Encore un conseil municipal copieux à Saint-Amand-les-Eaux avec le vote du budget primitif, mais également des choix forts, mais discutés, sur l’urbanisme local. Toutefois, tout le monde avait à l’esprit l’actualité de l’aciérie ASCOVAL dont le destin pourrait se jouer définitivement ce mercredi 27 février prochain au Tribunal de Strasbourg.

(David Leclercq, nouvel adjoint)

Alain Bocquet : « Une grande ville en nombre n’est pas mon objectif, il faut conserver un équilibre »

C’est la période où les conseils municipaux participent au vote de l’année, celui du budget primitif. Politiquement, il constitue le seul engagement qui doit obligatoirement fédérer une majorité municipale sous peine d’exclusion de la dite majorité, contrairement à toute autre délibération, c’est ainsi dans une collectivité locale comme au sein de l’Assemblée nationale.

Gerald Bataille

En prélude de ce conseil municipal, David Lelercq a reçu officiellement son écharpe tricolore au titre de sa nouvelle fonction d’adjoint. De même, Gérald Bataille est le nouveau conseiller municipal de l’opposition en remplacement de Jean-Michel Michalak.

En propos liminaire, le premier magistrat a évoqué la 1ère pierre du Village Saubois, l’EPHAD du XXième siècle sur l’ancien site Leclercq, mais également fin mars l’inauguration du nouveau Commissariat de Police de la cité thermale, sans oublier les 80 lits revisités du nouvel internat du Lycée Ernest Couteaux. Sur le volet sombre « trois classes vont fermer en septembre prochain sur la commune. Je ferai tout pour éviter cela », souligne le maire.

A cette triste annonce, Eric Castelain, chef de file de l’opposition, répond : « Cette diminution de 3 classes s’explique par la baisse de la population, de 3,5%, 16 147 habitants, soit moins 587 habitants, l’érosion continue. Notre problématique dans la politique de logement, c’est l’offre de logement ».

L’édile rétorque que « plusieurs projets de collectifs sont en cours. Je veux plus de logements sociaux sur cette commune, car ils affaiblissent le logement indigne. Plus généralement, sur cette commune, nous avons plus de décès, et une chute des naissances. Toutefois, une grande ville en nombre n’est pas mon objectif, il faut conserver un équilibre  ».

Baisse de la fiscalité locale

Dans ce budget primitif 2019 de la commune s’équilibrant à hauteur de 49 478 075 euros, le fait budgétaire est la baisse d’un point de la taxe foncière bâtie, et de 19,95% la taxe foncière non bâtie, cette dernière concernant une palette de contribuables nettement plus réduite. « Cette baisse des taux a pour but d’atténuer le phénomène d’augmentation de l’imposition dû à la hausse des bases », précise Jean-Marc Mondino, adjoint aux finances.

Pour Eric Renaud « cet exercice est en continuité des budgets précédents. Par contre, nous assistons à une diminution drastique de l’autofinancement de la commune. Il est urgent de rétablir les budgets afin de financer des futurs équipements, 38 millions d’euros de dette avec un ratio de désendettement proche de dix ans ». L’ancien élu de la majorité reste déçu « de cette baisse des taux fiscaux privant la ville d’une recette de 300 000 €, tout comme la non taxation maximale des eaux minérales, alors que cette entreprise familiale a été rachetée depuis 2012 par un géant des eaux, c’est une recette non perçue de 517 000 euros ».

Pour sa part Eric Castelain met en exergue « cette baisse des taxes locales va dans le bon sens, même si je souhaitais une baisse plus conséquente de la Taxe Foncière Bâtie. Par contre, il ne faut pas s’étonner de la baisse de la DGF, c’est la conséquence de la baisse de la population sur la commune ».

Toujours sur le volet des taxes, la Taxe d’Habitation est en fin de vie. « Nous avons une lisibilité jusqu’en 2020, car l’Etat va compenser sur les bases de 2017. Après 2020, il y a plusieurs pistes évoquées pour compenser la recette de la Taxe d’Habitation », commente une élue.

« La ville de Saint-Amand-les-Eaux a pour vocation de racheter toute l’Avenue du Clos ? », Eric Castelain

Bien sûr, le programme d’investissement constitue un baromètre de la politique locale. Pour 2019, l’église Saint-Martin poursuit son chemin vers une restauration totale, le Centre de ressources de Bettignies, le Coeur de ville, le Palais des Séniors, et une entame vers le contournement nord-ouest. Mais un investissement a défrayé la chronique cette semaine. « Avec l’achat de la maison en face du Palais des Séniors, je me demande si la ville de Saint-Amand-les-Eaux a vocation de racheter toute l’Avenue du Clos ? ».

En effet, à travers une délibération, la ville prend possession de la fameuse « Maison Jaune », Avenue du Clos, en grande souffrance urbaine. Taclé sur ce choix, Alain Bocquet révèle les coulisses… « nous sommes passés en 4 ans de 1,2 millions d’euros à 350 000 euros, soit 48 euros du M2 aujourd’hui. Nous avions deux mois pour préempter cette bâtisse. J’ai fait ce choix, et je pense que c’est une bonne opération pou la ville. De plus, je me suis toujours battu pour le patrimoine de la commune. Certes, la maison est dans un état de délabrement important, nous allons d’abord refaire la toiture. Puis, on fera quelque chose ensemble », lance-t-il à Eric Castelain, toujours dubitatif, dossier à suivre… !

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 23 février 2019
Conseil municipal de Saint-Amand-les-Eaux
Baisse de la fiscalité locale à Saint-Amand
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