Comme chaque année, la fin du mois de septembre est synonyme d’une nouvelle demi-saison au Boulon à Vieux-Condé. Les Journées du Patrimoine marqueront cette rentrée artistique en couleurs et en mouvement, en piste dès ce samedi 21 septembre (visuel Sweet Home) !

(Visuel les comptoirs d’Art)

Virginie Foucault : « Le Boulon est un lieu vivant, nous cultivons cette idée de rencontre, de partage entre le public et les artistes »

Depuis vingt ans, le Boulon, aujourd’hui CNAREP (Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public), s’inscrit dans une collégialité créative. Les artistes en résidence ne sont pas « Boulonnés » sur un site, sans respirer la cité, sans vivre l’humain environnant. Non, plus encore depuis septembre 2011, date du nouvel écrin du Boulon, ce site national artistique « est un lieu vivant, nous cultivons cette idée de rencontre, de partage entre le public et les artistes », s’exprime Virginie Foucault.

En marge du programme, le CNAREP a une mission de formation. Pour autant, si le théâtre fermé est plus rompu au formation théâtrale, l’Art de la Rue est peu servi en la matière. « Il existe très peu de formation dans notre secteur, seule une formation sur Marseille est reconnue comme La référence nationale sur l’Art de la Rue. C’est pourquoi, nous sommes très satisfaits d’accueillir une formation du 04 au 14 novembre 2019. Les apprenants sont des artistes, mais pas dans le domaine des Arts de la Rue », précise Virginie Foucault. Le Boulon en mode outil de perfectionnement grâce à La KTHA, une compagnie sur Paris fondée en 2000, sera une nouvelle vitrine pour ce site au Nord de Paris. Faut-il le rappeler, sur les 14 CNAREP, 12 sont au sud de Paris voire un en Bretagne !

L’enfance (enfin) présent dans les Arts de la Rue

L’enfance au coeur de la scène, c’est plutôt un univers « du théâtre fermé. La création jeune public est très peu investie par les compagnies. C’est pourquoi, nous consacrons cette demi-saison à l’enfance. Nous avons même une compagnie avec une création pour des enfants de 18 mois », ajoute Virginie Foucault.

Le premier spectacle ce samedi 21 septembre commence dans la liesse, de la bonne humeur, du partage joyeux avec le festival de la percussion transfrontalière. En effet, de 15H à 23H, les jeunes et les moins jeunes pourront se trémousser sur des rythmes de folie. La compagnie Franco-Belge, Batucada, vous emmène toute l’après-midi, antidote contre la déprime validé par l’ARS (Agence Régionale du Sourire).

Ensuite, le Théâtre de la Licorne prend position au sein du Boulon à travers une exposition de ces décors baptisés « Les Bagages de la Licorne ». « Cette exposition était le fil rouge du festival mondiale des marionnettes de Charleville-Mézières, nous sommes très heureux de l’accueillir chez nous. Sous forme de bestiaire, les machines, marionnettes, les masques etc. vont investir complètement le Boulon », souligne Virginie Foucault (Jeudi 03, vendredi 04 et samedi 05 octobre-gratuit).

« Sweet Home » le samedi 05 octobre à 17H, tarif unique 3€ (+12 ans)

Cette performance en solo relate l’histoire d’une femme dont l’objectif est d’éliminer tous les occupants de l’immeuble. La solitude est traitée dans cette représentation, la folie d’une réalité virtuelle au départ, mais le passage à l’acte une fois déchaîne les instincts, grosse performance de l’actrice Rita Tchenko avec une mise en scène de Claire Dancoisne. Le film « Noblesse Oblige » version collectif urbain… !

« L’homme qui rit » le vendredi 04 et samedi 05 octobre à 20H, tarif plein 12€, réduit 9€ (+ 12 ans)

Le roman de Victor Hugo, écrit en 1869, demeure un sujet d’une brûlante actualité à travers les siècles, l’injustice sociale vécue comme une histoire sans fin. Un film en 2012, des références multiples, le Théâtre de la Licorne revisite cette oeuvre de l’emblématique écrivain français. Cette création en 2018 est le morceau de choix culturel de la fin d’année.

L’homme qui rit

« Lundi l’être à deux » le mercredi 16 à 16H, le vendredi 18 octobre à 19H, tarif 9/6 euros (+ 6 ans)

Une pièce inspirée par le célèbre écrivain anglais Marc Twain. En effet, son journal d’Adam, le journal d’Eve nous parle du début de tout, un homme, une femme… le fil de la vie, des joies et des peurs, de la relation entre la relation et la mort.

Tout démarra un jour où l’idée saugrenue d’un « il » et d’une « elle » se rencontrent, on n’a toujours pas saisi des années plus tard le pourquoi d’un masculin et d’un féminin, sans doute la genèse d’une discrimination l’un envers l’autre, sans équivoque la prédestination à la violence de l’un contre l’autre. Le Grenelle contre les violences sexistes aurait dû commercer au Jardin d’Eden…, mieux vaut tard que jamais !

Les comptoirs d’Art, le dimanche 17 novembre de 10 h à 17 H, gratuit (3 ans et +)

Cette journée est un peu le pilier de cette voûte artistique au Boulon. C’est le rendez-vous familial de l’année où les enfants, et leurs parents, vont rivaliser d’imagination, de créativité à travers des ateliers thématiques etc. Le 17 novembre n’est pas non plus n’importe quel jour dans l’année, c’est la journée des droits de l’enfant. « Dans notre projet de territoire, les enfants sont amenés à réfléchir sur l’égalité fille-garçon », précise Virginie Foucault.

L’Aile du Radeau, samedi 07 décembre à 20H30 (7 ans et +)

C’est la dernière création de Gilles Defaque. Cette performance est le contre-pied de la saison Eldorado, Lille 3000, chapeau pour le jeu de mots. Sur un fond de Don Quichotte de Cervantes, un cabaret burlesque vous fera traverser les univers du cirque, de la musique, et du théâtre. Point d’eldorado très palpable, mais le sentiment indicible d’une seconde ailleurs, un songe éveillé en somme, c’est même la signification du groupe musical REM (Rapid Eyes Mouvement- Songe éveillé).

Le Boulon résidentiel…

Bien sûr, l’autre mission régalienne du Boulon est d’accueillir des troupes d’artistes de la rue durant les périodes de création. Cela demeure un fil rouge essentiel dans la vie d’un CNAREP.

Pour cette saison automnale, la KTHA Cie travaille la préparation de son spectacle « Demain j’arrive ». « Cette création sera présentée aux prochaines Turbulentes se déroulant le 01,02 et 03 mai 2020 », précise Virginie Foucault.

Ensuite, la compagnie entre Chien et Loup a en ligne de mire un spectacle pour les enfants de 18 mois, spécial parents et poussettes !

Enfin, la compagnie Vendaval prépare « Bleu Silence », un spectacle dédié aux personnes victimes de violences conjugales.

Plus d’infos sur l’ouvrage original porté au printemps dernier par le CNAREP, auteure Céline Beaufort : « La Grande Traversée » sur www.lagrandetraversee.org

Plus d’infos sur les réservations concernant ce programme sur www.leboulon.fr

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 19 septembre 2019
Le Boulon
L’Art de la Rue prend ses quartiers d’automne au Boulon
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