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Salaire, filière industrielle, retraite, le sens d’une mobilisation ce jeudi 29 septembre…

La rentrée sociale est plus tardive que d’habitude, un peu à l’image du retour des parlementaires dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale après un mois de juillet électrique, comme si l’accumulation d’une pandémie et d’une double échéance électorale avait sonné tout le monde, besoin de souffler ! Néanmoins, les problématiques sociales ne se sont pas évaporées par enchantement et se traduisent sur le terrain pour une immense majorité des françaises et des français. Dans ce cadre, une mobilisation syndicale est prévue au niveau national, ce jeudi 29 septembre, avec une déclinaison dans de nombreuses villes comme à Valenciennes sur la Place d’Armes dès 10 H du matin.

Emile Vendeville : « Rien n’a bougé pour les salariés depuis les constats durant la Covid, ni pour ceux en 1ère ligne, ni en 2ème »

Même si le prix du carburant connaît une baisse spectaculaire durant ce mois de septembre, la hausse du coût de l’énergie dans les foyers, l’augmentation des prix de l’alimentaire, les produits d’hygiène…, et de tous les services en général donne le tournis aux consommateurs et plonge le quidam dans l’incertitude, le stress de la fin du mois.

Emile Vendeville, secrétaire de la section CGT Valenciennes, affiche son inquiétude : « Les fonctionnaires, malgré une hausse de 3,5%, voient leur pouvoir d’achat réduit face à l’inflation de fait deux fois supérieure. De même, rien n’a bougé pour les salariés depuis les constats durant la Covid, ni pour ceux en 1ère ligne, ni en 2ème ! En Belgique ou en Allemagne, il y a au moins une corrélation, même partielle, entre la hausse des prix et les salaires », commente Emile Vendeville, secrétaire de l’union local CGT de Valenciennes.

Evidemment, le sujet de la réforme des retraites est dans tous les esprits. Peu importe la temporalité du sujet traité, les travailleurs seront au rendez-vous contre l’allongement du départ à la retraite.

L’industrie lourde française en danger… !

Concernant l’industrie, les sujets de fond ne sont pas assez développés, voire pas du tout abordés, par les acteurs politiques au goût de Ludovic Bouvier, responsable régional USTMM. Evidemment, en tête de gondole, l’impact du coût énergétique pour les entreprises dans l’industrie française est phénoménal, car pour rappel, les entreprises tout comme les collectivités publiques ne bénéficient par du bouclier tarifaire.

La direction d’Ascoval a annoncé que l’entreprise diminuerait sa production de 50% en octobre, novembre, et décembre, mais également que les syndicats acceptaient le travail de nuit afin de diminuer la facture énergétique pour l’entreprise. « L’entreprise Val’Dunes est concernée également à  Leffrinckoucke comme sur Trith-st-Léger, la direction annonce un arrêt total de la production en décembre 2022 », commente Ludovic Bouvier, responsable régional CGT Métallurgie.

Toutefois, il ne croit guère à l’incapacité pour les grands groupes de payer leurs factures « cela diminue leur rentabilité, c’est tout. On voit très bien ce qu’il se passe sur le marché boursier, les profits explosent compte tenu de la hausse des matières. Bien sûr, on ne confond pas cette situation avec les PME/TPE pour lesquelles le coût énergétique est très compliqué », poursuit Ludovic Bouvier. A noter que certains dispositifs d’Etat sont en place pour les PME/TPE afin de bénéficier d’un fonds de soutien sur ce sujet.

La double peine du moteur électrique

Oui, à l’heure où l’énergie fossile est décriée avec un vote de l’Union européenne validant la fin des moteurs thermiques, et hybrides, en Europe d’ici 2035, les conséquences sont lisibles à long terme. « Il y a deux paramètres à prendre en compte. Premièrement, la fabrication d’un moteur électrique nécessite entre 40 et 50% de personnes en moins. Ensuite, les grandes constructeurs français pour fabriquer leur moteurs thermiques pour le reste du monde vont délocaliser leurs usines hors de l’Europe », souligne Ludovic Bouvier.

Il ne faut point être devin pour deviner que l’impact sur un territoire comme le Grand Hainaut avec PSA Valenciennes et des boîtes de vitesse obsolètes, Sevelnord, Toyota Onnaing, voire Renault Douai, MCA Maubeuge, sont l’oeil du cyclone. Sans une reconversion massive avec des nouvelles industries à la clé, etc., le Valenciennois risque de connaître sont 3ème tsunami de l’emploi après la fermeture des puits de mine, puis d’USINOR…

La convention nationale

Complètement sous les radars médiatiques, la négociation dans l’industrie lourde d’une convention collective nationale afin de supprimer les accords sectoriels pléthoriques est sur la table. Si l’idée est vertueuse au premier abord avec un toilettage nécessaire et moderne des conventions collectives, car ces écrits pourraient tirer vers le haut un salariat industriel dans un milieu ayant toutes les difficultés pour recruter, elle convention pourrait aussi déboucher sur un accord non partagé par l’ensemble des syndicats, voire par aucun, avec un résultat dévastateur pour l’industrie lourde française.

Même si comme d’habitude, il faudra attendre les toutes dernières semaines avant la mouture définitive d’un accord national, le chemin emprunté à ce stade ne va pas dans ce sens du tout. « Le taux horaire pourrait baisser, et les salariés pourraient par un jeu de prime financer eux-mêmes leur propre hausse de salaire », ajoute-t-il. Le principe est très complexe, mais si les lignes ne bougent pas d’ici le 01 janvier 2024, une levée de bouclier dans la production industrielle sera inévitable. Bruno Lemaire peut s’attendre à un cauchemar social si rien ne bouge.

« Le Valenciennois est en grand danger », Emile Vendeville

Les élus aiment rappeler que le Valenciennois est encore un territoire avec une présence significative industrielle, la plus forte après celle de l’Ile de France. Cette réalité est à relativiser à moyen terme où Alstom, pour la filière ferroviaire, a aujourd’hui comme premier actionnaire l’équivalent de la Caisse des Dépôts du Québec, via le producteur Bombardier, sans oublier la filière automobile évoquée ci-dessus. Les grandes décisions doivent se prendre très rapidement avec de nouvelles filières industrielles à venir afin de pallier la baisse inévitable des deux secteurs fleurons du Valenciennois. 

Emile Vendeville résume parfaitement l’état des lieux : « Le Valenciennois est en grand danger avec une diminution massive à moyen et à long terme des emplois industriels ». Le rendez-vous est donné par les syndicats CGT, FSU, et Solidaire pour cette mobilisation le jeudi 29 septembre 2022 à Valenciennes, sur la Place d’Armes à 10h.

Daniel Carlier

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