Pour sa conférence de rentrée politique, l’édile de Denain a passé en revue un début de mandat singulier, une période de confinement, une gestion sanitaire complexe, et pour autant une politique locale contrainte à la poursuite d’une dynamique, car stagner, c’est reculé, repartir, c’est avancé !

Anne-Lise Dufour : « Un début de mandat jamais connu »

L’élection du 15 mars denier avait réservé une surprise électorale dans le Denaisis où Sebastien Chenu (Rassemblement National) apparaissait comme un redoutable challenger face à la maire sortante. Et pourtant, Anne-Lise Dufour remporta dès le 1er tour cette échéance électorale, loin devant ses poursuivants, mais surtout avec un taux de participation proche des 50%, impressionnant ! « Les électrices et les électeurs ont voulu voter pour leur maire sans contestation, et dans un esprit de continuité des projets en cours à et venir », souligne Anne-Lise Dufour. En effet, compte tenu du Covid-19, cette élection locale a été tronquée totalement avec une prime sortant, mais malheureusement avec une participation famélique dans la plupart des communes compte tenu de cette pandémie mondiale…, et un confinement généralisé deux jours après.

La suite fut particulière pour tous les nouveaux maires de France élu(e) le 15 mars, ou pas d’ailleurs, compte tenu que les équipes en place 2014/2020 ont poursuivi le Job jusqu’au mois de mai. Si beaucoup fut écrit durant cette période de 55 jours inédite en France, la sortie ne fut pas non plus une partie de plaisir… !

« Les parents entendent tout et son contraire », Anne-Lise Dufour

Bien évidemment, cette période de 2ème vague sanitaire est préoccupante pour tous les premiers magistrats. « La situation sanitaire se tend. Nous avons de nouveau des cas Covid au Centre Hospitalier de Denain, la fermeture de la frontière belge, j’ai de nombreux messages quotidiens sur les réseaux sociaux, notamment des parents sur la situation à l’école », indique Anne-Lise Dufour.

A ce sujet, le Ministre de la Santé, compte tenu des dernières informations scientifiques, a annoncé un desserrement de l’étau sanitaire dans les écoles. Les enfants ne seraient pas contaminants entre eux, et très très faiblement vers un adulte. « Toutefois, les parents entendent tout et son contraire depuis un moment. Je peux comprendre leur inquiétude. Certains me disent que pour la 1ère fois ils vont faire l’école à la maison… ! Nous vivons un moment fragile. La page des vacances avec cette douce insouciance est passée. C’est un début de mandat jamais connu ! ».

Assurément, personne ne lit dans une boule de cristal, mais au regard des efforts planétaires concernant la recherche d’un vaccin, il est possible qu’un sésame sanitaire arrive dès 2021. Avec du recul, ce serait sans doute le vaccin le plus rapide de tous les temps où l’on cherche encore celui contre le Sida… !

« Nous n’avons jamais arrêté de travailler », Anne-Lise Dufour

En premier lieu, Anne-Lise Dufour met en exergue « dès le 15 mars à 20H, nous nous sommes remis au travail, tout en sachant que beaucoup de dossiers sont dans la continuité. En fait, nous n’avons jamais arrêté de travailler. Nous continuons à developper nos projets malgré le Covid-19. Croyez-vous que l’arrivée de l’entreprise Lesaffre s’est réalisée en quelques semaines, c’est un travail depuis des années. Bien sûr, comme souvent, j’ai signé une clause de confidentialité », commente Anne-Lise Dufour.

Et en même temps l’action privée… !

Pour Anne-Lise Dufour, le fait notable dans ce début de mandat 2020/2026 « est la concomitance entre l’action publique et l’action privée. Peu à peu, les dossiers privés viennent s’additionner à nos projets communaux ».

Pas de retard inexpliqué dans les projets !

Les rumeurs fleurissent sur des retards de chantiers divers et variés. Point par point, la première magistrate tient à battre en brèches ces allégations !

Pour le cinéma, l’édile a l’assurance de l’exploitant qu’il « sera ouvert avant le fin de l’année 2020. D’ailleurs, le chantier ne s’est pas arrêté pendant le confinement. Ensuite, je peux vous dire officiellement qu’une grande enseigne de restaurant sera présente au RDC de ce complexe cinématographique ».

Sur l’ancien site DIA, un restaurant chinois (type Wak Avenue Macarez à Valenciennes) doit venir s’installer prochainement tout comme l’extension d’une entreprise denaisienne avec 200 nouveaux emplois à la clé.

Sur la zone des Pierres Blanches, les sous-sols de l’ancien site d’Usinor sont surprenants d’incertitude. « On a découvert des véritables galerie en sous-sol, c’est la ligne Maginot ! », commente Anne-Lise Dufour. Cela entraîne mécaniquement un nouveau coût de dépollution de  » 5 à 7 millions d’euros. Ce surcoût devrait être pris en charge (en grande partie) par les collectivités publiques. Un dossier a déjà été déposé auprès de Xavier Bertrand (Président de région) qui l’a lui même relayé auprès du Préfet du Nord. Bien sûr, l’entreprise Grimonprez en sus des coûts déjà investis pour la dépollution (750 000 euros) ne peut prendre en charge la totalité de cette dépollution ».

Pour sa part, l’entreprise Lesaffre s’installera sur un autre secteur des Pierres Blanches « où des carottages seront effectués au préalable ».

Toujours au niveau du privée, des nouvelles annonces interviendront au « Conseil municipal du 13 octobre prochain. Par ailleurs, sur la zone Promoval, un acquéreur défaillant sur le Park a été remplacé avec le souhait d’un autre emplacement, donc nouveau permis de construire. Rien n’est simple à Denain »

Enfin, la discussion entre le Carrefour Denain et la ville continue sur la cession du parking « où nous souhaitons nous assurer de la faisabilité pour la commune d’organiser des manifestations. En toute état de cause, une rénovation lourde à l’intérieur du complexe et sur ce parking est envisagée par la direction de Carrefour », précise la maire.

«Un véritable centre-ville à Denain », Anne-Lise Dufour

Evidemment, les grands chantiers des collectivités ne s’arrêtent pas avec la poursuite du tout nouveau complexe aquatique (soutenu par la Porte du Hainaut) « prévu pour fin 2021 ».

Ensuite, la fameuse passerelle (fermée actuellement) reliant le Parc Zola et le futur centre aquatique est dans les tuyaux. « Nous avons obtenu un financement d’Etat d’1,2 millions d’euros pour cette rénovation où cette passerelle sera très sécurisée. Nous voulons une entrée de ville très moderne », poursuit-elle.

Le dossier de rénovation urbaine (ANRU2) poursuit son cours depuis la convention financière signée en juillet 2019. Après la refonte totale de la Place Gambetta, les quartiers concernés par ce Plan d’Etat vont connaître les premiers débuts de chantier, mais également l’émergence d’un centre-ville. En effet, comme beaucoup de villes minières, il n’existe pas de centre-ville à Denain. « Autour de la statue Villars, nous voulons créer un véritable centre-ville à Denain, un lieu central avec des terrasses etc. Les travaux débuteront dès 2021 pour une durée d’environ une année comme pour la Place Gambetta », commente Anne-Lise Dufour.

« De la sérénité et de la sécurité à Denain », Anne-Lise Dufour

Dans les nouveaux services intégrés dans le programme de la candidate, un service de « proximité avec les usagers. Bientôt, un numéro vert, comme pour la Police Municipale, sera à disposition pour souligner un problème. Ce service devra intervenir rapidement, voire expliquer aux habitants l’origine, etc. », précise la maire.

Un autre cheval de bataille est la sécurité à Denain avec l’ajout de 70 nouvelles caméras, soient au total 420. « Sur certaines, on pourra intégrer des radars sonores en plus avec un petit haut-parleur pour diffuser des messages », indique Anne-Lise Dufour.

Bien sûr, l’effectif de la Police municipale à Denain constitue un point central. « Nous allons augmenter nos effectifs de 2 nouveaux agents pour atteindre 15 agents de terrain. Ensuite, un maître-chien est prévu dans les prochains. C’est très dissuasif devant un effet de foule ! »

Enfin, une brigade verte est également dans les embauches prévues durant ce mandat.

La question qui taraude le lecteur est comment finance-t-on cette hausse de la masse salariale ?

« Nous récupérons des marges de manoeuvre avec la TEOM en 2021 », Anne-Lise Dufour

L’édile de la commune, et ex candidate à la Présidence de la CAPH, se félicite de la mise en oeuvre de la TEOM (Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères) par la Porte du Hainaut :  » Nous sommes dans les 29 communes qui continuaient de payer une subvention pour ce service. Nous économisons 70 000 euros par an, plus la GEPU (Gestion des Eaux Pluviales Urbaines) pris en charge par La Porte du Hainaut, 260 000 euros par an, et enfin le simple dégel du FPIC (Fonds de péréquation) fera repartir à la hausse cette subvention. Cela nous amène à 450 000 € de moins coûtant par an. Cette TEOM en 2021 amène de nouvelles marges de manoeuvres pour les communes « .

« Je prendrai mes responsabilités », Anne-Lise Dufour

En évoquant la prochaine mise en place de vitraux au sein de l’église Saint-Martin, le sujet épineux de l’ancienne église du Sacré-Coeur est venu sur la table. « Nous avons mis 500 000 € au budget pour des études. Je souhaite que nous puissions réaliser un projet sur cet édifice. Néanmoins, si nous constations qu’il n’était pas possible de restaurer ce bâtiment, il faudrait en tirer toutes les conséquences. Je ne vais pas engloutir 20 millions d’euros dans une rénovation, sauf mécénat, loto du patrimoine… !  Si la sécurité des personnes est en jeu, je prendrai mes responsabilités », déclare la maire sur ce sujet très électrique.

Bientôt le « Villars Express »

Evidemment, le mandat encore en cours de Présidente du SIMOUV (Autorité Organisatrice de Mobilité) en charge du transport public pour quelques jours n’est pas neutre. « C’est un mandat que j’ai beaucoup apprécié. Je ne connaissais pas le transport public. Je pense avoir un bon bilan avec le paiement des lignes T1 et T2, et la gratuité du transport pour les moins de 25 ans. Compte tenu de l’alternance de la présidence entre les agglo, je ne suis plus déléguée communautaire au SIMOUV. Néanmoins, je vais inaugurer la navette gratuite sur Denain (après Valenciennes et Saint-Amand-les-Eaux) baptisée le « Villars Express ». Elle débutera son parcours en étoile, 4 boucles comprenant 18 stations au total, mais l’objectif est de ramener le plus vite possible les usagers au centre-ville », explique l’édile de Denain.

Une étape du Tour de France à Denain

Plusieurs événements cyclistes arrivent sur la ville feumière. En effet, le 25 octobre 2020 se déroulera le « Denain-Roubaix féminin. Ensuite, Denain devrait être retenue comme ville étape pour le Tour de France 2021 ou 2022. Nous avons bon espoir pour que cela devienne réalité », conclut Anne-Lise Dufour.

Daniel Carlier

Publié par Daniel Carlier le 19 septembre 2020
Anne Lise Dufour Denain
(Denain) Anne-Lise Dufour « j’ai 2,3 choses à vous dire ! »
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