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(Aéroport) Des cellules photovoltaïques au service d’un territoire

Après une interpellation dans la presse locale par Christophe Venhersecker et Quentin Omont sur la prochaine implantation de cellules photovoltaïques sur le site de l’aéroport de Valenciennes-Denain, le Président du syndicat mixte de gestion de l’aéroport, Jacques Schneider, défend ce projet point par point.

(Aéroport) Jacques Schneider : « Il n’y a aucun argent public dans ce projet de cellules photovoltaïques »

Concernant un courrier adressé aux présidences des agglo, et Syndicat mixte de gestion de l’aéroport, par les élus communautaires, Jacques Schneider répond : « Christophe Venhersecker (LFI) et Quentin Omont (EELV) sont tout à fait dans leur rôle de s’inquiéter d’un tel projet. Pour autant, je vais répondre à leurs interrogations ». https://www.va-infos.fr/2021/04/08/une-occasion-ratee-pour-lecologie-participative-sur-laeroport-valenciennes-denain/)

Dans un premier temps, Jacques Schneider tient à mettre en exergue que l’implantation de cellules photovoltaïques fait consensus. « Ces élus reconnaissent notre volonté de changer d’attitude concernant les énergies alternatives. De plus, cette implantation s’étend sur environ 30 hectares sur un terrain où il ne peut pas y avoir de hangar, pas de piste d’atterrissage ou de terrains agricoles », commente-t-il. On classe techniquement ce foncier non bâti en délaissé se transformant à travers ce projet par une surface écologiquement… utile !

Concernant l’absence de voisinage perturbé, gage d’une zone de test pour Christophe Venhersecker et Quentin Omont, le Président du syndicat avance un autre mode de pensée. « Il faut justement inverser la réflexion, il faut plus associer la population quand vous avez une proximité et des nuisances. Là, nous avons eu l’aval de l’aviation civile. Certes l’entreprise fait du profit en revendant l’électricité produite à EDF, mais nous pouvons donc accueillir un projet où une entreprise va créer de l’emploi dans la maintenance, payer un loyer et participer au développement économique du territoire ».

Des entreprises spécialisées… !

La chasse à l’espace foncier disponible est devenue un sport national voire même sur le volet écologique où ce syndicat mixte fut contacté par des entreprises spécialisées dans l’implantation de cellules photovoltaïques sur des terrains d’aviation.

« J’entends bien la remarque sur un projet coopératif, mais ce syndicat est composé de 12 élus communautaires (6 CAPH, 6 CAVM) représentant les agglos avec des compétences obligatoires comme le développement économique et l’aménagement du territoire (compétence dévolue aussi au SIMOUV/VP Arnaud Bavay). Ensuite, ils se trompent sur le besoin de non développement des aéroports, ils parlent de grands aéroports avec des lignes régulières. Ce n’est pas notre cas, il n’y a pas de lignes régulières et il n’y en aura jamais, notre piste de 1700 mètres est trop courte. Par contre, nous avons des grands comptes (entreprises) plus des PME en sous-traitance avec des besoins pour les décideurs de se déplacer plus vite. Cet aéroport est également utilisé par les politiques puisque j’ai accueilli le Président de la République à l’occasion de son déplacement à Valenciennes ».

« pas voulu utiliser la totalité de la surface », Jacques Schneider

Ensuite, il remet en perpective la réalité du projet où les agglo n’investissent pas du tout. « Il n’y a aucun argent public dans ce projet de cellules photovoltaïques. Il y a seulement une mise à disposition d’un terrain d’environ 30 hectares contre une redevance. Ainsi, nous avons lancé un appel à projets en 2020 avec 4 dossiers déposés. Evidemment, nous ne sommes pas des experts en panneaux photovoltaïques, c’est pourquoi nous avons pris une AMO technique et juridique pour nous accompagner dans notre choix. L’entreprise retenue a été choisie en janvier 2021. Je signale que nous n’avons pas reçu de projets soutenus par les banques mentionnées par Christophe Venhersecker et Quentin Omont », explique le Président.

Quels sont les critères qui ont guidé le choix de NEOEN ? Là est la question, car le volet environnemental est important. « Je souligne que l’entreprise NEOEN n’a pas voulu utiliser la totalité de la surface afin de protéger certains espaces de biodiversité, les cellules photovoltaïques sont également moins serrées que sur les autres projets », ajoute-t-il.

5 ans de redevance en une fois pour des travaux 

Bien sûr, le volet économique est omniprésent dans le choix des élus communautaires du syndicat mixte de gestion de l’aérodrome. « NEOEN va verser durant 30 ans une redevance annuelle de 212 400 €, mais également en une fois les cinq premières années de redevance soit plus d’un million d’euros. Cette somme importante va nous permettre de changer l’éclairage par des lampes LED, moins énergivores, mais également permettre la rénovation, à moyen terme indispensable, de la piste existante », commente Jacques Schneider.

Ce projet va alimenter de facto les caisses de ce syndicat mixte de gestion de l’aéroport, mais pas seulement puisque la Porte du Hainaut va toucher 40 000 € annuel au titre de la CFE et Valenciennes Métropole 10 000 € annuel au titre de la CFE. Ensuite, les communes au titre du foncier non bâti concerné toucheront 10 000 € annuel pour Trith-st-Léger et 2 500 € pour la commune de Prouvy. « Si nous avions entrepris un projet coopératif beaucoup plus long à mettre en oeuvre, nous serions passés à coté, car la concurrence est forte ! », mentionne le Président.

En terme de temporalité, le projet entame une étape administrative lourde avec une étude environnementale en deux phases, une première jusque septembre 2021, et une seconde jusqu’au printemps 2022. « Ces études environnementales sur une année, soit deux saisons pour voir les réactions écologiques sur la faune et la flore, doivent être transmises avec le dépôt du permis de construire. Elles seront sur cette durée très crédibles. Ensuite, je pense que le dépôt de permis de construire sera effectué d’ici fin 2022. Par contre, cette étude ne sera pas rendue publique, car il n’y a pas d’agrandissement de l’aéroport et la rénovation est celle de la piste existante, pas une extension. Enfin, ce projet ne sera pas remis en cause ».

En l’espèce, nous sommes clairement en présence d’un coup parti. Après la publicité de ce projet vers le grand public avant le choix des élus est une autre question posée. Là également, la réponse fuse puisque «  ce projet est choisi à travers un modèle de démocratie représentative. Christophe Venhersecker et Quentin Omont parlent plus de démocratie directe. C’est un autre modèle de société ! ».

Daniel Carlier

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