Nous voilà à quelques jours de l’année 2020, cette nouvelle année sera ponctuée par les élections municipales, un événement politique majeur sur l’échiquier français tant cette élection reste chère dans le coeur des françaises et des français. Pour autant, cette échéance locale, sans même parler des bouleversements dans les différentes gouvernances du Valenciennois, s’annonce très atypique sur la forme !

Cachez mon nom que je ne saurais voir… sur cette liste !

Inscription sur les listes électorales jusqu’au 07 février, dépôt autorisé des listes jusqu’au 27 février, tout est mis en oeuvre pour que les citoyennes et citoyens s’engagent sur une liste et/ou, à minima, vote les 15 et 22 mars 2020.

Cette heureuse initiative du Ministère de l’Intérieur est loin d’être le fruit du hasard, mais le constat d’une évidence criante. En effet, le rapport de l’administré à l’élu même local, dans les communes de plus de 1 000 habitants, n’est pas au zénith de la popularité. Clairement, des candidatures annoncées n’iront pas au bout faute de colistières et colistiers plus deux suppléants obligatoires pour cette édition 2020.

Après l’émergence remarquée de la liste « sans étiquette » en 2019, le terrain révèle un futur délai d’annonce des listes très très tardif. Un peu comme si la citoyenne ou le citoyen inscrit sur une liste électorale s’attend à un retour piquant, le mauvais karma d’une annonce prématurée, bien au delà des échéances locales antérieures. Sur le Valenciennois, des duels se profilent à l’horizon dans des communes, où en 2014, vous aviez 4 voire 5 listes sur le tapis. Impressionnant, mais très révélateur sur un climat local inédit à l’instar de l’élection présidentielle 2017. Des listes de premier ordre pourraient connaître un bouclage assez compliqué. En clair, les candidat(e)s vous indiquant une file d’attente digne de l’enterrement de Johnny Hallyday joue la carte du bluff vis à vis des autres candidat(e)s et surtout de l’opinion publique, ll va falloir énormément promettre à des compagnes ou compagnons d’aventure et par suite décevoir encore plus. Il faut espérer beaucoup de novices plein d’idéo pour se laisser séduire….

C’est pourquoi, cet état de fait pousse des potentiels colistières et colistiers à ne pas se proposer, de réserver leurs réponses suite à un contact direct, d’accepter à la condition sine qua non que la liste soit révélée au public le plus tard possible ou tout simplement ne pas donner suite à une sollicitation d’un candidat ou du premier magistrat.

Plus particulièrement dans le viseur, certes les communes rurales partout en France, mais surtout, et c’est là que le bât blesse, les villes de plus de 5 000, 10 000 et plus, sur ce territoire très malmené socialement. En effet, les places au delà des conseillers communautaires, voire de postes d’adjoints « assurés », sont très compliqués à graver dans le marbre. Nous ne sommes plus dans l’honneur d’une sollicitation par le ou la maire, mais d’une profonde réflexion pour la plupart des personnes approchées. Le prestige de la fonction, disparu déjà depuis quelques mandats déjà, se transforme en vox populi que tout le monde n’est pas en capacité d’accepter au niveau local.

Tout s’inverse et pourquoi ne pas envisager une nouvelle gouvernance dans les exécutifs où la verticalité règne en maître, moi tout seul voire au mieux avec une garde très très resserrée. Soyons positifs et supputons que la ou le nouvel élu(e) change la règle du jeu. La solidarité de la majorité a bon dos, quand le programme n’est pas respecté, il faut avaler des couleuvres pour les membres d’une majorité municipale. A un moment donné, cela suffit ! L’autel du consensus à une voix contre le reste du monde tue le rapport du citoyen à la Politique même locale. Pourtant, ce mandat de proximité est assurément le plus beau dans son rapport potentiel au citoyen.

Très conscient de cette nouvelle donne et le besoin impérieux de redonner un nouveau souffle au mandat local, le gouvernement a proposé une loi, votée par les parlementaires, avec des avancées indispensables et plus en phase avec le 21ème siècle. Je vous conseille de lire ce résumé du journal les « Echos » sur les nouveautés au 1er janvier 2020, certaines mesures sont pleines de bon sens, voire révélatrices d’un bug criant : https://www.lesechos.fr/politique-societe/regions/une-loi-pour-faciliter-le-mandat-des-maires-1039683

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 27 décembre 2019
Election municipale 2020 Elections municipales
Les municipales 2020 à l’encre invisible !
Facebook Twitter Linkedin
Print Friendly, PDF & Email