Depuis quelques mois, le bruissement territorial s’agite autour des finances du club de basket Denain Voltaire. Les rumeurs circulent sur des éléments présumés cachés à la DNCCG, de fournisseurs impayés présumés en cascade, d’avantages en nature présumés pour un ou des dirigeants, et surtout sur un déficit abyssal présumé de la société de droit privé « Denain Voltaire Basket ». Bref, tout cela s’inscrit dans un momentum clé avant une mutation juridique majeure entre la SASU « Denain Voltaire Basket » et un autre type de société privé, une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif), au 01 juillet 2026 au plus tard. Pour comprendre parfois l’incompréhensible, il faut remonter à la dernière année de l’association ASCDVPH en charge encore de la section PRO (2024/2025) évoluant en Elite 2 (ex PRO B) de la LNB (Ligue Nationale de basket). Si vous ne connaissez rien au basket, si vous ne comprenez rien à la comptabilité, cette enquête au long cours est pour vous !

Ce reportage n’a pas la prétention de flécher le modèle économique idoine pour les clubs sportifs professionnels français, vaste sujet ! Pour autant, à tout le moins de pointer des anomalies financières graves à travers une enquête en 5 épisodes pour mieux comprendre de bout en bout les tenants et les aboutissants de cette situation financière préoccupante.
Episode 1, l’association ASCDVPH (ASSOCIATION SPORTIVE CAIL DENAIN VOLTAIRE PORTE DU HAINAUT)
On démarre piano piano.
Pour ce club historique depuis 1947, la vie n’a pas été un long fleuve tranquille ces dix dernières années. Yohan Senez, le Président de l’association ASCDVPH, a repris le flambeau en 2019 durant une période où le club a connu un redressement judiciaire. Une sortie par le haut de cette ornière permet depuis, saison après saison, d’assurer le maintien en Elite 2. Le Président de l’association se félicite d’un passage « d’1 032 576 euros en sponsors privés en 2017/2018 à 1 828 323 euros en 2024/2025. »
Chemin faisant, la saison 2024/2025 suit son cours sportif assez difficile, mais des événements financiers surviennent. Tout d’abord, un redressement URSSAF en 2025 à hauteur de 110 000 euros avec un échéancier négocié en 12 fois. « C’est un classique, un contrôle URSSAF comme toutes les entreprises ou associations connaissent », commente Yohan Senez. A cet effet, ce dernier est ravi du bouclage le 15 mai dernier de son PGE (Prêt Garanti par l’ETAT-2021/2026) pour un montant emprunté de 200 000 euros auprès de la Banque Populaire du Nord. « C’était un PGE de survie pendant la COVID », poursuit-il.
Concernant les dettes fournisseurs et les recettes de partenaires privés (2024/2025), Medhi Chalah (pour l’asso) se veut rassurant. « Tous les partenaires ont acquitté leur engagement initial et les prestataires/fournisseurs sont payés sauf le traiteur, car il est en redressement judiciaire (nous y reviendrons). Il reste l’ancien transporteur la RATP DEV et une vieille facture depuis la perte de sa Délégation de Service Public. » La complexité du sujet est que vous retrouvez aussi, à de nombreuses reprises, des partenaires qui sont également prestataires.
Ensuite, Yohan Senez indique qu’il a présenté des comptes certifiés (2024/2025) à l’Assemblée générale de l’association ASCDVPH (ASSOCIATION SPORTIVE CAIL DENAIN VOLTAIRE PORTE DU HAINAUT) en mars 2026. Souvenez-vous de cette temporalité !
Enfin sur l’association, l’ancien entraîneur Rémy Valin a poursuivi aux Prud’Hommes l’association ASCDVPH. Ce dernier a été débouté en 1er instance au Tribunal des prud’hommes de Valenciennes (décembre 2025), mais Rémy Valin a interjeté à la Cour d’Appel de Douai. « On nous promettait le pire », commente Yohan Senez.
Toutefois, sans connaître l’issue de cet appel (toujours très long), la comptabilité d’une société de Droit privé, et même pour une association de 1901, doit provisionner un contentieux au plus fort du risque financier (250 000 euros environ en appel dans ce cas particulier) dans son bilan comptable. C’est une obligation légale ! Donc, la question est simple ! Le bilan comptable de l’association présenté à la DNCCG, et pas encore certifié en juin 2025 par le Commissaire aux comptes, a-t-il provisionné ce contentieux financier en juin 2025 ??? En effet, face à la DNCCG, un budget serré aurait pu ne pas être validé en l’état par le gendarme financier du basket avec peut-être un risque d’encadrement de la masse salariale de la SASU puisqu’elle prenait la suite de l’association sur la partie PRO. Nous retrouvons la trace de cette hypothèse dans la suite de la saison de ce rocambolesque puzzle financier.
Episode 2, la SASU « Denain Voltaire basket » née le 01 juillet 2025
On pose le cadre.
La LNB a poussé les clubs Pro à se structurer au sein d’une entité de Droit privé, une société commerciale. L’ASCDVPH a attendu le dernier moment pour y passer et a choisi le modèle de la SAS, plus spécifiquement une SASU (avec un actionnaire unique). Ainsi, l’association détentrice de la « licence basket » est l’actionnaire unique de la SASU « Denain Voltaire Basket » pour l’équipe professionnelle évoluant en ELITE 2.
Par suite, l’élaboration du 1er budget de la SASU est dans les tuyaux et une hausse significative de la masse salariale (pour les joueurs et le staff) est adoptée en juin 2025 pour cette saison 2025/2026. « C’était un budget (joueurs/entraîneur) assez ambitieux. C’est vrai, mais nous voulions assurer une saison plus sereine (en lien avec la fin de l’épisode 1) », commente Médhi Chalah. Force est de constater que le choix est réussi, puisque le club achève sa saison à la 9ème place et avec le 14ème ou 15ème budget d’Elite 2.
Néanmoins, en terme de structure porteuse du club PRO, nous passons dans un autre monde. Nous sommes dans le passage d’une personne morale portée par la loi de 1901 à une société de Droit privé, un monde d’écart. Certes, dans les statuts, le pacte d’actionnaire (association) peut préciser qu’il décide du pilotage stratégique de la SAS. Néanmoins, le président de la SASU devient de fait le représentant légal de l’entreprise, son mandataire social devant la loi. A ce titre, il a des prérogatives clairs : « Le président dispose d’un droit de regard sur la gestion de la SAS qu’il exerce au travers d’un droit à l’information. » En résumé, le Président de la SASU (voire un gérant d’une SARL) doit accéder à une information de plein droit sur les dépenses de toute nature (factures, devis), sur les recettes de toute nature (privée et publique y compris les recettes des matchs à domicile), à tous les bulletins de salaire, à une information régulière sur le niveau de trésorerie du compte bancaire, voire à tout recrutement même choisi par l’actionnaire unique, car il valide celui-ci par sa signature de Président de la SASU (comme dans l’Affaire L.Degallaix sur Valenciennes), sauf que ce n’est pas le mode de fonctionnement de la SASU « Denain Voltaire Basket » !
Ce postulat posé nous amène à la première gouvernance de la SASU sous la houlette de Gilles Pargneaux, Président de la SASU, Médhi Chalah, Directeur général à l’époque, et Yohan Senez, toujours président de l’association.
Episode 3, sous la présidence de Gilles Pargneaux
Le trouble financier commence.
Gilles Pargneaux est choisi comme Président de la SASU « Denain Voltaire Basket ». Homme politique connu et reconnu, inutile de faire son CV, mais Gilles Pargneaux était sans doute la bonne personne à moment là. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que la LNB était ravie qu’un politique de ce calibre arrive à la tête d’un club PRO. C’est un gage de crédibilité pour l’élite professionnelle française sans oublier le bénéfice de quelques réseaux utiles en la matière. De même, pour la SASU (Denain Voltaire Basket), le choix de Gilles Pargneaux était malin, car il pouvait attirer de nouveaux investisseurs, un visage de confiance dans l’avenir du club. Cette idylle a été de courte durée malheureusement !
Chemin faisant, Gilles Pargneaux reçoit des sollicitions perturbantes en septembre/octobre 2025. Tout d’abord, un courrier de la DNCCG informe le Président Pargneaux que la contribution, le « Droit de Jouer », à payer en fin de saison (donc 2024/2025) n’a pas été régularisée (57 000 euros), puis le transporteur régulier (KEOLIS) se rapproche de la gouvernance pour un impayé 2024/2025 (donc de l’association).
D’autres fournisseurs seraient impayés comme le traiteur 2024/2025 avant qu’il ne soit en règlement judiciaire, mais également l’agence de sécurité 2024/2025 Artémis Sécurité, dans le lot à ce moment là. Inquiet, le Président contacte l’agence bancaire pour consulter le compte courant de la SASU au Crédit Agricole, il est en grande souffrance pour le dire sobrement et le fantôme d’un héritage financier (asso) chaotique se profile. Enfin, une source proche du dossier nous livre le coup de grâce : « Le président Pargneaux reçoit un recommandé de la LNB signifiant une amende de 5000 € et une sommation, après de multiples demandes, afin de présenter la certification des comptes (saison 2024/2025) sous peine de points en moins, voire d’une rétrogradation, en l’absence du document d’ici le 05 novembre 2025 assortie d’une autre amende beaucoup plus lourde. »
On comprend mieux la sortie officielle de Gilles Pargneaux dans un article de La Voix du Nord où il évoque ceci : « J’ai appris fortuitement que le commissaire aux comptes n’avait pas certifié le bilan comptable 2024-2025. » Dans la foulée, le Président lance une action en justice commerciale, un référé pour obtenir en urgence la consultation de tous les documents comptables de la SASU.
Trois conséquences à ce courrier de la LNB :
1° La certification des comptes est réalisée manu militari par le commissaire aux comptes Gabriel Hérole, mais serait partielle, comptablement « avec réserves ». Cela veut dire que les comptes sont certifiés, mais le commissariat ne validerait pas certaines écritures. On retrouve ce commissaire aux comptes, cette fois comme expert comptable, dans l’affaire pénale de l’ULSD (foot) sur Dunkerque, un dossier qui a fait grand bruit (VDN Dunkerque). Gabriel Hérole a été condamné in fine à un an de prison avec sursis où l’expert financier « a agi en toute connaissance de cause », selon le Procureur de la République et les juges ont estimé « qu’il avait participé à la falsification des comptes. De faux bilans avaient été présentés à la DNCG, mais aussi à la CUD, afin d’obtenir une subvention exceptionnelle de 820 000 €, depuis remboursée. » Là, nous retrouvons l’hypothèse de l’absence de provision (risque contentieux) dans le bilan présenté à la DNCCG inhérent à la procédure initiée par Rémy Valin…
2° Le référé initié par l’avocat de Gilles Pargneaux, auprès du Tribunal de Commerce Valenciennes Avesnes, est rejeté. Ledit Tribunal de Commerce ne reconnaît pas le caractère d’urgence. Toutefois, de source interne au Tribunal de Commerce de Valenciennes-Avesnes, le dossier « était recevable sur le fond. La demande de Gilles Pargneaux était fondée. » Concrètement, par la voie normale, le Tribunal de Commerce de Valenciennes-Avesnes aurait pris en compte cette demande.
3° L’actionnaire unique de la SASU révoque Gilles Pargneaux de la présidence le 22 octobre 2025, mais ce dernier démissionne également suite à la demande l’actionnaire unique.
Gilles Pargneaux était-il déçu à ce moment, il faudrait lui demander ! Gilles Pargneaux était-il un prête-nom ou un homme de paille ? Cela crève l’écran et pourrait ne pas convenir à tout le monde.
Entre deux épisodes…
Pour comprendre la suite et plus de chiffres, il faut poser sur la table quelques données spécifiques. En effet, un club de sport PRO peut connaître quelques particularités. En l’espèce, « notre billetterie des matchs à domicile ne nous permet pas de fonctionner en terme de recettes toute l’année. J’assume une moyenne de 12 € la place, car nous sommes à Denain. Je préfère une rencontre à guichet fermé, à chaque fois (une réalité), que de jouer dans une salle vide », déclare Medhi Chalah. Concrètement, le club valide au compteur 2025/2026 environ 600 abonnés, 350 licenciés avec une place gratuite à chaque match, 300 à 400 VIP (partenaires et normalement un nombre places conventionnés) sur un complexe sportif de 2 100 places au total.
Par suite, le paiement des fournisseurs/prestataires dépend, d’une subvention publique, et surtout des partenaires privés. Sur un budget présenté à la DNCCG en juin 2025 (saison 2025/2206) de 2 880 000 euros, un apport de 1 830 000 euros en sponsoring privé est annoncé et à réaliser au final. Evidemment, le contexte global économique s’est détérioré et un partenaire ne paye, ou quasi, plus jamais en une fois, voire même plus à date d’un échéancier. Donc, au bout de la chaîne les prestataires attendent, « mais ils connaissent notre mode de fonctionnement tout comme les agents de joueurs », précise Médhi Chalah. Je rappelle qu’une facture, selon le Code du commerce, est exigible à 30 jours entre deux professionnels sauf convention express entre les parties sur les modalités de paiement.
Sur le volet recettes, aucun partenaire n’a signé une convention cadre avec la SASU « Denain Voltaire Basket » avec le montant, un échéancier et une souplesse prévue si nécessaire ; pas plus ceux qui ont la double casquette partenaires/prestataires de service…
Et même pour des conventions qui sont de bon sens, la SASU n’a pas pris en compte certaines particularités. Sur le volet purement administratif et sans sous-entendu financier, le partenaire « Terrenvie » espace verts, dont le patron est Gilles Guignet, Président éphémère de la SASU, n’a pas signé de convention au titre de partenaire de la SASU pour un éventuel intérêt entre lui, un membre de l’association (actionnaire unique), voire d’un dirigeant de la SASU. Tout en sachant que la Présidence (actionnaire unique) de ladite association est assurée par Yohan Senez, par ailleurs Directeur de cabinet sur la ville de Denain, et que Terrenvie espace verts est attributaire d’un marché public avec ladite collectivité locale.
Et non, la petite musique comme quoi la validation de la DNCCG est la caution de tout est erronée. Cette dernière, très sérieuse, valide un projet financier et examine son atterrissage à la fin de la saison. Ce n’est pas son rôle de vérifier, partenaire par partenaire, certaines modalités internes, voire obligatoires. La DNCCG n’est ni un contrôleur URSAAF, ni fiscal !
Episode 4, sous la présidence de Gilles Guignet
Ambiance irrespirable.
Comme dans l’épisode précédent, l’arrivée d’un chef d’entreprise à la tête de la SASU était une bonne idée. En effet, Gilles Guignet, patron de Terrenvie Espaces verts, partenaire du club, est un homme d’affaires aguerri avec un pied sur le territoire à travers des locaux.
Pas besoin d’être bon en basket pour diriger une entreprise sportive, il suffit d’appliquer des règles simples dans la gestion comptable. Par contre, une source interne précise : « Le choix d’une prise temporaire de la gouvernance du club est validée dès son arrivée. Elle n’ira pas au delà des élections municipales (voire maximum deux ans). » Chose faite, puisque Gilles Guignet démissionne le 13 mars 2026.
Première différence avec Gilles Pargneaux, Gilles Guignet a accès à certaines pièces comptables du club, à un point de trésorerie régulier, même si une certaine opacité régnait encore. « Tous les documents passaient d’abord par une tierce personne avant que le Président Guignet consultent ces derniers », indique une source du club. Pour autant, il essaye de modifier certaines choses dans la conduite financière du club où ses bénévoles, et ce n’est pas un scoop, sont les piliers de ce club attachant.
Sur cette présidence temporaire, Yohan Senez explique la position de l’actionnaire unique (l’association) : « Nous avons reçu une proposition d’un nouvel actionnariat par Gilles Guignet, avec notamment deux investisseurs. De plus, un courrier en date du 19 décembre 2025 m’a été adressé pour me demander de coopter un nouvel actionnaire, Alain Dee, ex Directeur Général du VAFC jusqu’en 2013. L’idée était d’ouvrir le capital, mais ce projet capitalistique proposé ne m’a pas agréé ! »
D’autres fournisseurs/prestataires auraient relancé le club (avant la démission de Gilles Guignet) pour des situations problématiques d’impayées, toujours Keolis en 2024/2025, mais cette fois pour les transports 2025/2026, Intersport, AXA Denain, le traiteur Dupont, l’agence 360 à Valenciennes, mais également les agents de joueurs d’où certaines tensions remarquées dans le vestiaire.
Des injonctions à payer ou factures en souffrance (mais pas de paiement au Tribunal de Commerce de Valenciennes) de certains fournisseurs seraient en cours, parfois avec un étalement trouvé. Sur ce point, Medhi Chalah répond : « Sur la saison 2025/2026, tous les prestataires/fournisseurs sont payés (à l’instant T ou avant le 30 juin ?) comme le traiteur Dupont, la société de sécurité Safe Security, le transporteur KEOLIS, et le distributeur Nike (Equinsport). Concernant les agents de joueurs, nous avons régularisé 2/3 des factures à payer. Ensuite, nous cessons de payer l’agent de Rémy Valin pour les deux années de contrat restants compte tenu que Rémy Valin à perdu aux Prud’hommes (en 1ère instance) ». En digression, mais si peu, Keolis aurait refusé d’assurer le dernier déplacement sur Hyères, le 08 mai 2026, et Denain Voltaire s’est déplacé en train, certainement un hasard… ! Soyons clair, Keolis est attributaire d’une DSP de transport public sur le Valenciennois, pas de vagues, l’intérêt supérieur d’un marché à ce niveau financier vaut bien quelques impayées sans suite, mais jusqu’à quel montant, car c’est aussi de l’argent public par ricochet ???
Ce qui est préservé à tout prix est le paiement des joueurs et du staff, mais le reste est renvoyé, souvent, à plus tard. Cela ne fonctionne pas comme cela dans une société de droit privé.
Evidemment, comme chef d’entreprise face à cette illisibilité économique au quotidien, Gilles Guignet essaye d’obtenir un point financier tangible, du concret comptable. Attention, les données ci-dessous (source expert comptable) sont le fruit d’une hypothèse comptable d’un atterrissage du partenariat privé à hauteur d’1 000 000 euros environ (sur 1 830 000 € déposé à la DNCCG), mais « nous arriverons au 30 juin 2026 à 1 500 000 euros (réalisable ?) », précise Médhi Chalah.
De source expert comptable en lien avec le paragraphe précédent, les chiffres sont alarmants : « 2ème semestre 2025 avec un prévisionnel de résultat de – 300 000 euros environ au 31 décembre 2025 et d’une prospective du 1er semestre 2026 avec un déficit de – 800 000 euros environ au 30 juin 2026. »
Episode 5, sous la Présidence de Medhi Chalah
L’ombre du soupçon !
Libéré de tout mandat électif (sur Roubaix), Medhi Chalah prend la Présidence de la SASU en mars 2026, conserve la Direction générale et est salarié du club, on ne peut cumuler plus de responsabilités au sens Droit des sociétés. Sur la forme, à la différence de Gilles Pargneaux totalement, et de Gilles Guignet partiellement, Medhi Chalah jouit d’un accès à tous les documents comptables du club en direct. C’est factuel, mais pas neutre.
A titre personnel, il bénéficie d’une rémunération dans la grille de la LNB, la « fourchette basse », dit Adam Amrane, un salarié du club à temps partiel versé sur le volet juridique. Le PDG est « excédé par les rumeurs sur les réseaux sociaux d’avantages en nature. Je n’ai pas de logement du club, ni de voiture du club. Hors rémunération, je n’ai qu’un portable Pro. Parfois, j’utilise même ma propre CB pour régler des factures (et se rembourser après) », assène-t-il.
Pour autant, si peu circule sur un logement, des voyages présumés à l’étranger sur le compte bancaire du club alimentent toujours la rumeur sur les réseaux sociaux et plus troublant une voiture. En effet, qui conduit réellement la Mercedez-Benz, immatriculée GV-821-PJ ? Le loueur officiel auprès de la concession Mercedez est l’entreprise « Allo Ambulances », basée sur Lille (et un lien de parenté direct avec un membre du STAFF administratif du club Denain Voltaire).
La mécanique budgétaire… du comblement du passif ?
En charge de la mutation juridique, complexe, entre la SASU « Denain Voltaire Basket » et la SCIC, Medhi Chalah détaille le budget à l’atterrissage qui sera présenté à la DNCCG en juin 2026. « Nous avons un budget de 230 000 pour l’administratif (hors joueurs et entraîneur) comprenant 4 ETP (Equivalent Temps Plein) dont certains imposés par la LNB, un Directeur Général, un Directeur financier et un intendant général ; puis 650 000 euros pour les joueurs (10 PRO + 2 stagiaires), 126 000 euros pour l’entraîneur et les 2 assistants, et 60 000 euros pour le Centre de formation et les deux surveillants pour 21 enfants au sein du Centre de Formation (obligation pour un club PRO). »
Fin mars 2026, le club annonce le projet de passage en SCIC dont la particularité est qu’elle est une société de Droit Privé avec au maximum 80 % de collectivités publiques et 20% de privé. De plus, les dividendes sont réinjectés dans le club. En clair, nous sommes un peu dans le mécénat ou l’engagement philanthropique d’entreprises privées. L’amour du club de Denain Voltaire peut attirer ce genre de profil tant il est l’image de Denain, mais le contexte économique n’est pas rassurant non plus. A ce stade, seul le club de l’ESBVA (basket féminin) de Villeneuve d’Ascq est passé en SCIC. « Cette SCIC peut rassurer les collectivités publiques dans la transparence sur l’utilisation de l’argent public, les partenaires privés aussi, et sans oublier les salariés (membre obligatoire d’un des 3 collèges, Public, Privé, Salariés) », indique Yohan Senez. Cette SCIC est un mixte entre une SCOOP (comme l’entreprise très médiatisée Duralex) et une SPL à l’instar du Centre aquatique de Saint-Amand les Eaux ou Stationnement à Valenciennes.
Certes, ce passage peut s’avérer très utile, mais la transition de la SASU « Denain Voltaire Basket » vers une SCIC constitue-t-elle un boulet financier que l’argent public des collectivités locales et territoriales n’a pas vocation à combler ? Non, un club Pro ne peut fonctionner en payant uniquement les salaires des joueurs, du staff et payer au lance-pierre, ou pas du tout, le reste du monde économique. De manière implacable, la cavalerie financière cesse à un moment donné.
Parfois, il faut chercher la solution la plus simple. Une prochaine délibération d’un Conseil municipal que nous connaissons pourrait nous donner le quantum du déficit. « Oui, ce sera une bouffée d’air (en trésorerie), mais dans le cadre d’une SCIC, c’est du capital et il n’est donc disponible (comptablement) qu’à hauteur de 50% », précise Medhi Chalah. Dans la pratique, on peut tout consommer en 15 jours pour régulariser les impayés illico et reconstituer ledit 50% dans les 12 mois à la fin de l’exercice comptable ou effectuer une recapitalisation, une spirale infernale bien connue et sans fin !
Après la DNCCG, quel avenir pour la SCIC ?
Et demain, la transparence totale ou le sommet de l’iceberg ?
L’exigence de transparence tient sur deux axes de bon sens. Compte tenu que la SASU « Denain Voltaire Basket » va réaliser une transition de son exploitation vers une SCIC, son bilan au 30 juin 2026, et plus encore son compte de résultat va donner toutes les informations aux futurs collectivités publiques entrantes au capital de la SCIC. En résumé, tout savoir de cette d’exploitation 2025/2026 de la SASU « Denain Voltaire Basket » devient essentielle dans cette étape importante pour le futur du basket PRO sur la ville de Denain.
Dans cette optique, après un précédent rendez-vous collectif en visio avec la DNCCG, la SASU « Denain Voltaire Basket » passe à titre individuel le 09 juin prochain devant cette instance avec un budget (2026/2027) global proposé, à la baisse, à hauteur de 2 570 000 euros. Le verdict de la DNCCG pourrait être positif selon les informations que l’on présente à cette dernière et surtout la perspective du passage en SCIC est pertinente pour les instances du basket PRO. Si sanction il y a, elle ne pourrait intervenir qu’en septembre au plus tôt.
En l’état, l’addition pour les nouvelles collectivités publiques actionnaires de cette SCIC sera-t-elle un renflouement (fourchette basse) de 300 000 à 400 000 euros, voire de 700 000 à 800 000 euros (fourchette haute) ??? Cet argent public suffirait-il pour remettre les compteurs à zéro, sans oublier un « Droit à Jouer (comme avec Gilles Pargneaux) » 2025/2026 à régler rapidement… cette fois ! Sans une gestion rationnelle, car la comptabilité est une science exacte, 1 +1 = 2 et pas 2,5 ou 3, il n’y a pas de lisibilité économique dans la gestion d’un club sportif. Sinon, vous faites du « Revolving » sans arrêt, du report de factures et à un moment donné, vous vous fracassez dans le mur de la dette !
N’oublions jamais que dans une SCIC, les collectivités publiques sont responsables, comme actionnaires, d’un passif ; le combler si nécessaire par une recapitalisation ou par une autre subvention publique (d’un non actionnaire), voire d’un nouveau partenariat privé bienveillant en bout de course.
Ne faisons pas comme si un Grand club comme « Denain Voltaire » pouvait ne pas mourir, l’USVO et le départ des sponsors vers le VAFC nous l’a prouvé en 2008, ne faisons pas comme si l’accident industriel publique de l’Union Hainaut Basket (La Porte du Hainaut) n’avait pas existé l’année suivante en mars 2009…
Et pour conclure positivement, la solution vérité des chiffres n’est-elle pas la meilleure ? En effet, un contrôle fiscal de cette SASU (Denain Voltaire Basket), pour sa seule année d’existence, pourrait faire sortir par le haut le club de cette « opacité présumée » avant le passage en SCIC. De plus, elle rassurerait aussi les 3 collèges de cette nouvelle entité juridique de Droit privé, les collectivités publiques, les partenaires privés et le collège des salariés.
L’urgence est absolue pour ce club mythique depuis 1947 afin que son existence coïncide avec un projet économique viable ET sportif !
Daniel Carlier/Directeur de Publication




















