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Un Budget, deux visions budgétaires à Marly

Pour le premier vote du Budget Primitif 2026 à Marly, la majorité et l’opposition ont étalé une divergence de vue profonde sur la conduite financière de la cité. Au moins, les choses ne sont pas ambiguës, mais claires dans les choix politiques de part et d’autre. Quelques autres délibérations sont importantes, notamment sur les associations tout comme les services sociaux externalisés.

Jean-Noël Verfaillie : « Je suis le maire de 100% des Marlysiens et pas de 52,5% ! »

En amont du conseil municipal, quelques nouvelles de la commune sont structurantes. L’exploitant de l’emblématique du « Café de la Place », à l’angle de la Place Gabriel Péri, a conclu sa négociation avec le promoteur du futur projet urbain et ferme définitivement le dimanche 19 avril prochain. Concrètement, la démolition interviendra courant d’année 2026 et ce projet d’une résidence sénior (en R+ 3 ou R+4) pourrait voir le jour en 2027 (travaux 2027/2028). Au rez-de-chaussée, 500 M2 de cellules commerciales divisibles. « Je souhaite un restaurant à l’angle, voire d’autres commerces alimentaires », commente le maire. Rien n’est acquis et le moment de la commercialisation (réussie ou pas) sera très lié au contexte national, voire international… !

En propos liminaire du Conseil municipal, Jean-Noël Verfaillie se félicite de la représentativité de Marly au sein de Valenciennes Métropole : « Outre notre vice-présidence maintenue (lui même) au Développement économique, nous avons un conseiller communautaire délégué attribué à Céline-Platel-Thuin. » Dans la même institution, Jérome Leman souligne qu’il « fait partie de la commission Développement économique. »

En amont du vote du budget, le CFU (Compte Financier Unique, ex compte administratif) est présenté par Serge Moreau, adjoint aux finances, où un excédent de fonctionnement 2025 à hauteur de 3 105 522 euros est reporté pour un montant de 2 948 927 euros sur le budget investissement 2026. Un choix commenté simplement par l’édile suite à des réactions de l’opposition (nous y reviendrons) : « C’est de la bonne gestion de père de famille. Nous réalisons des économies de fonctionnement et nous investissons. C’est assez simple à comprendre ! »

En effet, la présentation du CFU 2025 a suscité des commentaires acerbes. « Certes, comme pour le ROB, ce CFU montre une baisse du chapitre des charges de fonctionnement (interne), mais également un démantèlement des services communaux pour des prestations externalisées. De plus, vous empruntez massivement (4,5 millions d’euros en 2025), c’est votre folie des grandeurs, mais vous ne pouvez pas tout faire en même temps », indique Laurent Jeannas pour l’opposition municipale. Le maire rappelle la ligne directrice de ce mandat et du précédent : « On constate des travaux à faire. On dépense énormément, mais nous réalisons des économies au quotidien sur le fonctionnement. Il y a une erreur d’analyse de votre part. » A ce commentaire, Jérome Leman met en exergue « un CFU 2025 avec 95% de l’excédent reporté sur l’investissement comme une fuite en avant. »

Les 8 voix de l’opposition ont voté contre ce CFU 2025 adopté par la majorité municipale.

Les impôts locaux en baisse

L’opposition municipale

Comme déjà initié dans le mandat précédent, Jean-Noël Verfaillie soutient la baisse des impôts locaux. « Nous proposons un taux de 48,97% contre 49,47% pour les impôts fonciers locaux », explique Serge Moreau sachant que les bases (de l’Etat) augmenteront de 0,8% en 2026. L’édile défend ce choix politique, car « nous voulons revenir au même niveau que les villes voisines (Saint-Saulve et Aulnoy-lez-Valenciennes). » Sur ce point précis, Jérome Leman tance cette ligne de conduite budgétaire : « Baisser les impôts, c’est bien, mais quand vous avez les moyens de le faire. Vous faîtes tout pour les propriétaires. La ville a besoin de recettes (fiscales) pour ses investissements. C’est une forme de démagogie. A la fin, tout se paye ! » La réponse du Premier magistrat est directe : « Ce sont des investissements nécessaires, c’est un rattrapage pour combler un énorme retard ! D’ailleurs, les Marlysiens ont tranché en mars dernier. »

Les APCP (dépenses d’investissement étalées sur plusieurs années)

Dans cette rubrique, vous retrouvez, comme annoncé durant le ROB, la suite des travaux lourds de la rue Jean Jaurès et de la route de Préseau pour 3 350 000 euros en 2026 et 3 000 000 euros en 2027, la fin du chantier du Groupe scolaire Hélène Carrère d’Encausse avec 235 504 euros en 2026, et les études sur le futur par urbain à hauteur de 1 200 000 euros, puis programmé 5 millions en 2027 et 3 000 000 millions en 2028.

Ce dernier dossier est particulièrement commenté par l’opposition, car « il est intéressant, mais est-ce le bon moment ? D’ailleurs, nous ne connaissons pas exactement le coût de ce projet ! », tance Jérome Leman. Le maire répond par l’exercice municipal : « Nous n’avons pas encore un retour des études, seulement une estimation. C’est pourquoi, le coût global n’est pas encore présenté en conseil municipal. »

La dette et la capacité à la rembourser

Toutes les gestions communales sont confrontées à la maîtrise de la dette si possible « saine, car sans fonctionnement à la clé », précis le maire et la capacité à la rembourser, essentiel vis à vis de l’Etat et des partenaires financiers. Pour de l’investissement, une ville doit générer de l’autofinancement. A ce stade, la commune de Marly dispose de 1 438 443 euros en épargne nette (résultat après remboursement des intérêts et du capital des emprunts). « A notre arrivée, il y avait 200 000 euros d’épargne nette. Aujourd’hui, nous sommes presque à 1,5 millions d’euros. Durant le mandat précédent, nous avons travaillé notre autofinancement avec un pic en 2023 (2,5 millions d’euros) et nous l’utilisons maintenant. »

Fin 2025, la dette publique de la commune de Marly s’élève à 12 958 422 euros avec 14 emprunts (et 4,5 millions d’euros en 2025) dont plusieurs vont s’éteindre à court et moyen terme, soit environ 10 millions d’euros d’ici 2028.

Ensuite, le plus important est la donnée de capacité à rembourser sa dette, votre solvabilité publique comme vous à titre particulier. A 10,30 années en 2018, chiffre dangereux au dessus de 10 (15 sous tutelle de l’Etat), puis redescendu en 2023 à 1,87 années, et ce chiffre est reparti à la hausse à 5,99 fin 2026 (en projection) compte tenu des emprunts nouveaux générés en 2025.

Le budget a été adopté avec 8 voix contre.

Les associations

La majorité a fait le choix de maintenir son enveloppe budgétaire, soit 256 863 euros : « Nous avons 65 associations pour lesquelles nous donnons une subvention. »

Pour autant, la diversité des associations existe, puisque la municipalité valide une subvention à l’identique à l’association ACSRV (gestionnaire des centres sociaux), soit 197 714 euros. Par contre, le maire, en réponse à une intervention ciselée de M. Mortagne, ne cache pas son agacement sur le rendu de la copie de l’accompagnement social de la jeunesse : « Nous continuons un dialogue exigeant avec l’ACSRV. Les objectifs sur la politique jeunesse ne sont pas atteints. Il y avait eu un rebond en 2020 suite à des échanges (musclés) avec la Direction. Il faut corriger le tir dans le fonctionnement où nous pourrions repasser en régie municipal. » Concrètement, si le centre social des Floralies assure les services demandées cahin-caha, depuis le départ du Directeur du Centre social (Dos Santos) sur celui de la Briquette, cela ne va plus !

En filigrane, le message est clair, la convention entre la commune et de l’ACSRV s’arrête au 31 décembre 2026, elle pourrait ne pas se renouveler si rien ne bouge !

Evidemment, le sujet de l’association du club de foot (avec 600 membres) est arrivé sur la table. Compliqué sachant que l’association, en redressement judiciaire, passe au Tribunal de commerce de Valenciennes dans les prochains mois. « Nous ne bougerons pas (au niveau de la subvention) dans l’attente de ce jugement ! » Virginie Melki, épouse du nouveau président, plaide pour le soutien de la nouvelle direction par la municipalité. « Il a découvert beaucoup plus de problèmes (financiers) qu’il ne le pensait ! » Une négociation dans l’intérêt général des usagers du ballon rond débouchera peut-être pour la prochaine saison sportive ?

Le maire conclut ce Conseil municipal par cette phrase :« Je suis le maire de 100% des Marlysiens et pas de 52,5% ! » On devrait ajouter cette maxime sur tous les frontons des Hôtels de Ville en France…

Daniel Carlier

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