Pour cette journée des Droits de la Femme 2019, analysons un état des lieux sur les violences contre les femmes sur le Valenciennois et les procédures associées pour lutter contre ce fléau, histoire de faire parler sans un mot ces femmes dont le quotidien n’est que souffrance physique et/ou morale.

Une hausse identifiée des violences sexistes, un signe positif !

Grande cause nationale, le mouvement « me too », les violences et agressions sexuelles sont plus que jamais dans le viseur de l’ordre public, mais également dans celui d’une grande partie de la population.

Dans la série de chiffres sur le bilan 2018 sur cet arrondissement, on note une baisse des violences intrafamiliales (- 3,50%), mais une hausse significative des violences sexistes (+ 10%). Sur cet item spécifique, la parole se libère-t-elle dans le Valenciennois comme ailleurs ? « Certaines augmentations me vont bien », mentionne le Procureur de la République afin de souligner qu’une détection accrue est une réalité sur le Valenciennois.

Evidemment, toute la difficulté pour les forces de l’ordre en zone urbaine, comme rurale, est de bien identifier ces cas spécifiques. « Nous sommes des généralistes à la base. C’est pourquoi, nous avons mis en place un groupe d’enquêteurs spécialisés sur ce type de dossier. Bien sûr, nous suivons les plaintes, une main courante, voire tout signalement. Nos enquêteurs sont formés à cet effet », précise le Commissaire divisionnaire Thierry Courtecuisse. L’analyse de la dangerosité est bel et bien le dénominateur commun à toute la chaîne pénale. La 30ème femme tuée (en 2019) en Corse cette semaine, par un ex conjoint, rappelle trop bien l’importance d’une juste mesure de la menace à l’endroit d’une victime potentielle.

Cette approche des violences sexistes s’inscrit tant sur le traitement de la victime que de son auteur. Cette nouvelle grille de lecture se traduit concrètement sur le ressort de Valenciennes « Nous avons dorénavant systématiquement une garde à vue de 48 heures, un examen psychologique de l’auteur(e), mais également pour la victime, car le préjudice psychologique est plus fort », explique le Procureur de la République.

Bien sûr, l’aspect complexe des violences sexistes, le déni possible par la victime elle-même constitue un élément à prendre en compte. Ce comportement très spécifique fut développé durant le Colloque organisé en septembre 2018 : https://www.va-infos.fr/2018/09/18/violence-conjugale-peur-vie-sans-coup/

« Nous travaillons sur la qualité de la réponse pénale », Jean-Pierre Vicentini

Cette dynamique initiée par le Ministère public depuis plusieurs années s’inscrit également via une collaboration étroite avec l’association AJAR intervenant en faveur des victimes, une prise en charge associative relevant quasi de l’exception nationale.

Un dossier une fois traité, le suivi de ce dernier et la potentielle récidive devient une donnée fondamentale pour la suite. « Nous bénéficions d’un stagiaire prochainement. Nous allons lui confier l’analyse de tous les auteurs traités dans ce TGI sur les 3 derniers années, les cas de récidive etc. Nous travaillons sur la qualité de la réponse pénale », précise le Procureur de la République

Sur le plan des jugements, durant l’été 2018, une peine de 7 ans de prison a été prononcée dans ce type de dossier. Ensuite, en 2018, le législateur a prévu que des violences intrafamiliales réalisées devant des enfants constituaient une circonstance aggravante… ! Les choses bougent à tous les niveaux, c’est heureux et indispensable pour la condition de la femme.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 7 mars 2019
Christian Rock Commissaire divisionnaire Thierry Courtecuisse Jean-Pierre Vicentini
Le 08 mars, la journée de la femme sans une agression (2/3) !
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