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Fabien Roussel : « Le pire de la réforme des retraites… promulgué »

Après l’annonce par le Conseil constitutionnel de la conformité partielle (six point rejetés) en Droit de la loi portant sur la Réforme des Retraites ce vendredi 14 avril, sa promulgation manu militari ce samedi 15 avril, les réactions politiques fleurissent ici comme ailleurs. Sur le Valenciennois, les élus communistes, en compagnie du député et secrétaire réélu du PCF Fabien Roussel, ont voulu porter une parole commune sur cette issue démocratique, mais également sur l’état des collectivités locales au sein d’un arrondissement en paupérisation glissante.

Fabien Roussel : « La bataille n’est pas finie ! »

Le premier sujet reposait évidemment sur cette annonce du Conseil constitutionnel, vendredi 14 avril 18H, comme un couperet. Rarement dans l’histoire de la 5ème République, le verdict des neuf Sages était aussi attendu, voire redouté. La résultat s’est inscrit dans les pronostics les plus courus, celui d’une censure partielle « où le Conseil constitutionnel retire les six articles les plus sociaux de ce projet de loi. On regrette le choix du Conseil constitutionnel, mais on le respecte. Mais au final, c’est le pire de la réforme des retraites », tance Fabien Roussel.

Ensuite, la promulgation de nuit est aussi « un double choc, promulgué en catimini, comme des voleurs, ce sont des méthodes voyous ! », renchérit le député du 20ème siècle.

Bien sûr, le sujet est le jour d’après… ! Sur ce point, le secrétaire du PCF est affirmatif : « L’intersyndicale tient. Il faut une réaction forte et non violente. D’ailleurs, cette dernière lance un appel pour le 01 mai soit le plus massif jamais vu en France », poursuit-il. Certes, le volet manifestation est une chose, le combat parlementaire une autre.

« Nous déposerons un amendement pour le retour à 62 ans durant le prochain budget », Fabien Roussel

En effet, le combat parlementaire n’est pas éteint malgré le refus du RIP (Référendum d’initiative Parlementaire) par le Conseil constitutionnel. Ce denier doit rendre son avis, le 03 mai prochain, sur la deuxième version du RIP, plus musclé sur le volet dépenses/recettes. Pour autant, rien ne s’arrêtera à cette date : « Nous pouvons déposer un RIP avant l’avis le Conseil constitutionnel et un an après. Nous redéposerons donc un RIP en avril 2024. Enfin, (comme un scoop) nous déposerons un amendement pour le retour à 62 ans durant le prochain budget ; on verra si le Gouvernement tient une majorité ! », conclut-il.

En parallèle, il tamponne les propos du Rassemblement National suite à l’avis du Conseil constitutionnel : « Nous, on attend pas 2027 pour aider les travailleurs, c’est maintenant qu’ils veulent du changement ! ».

Un appel des élus du Valenciennois

A cette conférence de presse étaient présents des élus communistes du Valenciennois, des maires , conseillers départementaux, et sénatrice, chacun veut porter cette singularité territoriale. Isabelle Choain, la maire de Prouvy, cite un exemple de terrain « les resto du coeur sur le Valenciennois enregistre une hausse de 20% des demandes pour la campagne d’été. C’est très significatif d’une grande précarité sur le Valenciennois ».

Pour sa part, le maire d’Onnaing reste sonné : « Les Françaises et Français ont pris un coup de batte de baseball dans la figure et sur un des territoires les plus pauvres de France. Notre situation locale est dramatique ».

Le Conseiller départemental, Jean-Claude Dulieu, ramène cette souffrance des collectivités locales à l’impact sur l’emploi : « Les communes doivent réduire, reporter, voire annuler des projets d’investissements. Cette situation est néfaste pour les entreprises de proximité ». Ensuite, il appuie sur le volet énergétique, là où les communes mangent la réserve financière, leur autofinancement, mais « compte tenu que les prix de l’électricité et du gaz baissent, mais que nous ne voyons rien venir. Pourrait-on parler de scandale de l’énergie ? », ajoute-t-il.

Le député de la 20ème renchérit « on se fait voler par tous les bouts, notamment les fournisseurs privés. (Sobriété en cours), on consomme moins et on paye plus cher ! ».

La sénatrice, Michele Greaume, appuie sur le volet social. « C’est la double peine avec cette Réforme des Retraites venant s’ajouter à la réforme du chômage. Tout ceci va ramener des gens vers le RSA où le Conseil départemental du Nord n’est pas compensé intégralement. Par suite, des prestations sociales vont en pâtir ».

Sur la même ligne, Bruno Saligot, le maire d’Escaudain, insiste sur le manque de « connexion avec la population, ils sont déconnectés de la réalité. Les fonds de réserve des communes sont épuisés, nous avons payé 850 000 euros de plus sur notre facture énergie ». A ce titre, Fabien Roussel réclame un bouclier tarifaire pour les communes au même titre que les particuliers jusqu’au 31 décembre 2022.

Isabelle Denizon, conseillère départementale, critique le principe du chèque alimentaire : « Ce n’est pas ce qu’attendent les citoyennes et les citoyens. Non, il faut vivre de son travail avec une juste rémunération ». En collaboration étroite avec les communes, elle confirme que les collectivités locale sont à l’os : « Elles ont puisé dans leurs économies, le budget 2024 ne passera pas si rien ne change ».

Enfin, Pascal Jean, maire de Neuville-sur-Escaut, ajoute « une hausse de 3,5% des salaires, certes justifiées, mais non compensées par l’Etat. Ma DGF a diminué de 70% en 10 ans. Plus de 900 maires ont démissionné de leur fonction depuis 2020. Qui voudra s’engager en 2026 ? ».

Tout cela se résume dans une demande très concrète pour Fabien Roussel : « Il faut expulser le locataire de l’Elysée actuel »

Daniel Carlier

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