Sachant que les personnes en situation de handicap, et les accompagnants, représentent 10% de la population française, l’émergence d’un ministère plein du handicap serait bienvenue. Le symbole serait fort pour toutes les personnes en situation du handicap, 50 % d’une réforme passe par la communication de celle-ci !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 13 février 2019
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