(Hasnon) Andy Verdière : « Notre choix est de travailler ensemble dans les commissions »
Pour ce premier opus budgétaire sur la collectivité locale d’Hasnon, le nouvel édile a voulu passer un message pour le reste de la vie de ce mandat 2026/2033. En effet, cette campagne électorale s’est construite autant sur la critique d’un bilan/programme du sortant, assez classique, que sur une hostilité marquée du mode gouvernance en place durant le dernier mandat. C’est pourquoi, Andy Verdière veut concerter en amont tous les projets, voire au delà, avec les oppositions.

Andy Verdière : « Nous avons eu 15 jours pour construire notre budget (prévisionnel) 2026 »
En propos liminaire, il est important de signaler que cette commune rurale (de 3 800 habitants) vit un moment politique rare en France tout simplement. En effet, deux changements de majorité sont intervenus depuis 2020. Concrètement, un nouveau venu en politique, André Desmedt, a succédé à l’édile historique Yannick Nison, en 2020, malgré une prime au sortant (rassurante pendant la Covid) quasi inégalée dans l’histoire de la 5ème république. Puis de nouveau en 2026, un candidat inédit au fauteuil majoral remporte l’élection de proximité sur Hasnon. Comme dans un escalier à double révolution, ces deux ex gouvernances locales n’ont pas croisé assez le regard des administrés et autres opposants politiques, rien vu venir sur le temps long dans les deux cas !
Bien sûr, à chaque changement de majorité locale ou nationale, cette dernière prend la vague pour l’élaboration d’un budget dans un temps très très court. On a beau connaître la comptabilité publique, lorsque l’on ouvre la boîte, la réalité peut être plus complexe que prévu. « Nous sommes élus depuis le 22 mars et nous avons dû élaborer une première version du budget pour le 15 avril », précise la 1ère adjointe en charge des finances, Laeticia Wadbled. Ensuite, les délibérations modificatives ont aussi été inventées pour cela, modifier un budget en cours… ! Pour rappel, chaque contribuable doit répondre à toutes ses obligations durant l’année fiscale sachant que ces modalités sont modifiables jusqu’au 31 décembre de l’année en cours, donc rétroactives ! En résumé, outre une modification d’un premier budget assez classique en cours d’année, les élu(e)s peuvent subir une mauvaise surprise fiscale en toute fin d’année pour résorber la dette publique d’Etat par exemple ! Bref, la prise en main d’une collectivité locale prend tout son sens à chaque changement politique d’où souvent cette prime au sortant local qui a toujours les clés du camion… budgétaire !
« C’est le reflet du travail budgétaire (2025) de l’équipe sur l’année précédente », André Desmedt
L’examen du CFU 2025 (Compte financier unique, ex compte administratif et compte de gestion) donne une photographie financière communale assez précise. Cet instantané livre un déficit d’investissement 2025 (et résultat antérieur) de 1 079 763 euros et un excédent de fonctionnement de 2 202 490 euros (et résultat antérieur), d’où un excédent cumulé de 1 122 727 euros. Cette donnée ne tient pas compte du RAR (Reste à Réaliser) de 131 210 euros en investissement. « C’est le reflet du travail budgétaire (2025) de l’équipe sur l’année précédente », souligne l’ancien maire, André Desmedt.
Concernant l’affectation des 2 202 490 euros d’excédent en fonctionnement, la répartition est de 400 000 euros reporté dans le budget fonctionnement 2026 et de 1 802 490 euros en autofinancement.
Les taux de la fiscalité locale
La nouvelle gouvernance locale maintient les taux de la fiscalité sur les impôts fonciers bâtis et non bâtis, la prévision de recettes est de 1 010 795 euros (sur un BP cumulé et équilibré de 6 329 675 euros). A cela vient s’ajouter la taxe d’habitation sur les résidences secondaires au bénéfice des localités.
Le Budget Primitif 2026
Le BP 2026 (prévisionnel) s’équilibre à 6 329 675 euros en recettes et en dépenses. « Nous ne ferons aucun prêt cette année. Actuellement, nous avons 4 emprunts, 2 finissent durant ce mandat (2030 et 2031) et deux en 2045 », précise la 1ère adjointe.
Au 31 décembre 2025, la dette publique locale s’élève à 2 006 929 euros. Le montant de l’annuité de remboursement en capital des emprunts en cours pour 2026 s’élève à 173 417.06 €, donc largement dans les cordes de ladite collectivité locale.

Dans ce cadre, Andy Verdière indique qu’une enveloppe ouverte d’un million d’euros serait dédiée à un projet concernant la salle des sports. « Votre budget est une coquille vide. Seul le Reste à Réaliser est clair, mais pour le reste, c’est le néant absolu. Vous annoncez une enveloppe d’un million d’euros pour la salle des sports, mais pas de projets. Je pensais que la campagne municipale de 3 mois aurait servi à élaborer un projet ! », commente Jean Pascal Huon pour l’opposition municipale.
Suite à cette intervention au vitriol, voire une autre plus posée sur l’éducation par Stéphanie Lecoeuvre, le maire prend la parole. « Nous avons eu 15 jours pour construire notre budget (prévisionnel) 2026. Nous avons eu tout de même une réunion de la commission des finances, mais nous n’avons pas eu le temps de réunir les autres », précise l’édile « où vous n’avez pas dit un mot durant cette commission », s’étonne Laeticia Wadbled.
Ensuite, il prône le travail collectif en commission sur tous les sujets : « Nous n’allons pas renouveler les erreurs de l’équipe précédente. Ces commissions se réuniront régulièrement et pas trois fois dans le mandat. »
La réponse fuse de l’ancien Premier magistrat : « Vous insinuez que le procédé était illégal ! Je vous rappelle qu’à la suite du non vote du CFU 2024, la Chambre Régionale des Comptes est venue sur Hasnon et n’a constaté aucune anomalie. Enfin, le Tribunal administratif ne s’est pas prononcé sur les travaux et ne sait même pas s’il va ouvrir le dossier ! »
En conclusion, Andy Verdière recentre le sujet qui n’était pas la mise en cause de la qualité de gestion ou de réalisation des travaux par la gouvernance précédente, car cette commune est d’évidence, chiffres à l’appui, bien gérée. Pour autant, le défaut d’informations à l’opposition et l’absence de commissions de travail ont conduit à la présence de 4 listes pour ces élections municipales. « Notre choix est de travailler ensemble dans les commissions et sur tous les sujets en amont ! », conclut le maire.
Le BP 2026 a été voté avec 5 voix contre de la liste d’opposition de l’ancien maire, mais l’élu du Rassemblement National, Emmanuel Gillot, a voté pour ce 1er budget du mandat.
Daniel Carlier




















