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Le conseil de Valenciennes Métropole sous le haut patronage de Laurent Degallaix

Oui, nous en sommes là ! Le président de la collectivité territoriale ne peut pas présider sa propre agglo, car il sait que sa présence (en terme de vote) à l’assemblée communautaire fragilise un peu plus toutes les délibérations votées par celle-ci sur le plan juridique. Toutefois, ce conseil communautaire était obligatoire afin de valider les comptes financiers de l’année précédente pour les différentes structures où la CAVM est partie prenante, voire la certification de ces derniers, sans oublier les choix fonciers de portée régionale pour le développement économique, l’habitat et le plan climat très en pointe dans cet ordre du jour solide du conseil de Valenciennes Métropole.

Evidemment, sans la présence du Président de Valenciennes Métropole, le 1er Vice-Président, Pierre-Michel Bernard, maire d’Anzin, a présidé cette séance du Conseil communautaire de Valenciennes Métropole du 11 juin 2026.

Le foncier économique

Une première délibération portée par Sandrine Gombert, maire de Petite-Forêt et vice-présidente,  propose les sites sur Marly, la Zone industrielle des Dix Muids (pour 25 hectares), et la zone de l’aérodrome Ouest (sur 13,5 hectares) comme sites économiques prioritaires de portée régionale. « Dans le cadre du STRADDET ( schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), le Valenciennois a bénéficié en 2024 d’une autorisation de consommation foncière pour des projets de portée régionale, le PAVE 2 en 2024 sur Onnaing et ses deux fonciers en 2026 sur  le territoire de Valenciennes Métropole », précise-t-elle.

A cette proposition, l’élu communautaire de la ville de Valenciennes, Quentin Omont, répond : « Cette modification du STRADDET en 2024 est une façon déguisée de contourner la loi climat et résilience, notamment le volet ZAN (Zéro artificialisation nette) à l’horizon 2050, rare loi positive lorsque l’on applique celle-ci. On sait très bien que Xavier Bertrand et Valérie Létard détricotent cette loi. »

Pour sa part, Sandrine Gombert souligne que ce « STRADDET réduit de 66% la consommation foncière d’ici 2030. Il va dans le bon sens même si j’entends parfaitement vos arguments. »

De son côté, le vice-président au développement économique et maire de Marly, Jean-Noël Verfaillie, rappelle : « Valenciennes Métropole poursuit une politique vertueuse (écologique) en matière de logements et de développement économique. Nous privilégions le foncier économique des bâtiments existants plutôt que de nouvelles constructions. Ensuite, les deux projets mentionnés sont déjà classés en ZUE (Foncier ECO). Il faut arrêter d’opposer économie et écologie. »

Le Président de cette plénière confirme : « Dans le secteur du logement, nous privilégions la reconstruction de la ville sur la ville. »

Fraude habitat

Sur l’habitat, une délibération était particulièrement importante, car elle concernait les modifications des règles d’attribution des aides de l’ANAH, notamment à l’égard de l’accompagnement des ménages les plus modestes.

« Cette délibération s’inscrit dans un contexte de fraude massive », déclare Karim Gana, le vice-président en charge de l’habitat. Dans cette optique, les soutiens financiers aux ménages les plus modestes s’accompagneront d’un rejet des dossiers suspects que la CAVM peut rencontrer sur les propositions issues des MAR https://france-renov.gouv.fr/mon-accompagnateur-renov). En effet, l’Etat avait communiqué sur les tentatives (parfois réussies) de fraude sur des projets de réhabilitation d’où la suspension pendant un temps du service de l’Etat et sa réouverture avec des conditions plus stricts.

Le renouvellement du PCAET (Plan climat-air-énergie territorial)

A la manoeuvre le vice-Président Régis Dufour Lefort, met en exergue le renouvellement du PCAET signé en mars 2021 où « nous avons lancé un PAT (Plan d’Alimentation Territoriale), la renaturation, le fonds énergie, le schéma cyclable… Pour cette révision du PCAET, nous allons nous faire accompagner d’une AMO (Assistance à Maîtrise d’Ouvrage). »

A cette présentation, Quentin Omont est acide : « Il faudrait un minimum d’humilité sur les avancées obtenues. D’ailleurs, avec une AMO, vous obtiendrez le même résultat que le précédent PCAET ! »

Captage du gaz de mine

Oui, la plus ancienne compagnie des mines de France était la puissante « Cie des Mines d’Anzin ». Tout naturellement, le sol de ladite commune regorge de grisou. « C’est principalement du méthane (à 90%) et qui dégage 27 fois plus de chaleur que le CO2 », précise Régis Dufour Lefort.

A cet effet, l’entreprise GAZONOR va consulter le public en vue d’obtenir l’autorisation de capter du gaz de mine sur le territoire de la commune d’ANZIN. On rappelle que le 1er élu à émettre l’idée d’une utilisation de ce réseau de chaleur sous nos pieds était le candidat Nicolas Fehring durant la campagne municipale d’Anzin en 2020.

Un règlement intérieur modifié et contesté

La modification du règlement intérieur n’est passée incognito, c’est le moins que l’on puisse dire. En effet, le seuil minimal de 5 élus (RI actuel) à 10 élus, voire de l’absence d’une prise de parole d’un élu non inscrit dans un groupe réduit le temps d’échange démocratique dans cette enceinte.

A cette proposition, l’élu du Rassemblement national, Tanneguy Adriencense, rappelle le propos du maire de Valenciennes élu, Laurent Degallaix, le 22 mars 2026, avec un mea culpa sur la méthode de gouvernance. « C’était donc un discours de circonstance de Laurent Degallaix ! »

Quentin Omont rejoint cette opposition à cette nouvelle mouture du Règlement Intérieur : « Aujourd’hui, je pose une Question Orale sur le Canal Seine nord Europe. Avec ce nouveau règlement intérieur, cela ne sera plus possible ! »

Le Président de séance rappelle que dans l’immense majorité des EPCI, le « minimum est de 10 élus pour constituer un groupe, et 20 à La Porte du Hainaut. Ce nouveau RI a été validé en Bureau communautaire. »

Dans l’état actuel de notre paysage politique, un excès de démocratie ne nuirait pas à notre santé républicaine locale comme intercommunale ici et partout en France… !

Le CFU 2025

Globalement le Compte Financier Unique 2025 de Valenciennes Métropole laisse apparaître une situation saine « ne justifiant pas la demande d’un audit comme j’ai entendu ici et là. En 2025, nous avons réalisé 80 millions d’investissement, mais nous devons rester vigilant compte tenu du contexte financier national, intercommunal, et local. Par contre, nous fléchons chaque année 1,2 millions d’euros en faveur du SIMOUV pour le remplacement des rames de tramway de la T1 », indique Pierre-Michel Bernard.

Question Orale

Quentin Omont demande l’introduction dans le débat communautaire du dossier Canal Seine Nord Europe, un « sujet de moins en moins débattu et de plus en plus contesté. » A suivre si tel sera le cas dans le prochain séminaire de début de mandat, comme dans toutes les EPCI, afin de travailler sur les grands dossiers du mandat à venir.

En bref :

Assez innovante, cette délibération prévoit un stockage de l’électricité en provenance des énergies renouvelables sur la commune de Famars. Dans ce cadre, une modification du PLUI était obligatoire sur un périmètre de 2 hectares. « C’est un projet écologique vertueux », commente Sandrine Gombert.

C’est la dernière acquisition foncière dans le cadre du PNRQAD sur la commune de Condé-sur-l’Escaut, une maison individuelle sur la Place Rombault afin de boucler les derniers travaux sur ce dossier signé en décembre 2012… !

Pour la sixième fois, les comptes de Valenciennes Métropole ont été certifiés par un commissaire aux comptes : « Nous observons des progrès permanents, depuis six ans, dans les opérations de contrôle intérieur. »

Daniel Carlier

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