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La campagne européenne démarre par la polémique du drapeau

On se demandait quel serait le premier fait d’armes politique marquant le début des hostilités pour la prochaine élection européenne en juin 2024 ? On l’a trouvé, la majorité présidentielle lance une thématique piège, l’obligation (éventuelle) d’arborer les drapeaux français et européen sur la façade des mairies. La ficelle est tellement grosse que La France Insoumise se prend les pieds dans le tapis et piétine les derniers espoirs d’une liste d’union de la gauche en juin 2024 (visuel DR).

Nous étions partis sur un rabibochage de façade avec un Président de la Commission des Finances (LFI) nous disant en substance : « Nos points communs (avec EELV et le P.S) sont plus importants que nos différences sur l’Europe ». Pour être cohérent politiquement sur le dossier européen, Eric Coquerel pourrait prétendre à la médaille d’or olympique de la mauvaise foi…, mais sur un malentendu cela pouvait le faire !

En effet, à l’instar du Rassemblement National, cette institution européenne ne répond en rien aux lignes politiques du parti LFI, comme l’autre parti anti-européen de l’hémicycle le RN qui pourtant a fini en tête des dernières élections européennes en 2019 d’une courte avance devant le parti présidentiel. Pour le moins, l’extrême gauche comme l’extrême droite partagent leur aversion pour l’Europe des 27 aujourd’hui et il n’y a jamais assez d’objurgations contre cette union européenne pour ces deux partis politiques. Toutefois, nous entendons beaucoup moins claironner Marine Le Pen sur les bienfaits du Brexit, un enfumage de premier ordre Outre-Manche !

Ensuite, un conseiller politique après un brainstorming d’au moins dix minutes, au regard de la NUPES en conflit interne soutenu, a trouvé facilement comment mettre une peau de banane sur la route de La France Insoumise… et hop, l’Europdéputée Manon Aubry parle de « forfaiture démocratique » à l’endroit du référendum de 2005… ! EELV réplique par l’intermédiaire de Yannik Jadot, puis l’autre député européen Raphaël Glucksmann (Place Publique) s’est engouffré dans la brèche pour jeter aux orties le plus petit dénominateur commun sur l’Europe.

Bref, une bouteille à la mer discutée en soirée au sein de l’Assemblée nationale dont le résultat n’a aucune espèce d’importance aux yeux de ces auteurs, les dégâts sont là comme une bombe à fragmentation. Misère, continuons et nous friserons les 75% d’abstention pour cette prochaine élection européenne à quelques semaines des Jeux Olympiques à Paris. 

Allez, trouvons un peu d’ironie dans cette polémique de classe maternelle sur la forme, car ce sujet venu de nulle part, jeté dans l’arène politique, n’est peut-être qu’une blague devant la machine à café de conseillers de l’exécutif, l’un disant – j’ai zéro idée après cette réforme des retraites pour changer de logiciel, mais tu crois qu’ils pourraient tomber dans le panneau avec le drapeau européen-, l’autre répondant -c’est pas possible, même pas en rêve, mais on y va à défaut d’une bonne idée-, et le tour est joué. Bref, encore une belle campagne politique qui se dresse devant nous…, le 09 mai, le jour de la fête européenne, elle s’annonce déjà erratique sur les sujets de fond pour s’attacher à la forme… !

Daniel Carlier

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