La déconstruction des bâtiments de la Résidence Manouvrier commence sur Saint-Amand
La résidence Manouvrier est une poche urbaine au coeur de la ville de Saint-Amand-les-Eaux, mais elle est surtout emblématique des besoins des administrés dans cette cité et partout ailleurs en matière de logements. Ce chantier est titanesque par le nombre de logements concernés, 238, et par la durée programmée de cette nouvelle architecture, jusqu’en 2035 ! Pour autant, ce projet est singulier, car il sort des sentiers battus à plus d’un titre. Ce jeudi 17 septembre, la déconstruction de deux bâtiments a démarré à l’occasion d’une cérémonie protocolaire en présence du Préfet du Nord, du Sous-Préfet de Valenciennes, des responsables du bailleur social, et de l’édile de la commune.

La parole la plus claire est souvent celle des usagers. En l’occurrence, deux anciennes locataires des bâtiments en démolition ont témoigné avec enthousiasme, car ce chantier a démarré par la construction de 64 logements (collectifs et individuels) avant même le premier bâtiment détruit. L’intégration des nouveaux locataires s’est réalisée en octobre 2025, après un lancement du chantier en avril 2024. Marie-Jeanne Tusynski, ancienne locataire des bâtiments en démolition résume.. : « Tout est mieux, il n’y a pas photo ! J’ai beaucoup plus de luminosité, mieux isolé (et baisse des factures énergétiques) avec un confort phonique remarquable. » Pour sa part, Isabelle Vincent, le changement est inespéré : « Aujourd’hui, j’ai 54 M2. Je peux accueillir mes enfants et petits-enfants. En plus, tous les appartements ont des balcons ce qui n’était pas du tout le cas sur l’ancienne Résidence Manouvrier. »
« Ce chantier s’élève à 55 millions d’euros », Franck Porier

Pour autant, Laurence Dyson, responsable de l’agence Valenciennes du bailleur social « Habilians », fusion de Logis Métropole et Habitat du Nord au 01 juillet 2026 avec 19 000 logements, rappelle que 50% des anciens locataires ont été relogés sur site, les autres sur notre parc dans la commune, mais très peu hors de Saint-Amand-les-Eaux. « Nous allons commencer la 2ème phase avec la déconstruction de deux bâtiments, Gambetta et Danton pendant quelques semaines », précise Franck Porier, le Directeur général d’Habilians. Puis, une 3ème phase avec les démolitions des bâtiments Moulin et Clémenceau s’ouvrira jusque fin 2028. Enfin, un deuxième jet de 64 logements verra le jour en 2028, puis par tranche jusqu’en 2035 pour atteindre 238 nouveaux logements. « Ce chantier s’élève à 55 millions d’euros. Habilians investit 50 millions d’euros et l’Etat 5 millions d’euros. Sans cette somme versée par l’Etat, le projet ne serait pas le même », ajoute Franck Porier. La typologie des logements a été modifiée, plus de type 2 et 3 dans les collectifs, donc plus petits qu’avant, mais des logements individuels de type 4 et 5.
Précisons que cette résidence Manouvrier ne figure dans aucun dispositif, ni l’ANRU (Agence National de la Rénovation Urbaine), ni le NPNRU (Nouveau Programme National de la Rénovation Urbaine), ni l’ERBM (Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier). Concrètement, elle ne coche pas les critères sociaux même si « tous les logements étaient des passoires thermiques, il n’y a aucun regret chez les anciens locataires à la destruction des bâtiments », commente Fabien Roussel, le maire. Ce dernier remercie également le Préfet du Nord, car « la parole de l’Etat a été tenue (5 millions). »
« Le poids des loyers et de l’énergie », Fabien Roussel
Bien sur, difficile d’empêcher le maire de faire une incise nationale dans cette manifestation. En effet, Fabien Roussel observe avec justesse « le poids des loyers et de l’énergie de plus en plus élevé dans les foyers. Il faudrait bloquer le prix de l’énergie dans les logements. Par contre, ici, nous avons un projet qui avance avec une mise en oeuvre dans les délais prévus. »
A souligner également, la participation du disposition « Action logement » (ex 1% logement) pour un montant de 1,3 million d’euros afin « de bénéficier de logements pour les salariés », précise le représentant de ce mécanisme.
« Un projet urbain avant d’être un projet logement », Aymeric Robin
De son côté, Aymeric Robin, le Président de l’intercommunalité de La Porte du Hainaut, met en exergue la nécessité de revisiter des bâtis « à bout de souffle, mais aussi de changer complètement un quartier de la ville. En fait, c’est un projet urbain avant d’être un projet logement ! »
Pour conclure, la présence du Prefet du Nord, Bertrand Gaume, souligne l’importance du dialogue entre les responsables territoriaux et l’Etat. « Nous répondons à une demande avec le budget que l’on nous donne. Par contre, nous sommes au service des gens et le respect de la parole donnée est important. »
Daniel Carlier




















