Pierre Griner : « Valenciennes Métropole n’est pas en situation de blocage ! »
Evidemment, la vie politique du Valenciennois vit à l’heure d’un calendrier judiciaire et administratif du maire de Valenciennes et Président de Valenciennes Métropole, une situation complexe à vivre, mais pour autant les institutions doivent continuer à fonctionner. Entretien avec Pierre Griner, maire de la commune de Quiévrechain, élu pour la 3ème fois de suite au 1er tour depuis 2014, et conseiller délégué à la sécurité urbaine et l’accessibilité des personnes en situation de handicap au sein de Valenciennes Métropole.
Pierre Griner : « Je travaille sur un Groupe d’élus (non inscrits) communautaires au sein de Valenciennes Métropole. »
Si le flou artistique, voire le manque de lisibilité, caractérise la situation à moyen terme de la collectivité locale de Valenciennes et de l’intercommunalité Valenciennes Métropole, les deux collectivités publiques doivent au jour le jour fonctionner.
« La réunion (initiée par Laurent Degallaix) du 05 mai dernier a permis de donner la parole aux maires (des 35 communes de la CAVM) concernant le fonctionnement de Valenciennes Métropole. Nous avons posé les choses. De mon côté, je demeure dans mon couloir de nage, sur mes délégations. Je travaille avec les services et je constate que l’institution fonctionne. Valenciennes Métropole n’est pas en situation de blocage », commente Pierre Griner, le maire de Quiévrechain. Voilà pour le fonctionnement interne, mais certaines délégations s’ouvrent plus sur l’extérieur comme le développement économique où les investisseurs privés et autres partenaires publiques vous regardent. Inutile de dire que pour l’investisseur privé, la situation n’est pas idyllique… !
On ne peut dire d’un côté qu’un Jean-Louis Borloo a porté le territoire sur des projets XXL et de l’autre que l’image actuelle renvoyée n’est pas négative dans l’esprit des investisseurs. Concernant les partenaires publics, l’édile espère « que la Région et le Département vont d’abord penser aux besoins du territoire, mais je ne connais pas la position de ces partenaires publiques (Etat de proximité compris).» Effectivement, sur les besoins, le soutien de ces institutions publiques est fondamental. Sur le plan politique, la région avec Xavier Bertrand et le Département du Nord avec Christian Poiret, dans le champ droit politique, n’ont pas intérêt à abandonner un territoire dont les indicateurs sociaux sont aussi dégradés. Par contre, qu’une femme ou un homme politique passe ses dossiers au dessus de la pile dans le choix d’une implantation stratégique d’un grand projet, c’est beaucoup plus palpable compte tenu de la situation de concurrence entre les régions, voire à l’international.
« J’y mets de l’énergie », Pierre Griner
Pour revenir sur le coup d’après dont on ne sait pas s’il interviendra dans les semaines, les mois ou les années à venir compte tenu des procédures judiciaires en cours : « C’est son Droit de citoyen d’initier des recours en justice, c’est un justiciable comme un autre (Laurent Degallaix) », poursuit-il.
Ensuite, Pierre Griner insiste sur l’autonomie (relative) dans les délégations : « Regardez sur le mandat précédent, Joël Soigneux (sport) et Véronique Dupire (Cycle de l’eau)* avaient une délégation totale de signature. Il y a une capacité de délégation quoi qu’on en dise au sein de Valenciennes Métropole. »
Par ailleurs, Pierre Griner voulait sur ce nouveau mandat de l’EPCI construire un groupe d’élu(e)s. « Je travaille depuis un long moment sur le sujet d’un Groupe d’élu(e)s et avant les événements que nous connaissons. Il sera non inscrit, ou assimilé, voire l’affiliation politique ne dictera pas le positionnement du Groupe sur tel ou tel sujet. J’y mets de l’énergie », déclare-t-il. Concrètement, l’idée d’un groupe politique communautaire, pas de gauche, pas de droite, fait son chemin au sein de la CAVM. « J’espère qu’il pèsera sur les choix au sein de l’institution », conclut Pierre Griner.
Est-ce une étape ou un tremplin pour la Présidence de Valenciennes Métropole, l’intéressé botte en touche, car ce n’est « pas le le moment politique ! A ce stade, je pense au fonctionnement de l’institution. Je ne ferai pas de politique fiction. » Et de manière très pragmatique, il échange avec les maires pour la constitution « de la prochaine commission d’accessibilité (en juin prochain), voire un travail sur le Règlement Intérieur afin de déterminer le nombre d’élu(e)s communautaires minimum pour constituer un Groupe (avec un Droit d’expression collectif). » Il ne faut pas être grand clerc pour deviner que la prochaine élection intercommunale ne sera pas le fruit d’une seule candidature (sauf en 2008/Michel Lefebvre) comme c’est le cas depuis 2001 sur Valenciennes Métropole. Chaque postulant(e) construit sa propre candidature ou son outil d’influence sur les projets et les grands choix stratégiques à venir, c’est de la politique tout simplement et bien naturelle dans une démocratie.
Comme un jour sans fin sur le Valenciennois, le brouillard s’épaissit sur ce territoire où les maires concernés vont devoir conjuguer cette situation singulière avec les besoins de leurs communes et les nécessités d’une communauté d’agglomération.
Daniel Carlier
P.S : * Cela explique mieux l’absence de Véronique Dupire pour les plénières relatives au cycle de l’eau avec un appel d’offres chaotique (et ses tribulations) que la CAVM a dû gérer avec Laurent Degallaix seul pour exposer publiquement l’état de l’art sur ce dossier…




















