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Combattre les stéréotypes dès la 6ème avec « Nous Toutes 59 Valenciennois »

En amont de la visite du Premier ministre et du Garde des Sceaux, vendredi dernier, l’association « Nous Toutes 59 » réalisait ses premières interventions dans les classes de 6ème du collège Turgot à Denain. L’objet de cette première session assurée par Betty Rygielski reposait sur la compréhension d’un stéréotype de toute nature. Indubitablement, les échanges entre l’intervenante et les élèves furent édifiants. Certes, le chemin est long, mais la sortie du tunnel est (encore) possible pour des écoliers en 6ème.

Betty Rygielski : « Nous interviendrons, en 4 sessions, sur 4 thématiques : Les stéréotypes, la violence, le harcèlement, et l’égalité »

Faire comprendre le sens d’un stéréotype autour d’une idée toute faite sur un groupe de personne. L’exercice est aussi complexe que le nombre d’idées préconçues ! C’est pourquoi, plus l’échange s’installe jeune, plus la réflexion sur certains stéréotypes peut être modifiée. « J’ai commencé à réfléchir à tout cela il y a 5 à 6 ans. Vous avez 30 ans d’avance sur moi. Vous allez changer le monde ! Nous interviendrons dans ce collège, en 4 sessions, sur 4 thématiques : Les stéréotypes, la violence, le harcèlement, et l’égalité », entame Betty Rygielski, avocate et présidente de l’association Nous Toutes 59 Valenciennois. Avant la fin de cette année scolaire, deux membres de l’association, Betty Rygielski et Fiona Verstichel, éducatrice par ailleurs,  seront intervenus à titre bénévole dans l’ensemble des classes de 6ème du Collège Turgot à Denain, soit plus d’une centaine d’écoliers.

Si toutes les 6ème de ce collège du Denaisis entendent le même discours…« à force d’entendre les mêmes propos, les choses vont changer », commente Betty Rygielski.

« Je sème des petites graines », Betty Rygielski

La séance interactive commence au sein de la 6ème « Tourcoing » par une simple question : « Qu’est-ce qu’un stéréotype ? ». Les réponses fusent au sein de cette classe de 6ème. D’ailleurs, l’enseignante, Alice Lesieur, met en exergue « on sent qu’il y a des échanges dans les familles, on discute ».

Les commentaires tombent sur les métiers d’hommes et de femmes, l’homme fort, la femme faible, les sports d’hommes et de femmes, les taches ménagères dédiées au femmes…, la liste est interminable. Dès la 6ème, donc 11 ans en moyenne, les idées reçues sont là. Néanmoins, l’intervention de Betty Rygielski détruit chaque stéréotype, chaque jugement sans verdict, chaque champ de blé semé. « Je sème des petites graines », répète-t-elle inlassablement. En fait, le stéréotype est une graine-OGM, on connaît le résultat alimentaire, mais on ne connaît pas sa composition.

A force d’arguments, d’exemples concrets, on s’aperçoit que les auditeurs, 20 élèves (11 garçons et 9 filles) écoutent. Le message arrive encore à se frayer un passage pour les faire réfléchir, le coté éponge peut sur le temps long agir sur ce public non laminé par les idées reçues. « Vous n’êtes pas des robots », souligne avec force l’intervenante.

« Nous avons travaillé sur le film Billy Elliot », Alice Lesieur

« Nous avons déjà travaillé sur Billy Elliot avant cette intervention », explique l’enseignante. Incontestablement, c’est le film référence sur le sujet des idées reçues, un film anglais dont le nom « Billy Elliot » frappe notre inconscient collectif. Autour du choix de s’inscrire dans une carrière de danseur, l’histoire de cette famille anglaise est poignante par les interprétations du jeune Billy Elliot, et peut-être plus encore par l’interprétation époustouflante du rôle du père de Billy. Ecartelé entre ses convictions, son souhait de voir son fils trouver à terme un emploi dans une Angleterre avec si peu de protection sociale, il passe de sa conviction la plus profonde à l’adhésion la plus farouche afin de soutenir la quête de son fils. C’est là où la performance est fabuleuse, car à aucun moment,  vous ne pouvez mettre l’étiquette de mauvais père, ni maltraitance, ni harcèlement, ni indifférence, c’est un père très concerné, attentif, mais qui véhicule un pot-pourri des stéréotypes…. de base !

Oui, un stéréotype ancré dans une famille peut modifier le cours de votre vie, c’est la composition du cocktail bien connu du rejet d’une catégorie de personnes. « Un stéréotype peut briser des rêves. Il n’y a pas de race, nous sommes tous de l’espèce humaine », déclare Betty Rygielski.

Des jeux pour garçons et filles

Le monde du jouet a aussi pris la mesure de cette appétence à déconstruire des stéréotypes. En témoigne la légendaire poupée Barbie avec sa gamme de Barbie habillée comme une astronaute, une boxeuse, etc., avec la légende simple « You can be anything ».

Betty Rygielski avait ramené différents jeux où les élèves garçons ont changé une couche d’un bébé (factice), les filles ont joué aux voitures, histoire de mélanger les gestes !

Après 4 séances dans les classes de 6ème du collège Turgot à Denain, gageons que ces élèves retiendront des mots, une capacité de jugement même au sein d’un phénomène de groupe, une pensée ouverte et sans idée reçue, les stéréotypes au placard…, voilà un bon slogan de fin d’étude civique !

Daniel Carlier

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