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(CAPH) Le récit prospectif d’un territoire à 20 ans (2024-2044)

Ce conseil communautaire de La Porte du Hainaut proposait une délibération phare au dessus de toutes les autres, la conclusion du « Projet de Territoire » après 18 mois de travaux. Pour autant, ce temps officiel républicain a commencé par une minute de silence en hommage à Dominique Bernard, professeur assassiné vendredi dernier sur Arras, mais aussi en souvenir de Samuel Paty, 3 ans jour pour jour après l’innommable, sans oublier un Moyen-Orient à feu et à sang où au terrorisme du vendredi 07 octobre succède une escalade mortifère, un massacre pour les civils.

En propos liminaire, la présence du maire d’Emerchicourt en auditeur libre éclairé indique que le retour de ladite commune au sein de la Porte du Hainaut est acté au 01 janvier 2024. Par suite, la CAPH sera composée de nouveau de 47 communes. Que de temps perdu contre la volonté d’un maire élu par sa population.

Le « Projet de Territoire » 2024-2044

Je pouvais choisir de faire une synthèse de cet exposé d’une heure après 18 mois de travaux, mais il apparaît impossible de faire en quelques lignes, hors réactions de l’assemblée communautaire, un résumé d’une telle ampleur sans trahir l’essence même du travail. L’idée est donc d’expliquer pourquoi faire un « Projet de Territoire » ici ou ailleurs. 

En effet, après 18 mois de travaux, Damien Anthony, du cabinet d’études en charge de ce « Projet de Territoire », faisait la restitution de ce travail titanesque. Fort heureusement, comme chaque expert du GIEC ou du Conseil scientifique dont nous avons été abreuvé durant la Covid, il n’est pas élu. C’est pourquoi, les collectivités font appel à un ou des bureaux d’étude pour écrire une partition sur un sujet, reste au politique d’interpréter la musique en toute indépendance et liberté démocratique.

Durant une heure, après 3 présentations magistrales durant 18 mois, la méthode, le diagnostic, les choix, la livraison de la synthèse a constitué un morceau de choix. C’est là que l’exercice est extrêmement complexe à faire comprendre, car la sémantique peut-être discutée mot par mot comme nous le verrons. Pour autant, prenons un exemple ne faisant pas partie de cette présentation et en forçant le trait volontairement… ! Par exemple, chaque élu.e est conscient en 2023 de la pertinence de la mobilité douce. Une ou un maire pourrait lever le doigt en disant – j’ai implanté un garage vélo 5 rue Jean Jaurès dans ma commune, tout le monde range son deux-roues dans cet espace, j’ai La solution pour accroître plus que partout ailleurs la mobilité douce et sans le dire, j’ai donc raison. Premièrement, la mobilité douce dans 20 ans nous emmènera tous, peut-être qui sait, en Segway et l’opportunité du garage à vélo fera doucement sourire. Néanmoins, cette solution à l’instant « T » est pertinente comme d’autres sur le même sujet avec des résultats plus ou moins probants, voire des échecs, et de facto des réflexions de gestion urbaine en la matière. Si une solution miracle existait, le prix Nobel serait déjà dans l’escarcelle de son auteur sur ladite thématique. Tout cela pour dire qu’un « Projet de Territoire » n’est qu’une prospective à l’issue d’un diagnostic, d’un ressenti de la population toujours imparfait, comme un vote dans les urnes, d’une prise de choix des élus, toujours discutable comme le résultat d’une élection, et d’une synthèse par essence traduisant une vision globale à 20 ans avec des réalités à très court terme, efficiente, efficace, allant dans cette direction, mais dont les modalités vont peut-être évoluer drastiquement d’ici 5 ans. Ce rendu n’est donc pas une recette de cuisine inscrite dans le marbre, mais une somme d’ingrédients choisis avec grand soin avec lesquels les décisionnaires élu.e.s vont travailler sur un plat salé aujourd’hui, sucré demain, un salé/sucré après-demain, mais toujours avec cette ligne d’horizon à 20 ans. C’est pourquoi,  quel que soit les arrondissements étudiés, ce rendu s’appelle un « Projet de Territoire ». 

Pour conclure avec une sémantique très vulgarisée, la somme des possibles n’est pas le sujet, car nous parlons des données de cette équation et d’une direction, avec d’énormes contraintes extérieures, d’où un sentiment parfois corseté, choisie par les élu.e.s de la république.

Les réactions de l’hémicycle

A l’issue de cette présentation, plusieurs réactions intéressantes illustrent la complexité de la diversité. Isabelle Denizon, vice-présidente en charge de la culture, est choquée « par l’absence du mot culture comme d’éducation populaire. Ce sont des mots que nos habitants comprennent ». 

Autre réflexion, Ludovic Zientek, maire de Bouchain, ne comprend pas pourquoi « les maires n’ont pas été interrogé sur leurs initiatives locales, comme sur Bouchain et notre dynamique commerciale à rebours de partout ailleurs ».

Anne-Lise Dufour, maire de Denain, approuve ce rendu « avec un regard sur nos forces et nos faiblesses à 20 ans ». 

Pour sa part, Salvatore Castiglione, maire de Wallers, indique « qu’il s’y retrouve comme citoyen, maire, et  élu communautaire. Ce Projet de Territoire nous oblige ».

Enfin, Jean-François Delattre, le vice-président aux finances, « approuve cette trajectoire financière »… non écrite, mais de fait voté in loco parentis à travers leur statut d’élu de la république. 

Pour conclure, le Président de La Porte du Hainaut, Aymeric Robin, met en exergue « cette collaboration, ce travail durant 18 mois où vous nous avez forcé à faire des choix, de permettre à la CAPH d’achever son processus de résilience à l’horizon des 20 prochaines années ».

La délibération de ce projet de territoire a été votée à l’unanimité moins une abstention (la synthèse de cette présentation en une slide ci-dessous).

Une ZAC exemplaire 

Autre dossier important durant cette soirée, la validation de la ZAC du Château d’eau sur Douchy-les-Mines où les nombreux apports des habitants, voire d’une association locale, ont porté leurs fruits. Cette dernière se veut quasi exemplaire, la naissance d’une ZAC écolo, « presque parfaite », juge Christophe Vanherseker, et votée à l’unanimité.

Deux Arenas dans les tuyaux

L’assemblée communautaire a validé le principe d’une réalisation bâtimentaire sportive à deux têtes. En effet, le choix porte sur la construction de deux « Arenas » sur Denain et Saint-Amand-les-Eaux afin de soutenir le sport de haut niveau et en l’espèce le basket homme à Denain et le basket et handball féminin à Saint-Amand-les-Eaux. Ces réalisations sont conditionnées à l’existence d’un Centre de formation agréé par les fédérations de tutelle. Evidemment, ce critère exclut de fait l’ensemble des salles de sports du territoire dont le besoin en travaux est également une réalité. 

Ce choix est conditionné par l’impact réel du sport de haut niveau sur les populations environnantes et sur l’attractivité d’un territoire. A titre d’exemple hors territoire, Saint-Omer dont la pratique du club en Rink-Hockey, en ligue des champions, constitue un facteur d’attractivités énorme d’où la construction d’une Aréna prochainement. Effectivement, ce choix communautaire permet à des jeunes d’accéder à une formation XXL dans une enceinte de grande qualité

Cécile Grasso-Novak, championne olympique en 1992, élue à Saint-Amand-les-Eaux, salue cette délibération « portée par La Porte du Hainaut. Enfant de Dutemple à Valenciennes, rien ne me prédestinait au sport de haut niveau ».

Daniel Carlier

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