Depuis ce lundi 29 juin 2020, l’IUT a élu sa nouvelle directrice en la personne d’Isabelle Massa-Turpin. Sa parfaite connaissance de l’institution lui permet de mieux appréhender une pléiade de réformes en cours, un profil de l’apprenant évolutif, mais surtout une pédagogie en phase avec les besoins d’un territoire.

L’étudiant agile au coeur de l’IUT du XXIème siècle 

Docteur en mathématiques depuis 2003, isabelle Massa-Turpin a enseigné au sein du département tertiaire, notamment dans le très reconnu GEA. Après un passage de 3 ans dans un collège, elle revient dans le giron de l’UPHF en 2010 pour assumer la responsabilité des départements Techniques de commercialisation de l’IUT durant deux mandats de 3 ans. Maître de conférences en mathématiques appliquées, elle est aussi un enseignant-chercheur au laboratoire de mathématiques pour l’ingénieur (LMI) depuis 2012.

« J’ai postulé pour ce poste de Directeur. C’est un choix nourri pendant des mois, mais surtout à travers ma fonction d’administratrice provisoire depuis janvier 2020. Cette période du Covid-19 a contribué à renforcer ma détermination », indique-t-elle.

D’ailleurs, cette situation de pandémie fut une mise à l’épreuve inédite. « Nous avons dû orchestrer une collaboration entre les enseignants, les étudiants, et les agents restés sur le site. Avec peu d’information, sans parler d’improvisation, on a dû réagir très vite ! », poursuit Isabelle Massa-Turpin.

Bien sûr, l’étudiant était au coeur de cette organisation. Le contrôle continu sur les 2 premiers trimestres fut privilégié avec une bienveillance de bon aloi vis à vis des étudiants en souffrance numérique. « Pour ces derniers, il pourront passer la séance des empêchés fin août. Pour les autres, les étudiants ont pu améliorer leur moyenne, sans risque de la baisser, car il fallait rendre compte des compétences acquises », commente la directrice.

« Très vigilant avec les néo-étudiants », Isabelle Massa-Turpin

Concernant la rentrée de septembre 2020, le mot clé demeure invariablement « la distanciation. A cet effet, les amphithéâtres et les salles de TD seront occupés en alternance par les étudiants. Par contre, nous tenons à conserver un enseignement présentiel. C’est très important au titre du lien social sans oublier que devant un écran l’aspect non verbal ne passe pas ! », indique Isabelle Massa-Turpin.

Concernant cette rentrée du mois de septembre, un panel d’impétrants sera particulièrement surveillé. En effet, les bacheliers 2020, spectateur de la dernière mouture de l’ancien BAC, n’auront pas assisté à un enseignement pédagogique depuis mars 2020, un gouffre mental ! « Nous serons très vigilants avec les néo-étudiants afin qu’ils soient bien intégrés dans les différentes formations », précise la Directrice.

Assurément, le fossé entre l’encadrement scolaire et une plus grande liberté dans l’enseignement supérieur est déjà de fait source d’un décrochage. Alors, en l’espèce après 6 mois sans un contact pédagogique les yeux dans les yeux, cela pourrait être… 2020 odyssée à l’IUT !

« Fusionner la formation continue et l’apprentissage », Isabelle Massa-Turpin

Dans le registre de la valorisation des acquis, voire de l’incontournable Compte de Formation Professionnelle, des évolutions structurelles sont en cours. « Nous allons fusionner la formation continue et l’apprentissage dès septembre 2020. Cette section portera le nom de « FCA et relations d’entreprises », précise-t-elle.

« Le DUT devient le BUT », Isabelle Massa-Turpin

Outre cet environnement inédit, des réformes d’Etat sont en phase d’application. « En septembre 2021, le DUT (Diplôme Universitaire de Technologie) sur deux ans avec la possibilité d’une année supplémentaire sera remplacé par le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie). Nous passons de 2 années + 1 à 3 ans de cursus même si vous pouvez vous arrêter au bout de deux ans avec un DUT. A cette date, l’IUT devra accueillir 50% de bacheliers technologiques (filière général), et 50% de bacheliers issu du BAC général », précise la Directrice.

C’est pourquoi, l’année universitaire 2020/2021 sera « une phase charnière où nous devrons revoir notre offre de formation… »

L’étudiant collaboratif est né…

Autour des réformes structurelles, vous avez également le regard croisé des apprenants. Nécessairement, l’approche en silo d’un cursus universitaire n’existe plus. « Aujourd’hui, l’étudiant se doit d’être agile, le métier d’une vie est de plus en plus rare. Il doit être flexible, créatif, en capacité de travailler en groupe, s’adapter à un environnement, avec une place de plus en grande du numérique. Néanmoins, cette crise sanitaire a révélé aussi que malgré l’adaptabilité au numérique, le besoin de présentiel est très net chez nos étudiants. C’est rassurant quelque part ! », ajoute Isabelle Massa-Turpin.

Cette génération estudiantine est taillée pour l’économie collaborative, loin d’une culture verticale, mais d’un besoin impérieux à chaîner les missions quel que soit leur nature. On ne reçoit plus uniquement l’enseignement magistral, on échange, on partage, on s’adapte plus vite aux évolutions sociétales. Voilà la colonne vertébrale d’un étudiant où le campus doit aussi se transformer. « Dans mes projets, je voudrais créer la Maison de l’Innovation où le secteur tertiaire et secondaire, l’étudiant et l’enseignant, seraient brassés. D’ailleurs, je suis sûr que nos étudiants apporteront les idées de demain », commente la Directrice.

Les thématiques du mandat 2020/2025

« Trois pistes pédagogiques seront mis en lumière durant ce mandat par la nouvelle femme forte de l’IUT, en l’occurrence le handicap, le vieillissement, et l’écologie », déclare la Directrice. Concernant le handicap, le volet domotique doit être au service du handicap que ce soit dans l’habitat afin de favoriser le maintien à domicile, voire les avancées technologiques dans les véhicules. Très en lien, le vieillissement sera une source de recherche à travers les services aux personnes. Enfin, sur le site de Valenciennes, un travail sur les voitures électriques, mais pas seulement les quatre roues. Plus globalement, l’IUT va s’attacher à l’étude de tous les véhicules propres. Par contre, sur le site de Maubeuge « un projet de méthanisation est en cours en partenariat avec un acteur public », précise isabelle Massa-Turpin.

« Je veux renforcer la mobilité entrante », isabelle Massa-Turpin

Les relations de pédagogie internationale sont centrales au sein d’une université française. « Nous avons 26 pays d’accueil, car nos étudiants ont besoin d’ouverture. Sur l’IUT de Valenciennes/Maubeuge/Cambrais, cela représente 200 étudiants sortants. Toutefois, pour les 2 premières années, je vais mettre l’accent sur les pays européens », explique la Directrice.

Ensuite, les étudiants étrangers présents sur la campus sont au nombre de 50 pour l’IUT. « Je veux renforcer la mobilité rentrante. Nous avons une classe internationale où tous les cours sont en anglais, c’est une pépite. Pour augmenter notre attractivité, nous devons consolider, voire étendre nos partenariats avec les entreprises en demande d’étudiants étrangers », commente isabelle Massa-Turpin

« Prelude », un projet pilote UPHF/La CATHO

Enfin, un projet pilote a été signé entre l’UPHF et La CATHO permettant la faculté « pour un étudiant de dessiner son parcours métier au sein de son cursus. L’objectif pour l’étudiant est de construire son année avec des compétences multiples à travers un choix assez libre. Cette latitude s’inscrit totalement dans l’esprit d’une université polytechnique », conclut isabelle Massa-Turpin.

Clairement, la réforme des lycées, avec le choix de spécialités dès la 1ère où le lycéen va construire son parcours, se décline aujourd’hui vers les études supérieures. C’est pourquoi, un étudiant plus opérationnel avec divers compétences correspond à ce besoin d’agilité. La mono compétence est à ranger aux oubliettes, l’apprenant d’aujourd’hui construit sa vie professionnelle multi-cartes, car l’université lui aura permis de proposer tous ses atouts.

Voilà l’immense défi de cette nouvelle mandature pour isabelle Massa-Turpin dans un monde immédiat où l’étudiant doit sortir de l’université, certes armé de multiples compétences, mais surtout adaptable à un environnement changeant et multifacettes.

Isabelle Massa-Turpin est à la tête pour 5 ans de l’IUT de Valenciennes-Cambrai-Maubeuge, une composante de l’UPHF, avec aujourd’hui 2 500 étudiants, 2 500 sources de motivation.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 2 juillet 2020
Isabelle Massa-Turpin IUT Valenciennes
Isabelle Massa-Turpin, nouvelle directrice de l’IUT Valenciennes-Cambrai-Maubeuge.
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