Témoignages croisés sur la Grande Guerre dont un ancien maire de Valenciennes !
L’association « le Cercle archéologique et historique de Valenciennes » va fêter ses 100 ans en octobre prochain, un événement pour cette mémoire de la culture patrimoniale locale. A cette occasion, ladite association publie un 17ème ouvrage sur la Grande Guerre (1914-1918) dont le coeur repose sur un double témoignage, celui de Maurice Bauchond, fervent catholique et fondateur de l’association « le Cercle archéologique et historique de Valenciennes », et celui de Gustave Théry, ancien maire de Valenciennes entre 1925 et 1927 (Visuel sur la Place d’Armes à Valenciennes le 7 janvier 1915 pour une cérémonie de l’armée allemande).

(Visuel Philippe Guignet avec la publication en question)
Philippe Guignet : « Gustave Théry est le seul maire socialiste de l’histoire de Valenciennes ! »
Après quelques publications remarquées comme « Valenciennes au temps de Pierre Carous » où « le siège de 1793 (de Valenciennes) », voici un livre témoignage sur la Grande Guerre, mais avec un oeil acéré à l’arrière des lignes de front. Deux individus que tout oppose sont réunis dans un livre mémoire.
Pour ce 17ème Tome, Philippe Guignet a bénéficié d’un contact « par le petit-fils (sur Nantes) de Gustave Théry où il m’a envoyé une copie intégrale de son bloc-notes durant les 4 années de la Grande Guerre. » Son témoignage est intéressant, car nous sommes plus habitués à celui des soldats dans les tranchées de Verdun. En l’occurrence, ce dernier était réserviste et affecté à la surveillance des gares, ponts, viaducs, et des voies de communication. En outre, fondateur de l’association « L’ouvrière » versée dans la gymnastique sur Valenciennes et très au-delà (Europe du Nord), il devient instructeur dans le domaine des jeunes recrues de l’armée française. Puis, il a été élu maire de Valenciennes, entre 1925 et 1927, avec quelques anecdotes très politiques qui n’ont rien à envier aux tribulations actuelles, nous y reviendrons !
Pour Maurice Bauchond, citoyen évoluant dans un univers très christianisé, avocat, réformé de l’armée, est extrêmement dévoué à secourir les plus démunis. Par contre, son témoignage se concentre sur l’année 1915 où « l’armée française a connu le plus de morts dans son histoire, près de 400 000 morts, plus qu’à Verdun où vous aviez aussi les Anglais, les Canadiens, et les Américains. » Et encore, l’année 1914 compte pour moitié, car le 23 août 1914 près de 24 000 soldats français sont morts pour la France durant « la campagne des frontières, puis la contre offensive de la Marne (les fameux taxis) », précise-t-il.
Et pourtant, que font un homme d’une grande piété et un laïcard droit dans ses bottes dans le même livre. Tout simplement, ils se rejoignent par leur prise de conscience de la boucherie de cette Grande Guerre ce qui n’est si courant que cela à l’époque. Ainsi, ils vont œuvrer à leur niveau pour la paix compte tenu qu’il n’y aura aucun vainqueur dans un conflit mondial où des générations de jeunes soldats, de par et d’autres, sont tombés pour leur pays… ! Chacun à leur façon, ils appellent à la paix afin de mettre fin à ce carnage !
Gustave Théry, socialiste et seulement socialiste
Dans cet ouvrage, le parcours politique de Gustave Théry est aussi raconté. En effet, ce dernier a été élu en 1925 maire de Valenciennes et, malgré un programme réalisé, un fait politique l’a poursuivi à travers l’histoire de la cité. En effet, il s’est bien gardé de mentionner dans son programme « qu’il ne voulait plus de Tour du Saint-Cordon avec la procession de la vierge et de sa statue. » C’est sans doute un point majeur de sa non réélection en 1927, car une dissidence s’est construite durant les deux ans au pouvoir. « Pourtant, Gustave Théry est le seul maire socialiste de l’histoire de Valenciennes, mais une coalition PS/PCF a fait exploser cette majorité uniquement socialiste. Ce dernier a démissionné, car il a refusé de mener une liste bipartisane de gauche… », poursuit Philippe Guignet. Cette alliance iconoclaste à gauche en France (à l’époque) a été battue, en 1927, par une liste portée par Leon Milot composée de radicaux appuyés par les réseaux catholiques (avec l’appui du Sous-Préfet de l’époque/archives Renseignements Généraux), magnifique. Plus savoureux encore, cette alliance PS/PCF perdante, mais inédite, a été très remarquée au niveau national à tel point qu’un certain Maurice Thorez (Secrétaire Général du PCF de 1930 à 1964) en ascension au sein du PCF est venu en personne peu après cette défaite, rue Ferrand à Valenciennes, à une réunion de la section du PCF locale pour leur passer une soufflante. Il était hors de question d’une alliance avec le PS… !
Maurice Bauchond, un investissement pour le plus grand nombre
Cet homme renvoyé dans les lignes arrières à cause d’une myopie inconciliable avec l’art du combat s’est investi dans la cité. Tout d’abord, plongé dans le quotidien de la Croix-Rouge locale, il reprend sa robe d’avocat tout en participant au conseil d’administration de la Caisse d’Epargne. Dans cet ouvrage, il décrit jour après jour l’état des lieux en 1915 sur Valenciennes surnommé dans « Le Petit Parisien » la « ville des Boches ». Le visuel en page d’accueil cristallise la « Fête du roi de Bavière ». En effet, l’armée impériale allemande (du Kaiser) était composée de différents corps des régions, Landers, et celui de Bavière était affecté à Valenciennes.
Ouvrage à retrouver au 104 de la rue Duchenois à Valenciennes
Philippe Guignet est en discussion avec le Furet du Nord pour la vente de cette publication auprès de cette institution du livre, mais rien n’est acté pour le moment. C’est pourquoi, l’accès à cette publication chargée d’une histoire locale est accessible (à ce stade) à la permanence mensuelle de l’association au 104 de la rue Duchenois à Valenciennes (face Cimetière Saint-Roch). « C’est chaque 1er samedi du mois https://www.va-infos.fr/2024/12/06/le-cercle-archeologique-et-historique-de-valenciennes-a-enfin-son-adresse/« , précise Philippe Guignet.

Daniel Carlier




















