1 000 jours contre la malbouffe pour les bébés et les familles
La thématique nationale des « 1 000 premiers jours de l’enfant » est apparue véritablement après la COVID et celle-ci s’est essaimée dans chaque petit bout de France. Sur celui de La Porte du Hainaut, elle s’est concrétisée via l’élaboration conjointe du Contrat Local de Santé et du Projet Alimentaire Territorial. Chemin faisant, une délibération communautaire s’est transformée concrètement sur le terrain à travers l’accompagnement des femmes enceintes et jeunes mamans plus vulnérables sur les 47 communes de la CAPH. Rendez-vous était donné au sein de la Ferme du Major à Raismes pour un bilan de cette 1ère opération « 1 000 jours pour savourer la vie ».

Aymeric Robin : « Vous incarnez ce choix utile pour la vie des gens »
Pour un petit dézoom, la période des 1000 jours démarre au 4ème mois de grossesse jusqu’au 2 ans de l’enfant. Durant cette période extraordinaire et déterminante pour le développement du bébé, son bien-être et celui de ses parents doit se construire comme un lego de santé avec les bonnes pièces qui s’emboîtent là où il faut. D’ailleurs, la période COVID a permis de remettre au goût du jour l’importance de la souveraineté alimentaire en lien direct avec une bonne alimentation, une meilleure santé et au final des indicateurs sanitaires locaux moins catastrophiques.
En parallèle, au coeur de la liste pléthorique des indicateurs de santé en souffrance sur l’arrondissement de Valenciennes, l’alimentation peu recommandée pour la santé, voire totalement malsaine, figure en haut de l’affiche des perturbateurs endocriniens.
Faites matcher les deux, 1 000 jours et malbouffe, là vous touchez du doigt un facteur déterminant dans le développement des maladies comme le diabète, l’infertilité, l’obésité avec des conséquences directes avec un taux de surmortalité très élevé sur ce bassin de vie, et le plus souvent en lien avec une précarité sociale très marquée.
« Pas seulement la distribution d’un panier de fruits/légumes », Nicolas Lebrun
Parfaitement identifié dans le Projet de Territoire de La Porte du Hainaut comprenant le CLS et le PAT évoqués précédemment, l’accompagnement de la population vers une alimentation saine et cuisinée devient de fait un objectif à atteindre. Comme souvent, il faut un déclic pour mettre en oeuvre un choix politique fort. Là, c’est l’élu communautaire de Trith-St-Léger, Christophe Vanhersecker, qui a levé le doigt dans l’hémicycle pour signaler une heureuse initiative sur la commune de Strasbourg. En effet, cette collectivité locale accompagne les femmes enceintes et les jeunes mamans à travers la fourniture récurrente d’un panier de fruits et légumes, mais pas seulement !
C’est pourquoi, La Porte du Hainaut a voté une expérimentation pour l’accompagnement « de 80 familles vulnérables sur les 47 communes de la CAPH. Attention, ce n’est pas seulement la distribution d’un panier de fruits/légumes, mais une sensibilisation à la cuisine, des ateliers… », commente Nicolas Lebrun, chef de projet alimentaire territorial.
Concrètement, pour la première session du mois d’avril à juillet 2026, 30 familles ont été accompagnées avec des ateliers dans les communes de Raismes, Denain, et Douchy-les-Mines. Ces dernières ont été fléchées par les CCAS, le Conseil départemental du Nord, et autres prescripteurs habituels.
Une deuxième session devrait s’ouvrir en septembre 2026 jusque janvier 2027, puis une autre du mois d’avril à juillet 2027 où « 50 familles (en plus des 30 précédentes) seront accompagnées dans le dispositif 1 000 jours pour savourer la vie ». L’heure du bilan de cette initiative arrivera fin 2027.
La Ferme du Major

Pour le Président de La Porte du Hainaut, ce dispositif d’accompagnement des femmes enceintes et jeunes mamans est très gratifiant. « Une délibération n’est que du papier. Vous incarnez ce choix utile pour la vie des gens. Réapprendre à cuisiner et ne plus utiliser des produits transformés grâce à un accès à des produits de qualité, cela contribue à une meilleure santé pour l’enfant et les parents », commente Aymeric Robin.
Cette matinée était consacrée aux ultimes recommandations, à la distribution pour chaque famille de matériel de cuisine d’une valeur de 90 euros (par colis), et à la visite du lieu de production de ses fruits et légumes bio. En effet, La Ferme du Major, un site maraîcher sur 16 hectares quasi « unique au Nord de Paris », rappelle le maire de Raismes, est à la manoeuvre pour concocter ces paniers de bien être alimentaire.
Dans le giron du Groupe ADELI, AGEVAL, Prim’Toit, ADECI, ex AJAR…, la Ferme du Major permet à des personnes en insertion professionnelle de cultiver ces produits maraichers.
Le Directeur d’AGEVAL souligne d’historiquement « nous étions tous des paysans. Cette matinée est consacrée à des ateliers, à la remise de matériel de cuisine, et à la visite de la Ferme du Major. » Cette fin de session suppose une poursuite de cette bonne pratique culinaire dans les familles accompagnées, car elles peuvent acheter ces paniers de fruits et légumes à des prix très accessibles à la Ferme du Major, voire chez les producteurs locaux sur le Valenciennois (Guide des Producteurs Locaux) https://www.va-infos.fr/2025/05/31/caph-cavm-57-producteurs-dans-le-guide-2025-des-producteurs-locaux-du-valenciennois/
Daniel Carlier




















