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L’électromobilité, un enjeu de souveraineté nationale et locale

En pleine crise mondiale des carburants, notre dépendance à l’énergie fossile apparaît plus encore comme d’une criante réalité. C’est pourquoi, le développement des énergies alternatives, et/ou décarbonée, est crucial durant ce XXIème siècle. Et parmi les secteurs essentiels de cette souveraineté énergétique, vous avez la mobilité de chaque citoyen qu’elle soit dans un véhicule collectif, partagé ou individuel. Dans cette optique, les « Rencontres de l’électromobilité », le 17 septembre dernier, au sein de l’Université Polytechnique Hauts de France, résonne comme une photographie sur cette quête d’une mobilité indépendante énergétique de Dunkerque à Fourmies en passant par Château-Thierry.

(Jumeau numérique d’un véhicule en déplacement avec une prise de contrôle possible à distance)

Cette tension mondiale sur le carburant fossile doit pousser et inciter le développement des énergies alternatives en France, l’hydroélectricité (barrages en montagne) forte en France, l’énergie solaire en pleine expansion, le biogaz (méthanisation/gaz propre) très à la pointe dans les Hauts de

Le Président de l’UPHF

France, l’éolien sur terre et en mer trop peu développé, l’hydrogène prometteuse, etc. Ainsi, les chercheurs du XXIème siècle construisent de par le monde notre énergie du XXIIème siècle, c’est une lame de fond malgré les résistances à l’exploitation des énergies fossiles, parfois grâce à de nouveaux gisements, comme si nous n’avions pas compris l’origine de notre cancer écologique… !

Cette réflexion macro/énergétique se décline au niveau territorial et local dans de multiples secteurs. Par exemple, nous parlons régulièrement de souveraineté alimentaire depuis La Covid, elle s’est d’ailleurs déclinée dans les fermes urbaines, les potagers partagés…, en résumé la volonté d’une puissance publique de proximité de nourrir ses habitant(e)s en cas de nouveau confinement.

En toute logique, la mobilité indépendante de toute énergie fossile est de facto une constituante de notre souveraineté tout court ! Et ça, chacun peut le comprendre devant la station de carburant près de chez lui…

L’électromobilité…

Toute forme de mobilité…

Pour une fois, on se félicite qu’une grande thématique ne se traduise pas par un acronyme abscons par le grand public. L’électromobilité, c’est votre véhicule mu, complètement ou partiellement, par l’énergie électrique. Le concept est simple.

Depuis deux ans, un travail de bénédictin a été entrepris afin de quantifier, répertorier, et cartographier toutes les recherches, et leurs spécificités, sur la mobilité via l’énergie électrique. Nous parlons ici du « Schéma Régional d’Enseignement Supérieur« . Ce jeudi 17 septembre, une journée dédiée à ces « Rencontres de l’électromobilité » a été organisée en présence du Président de l’UPHF, Abdelhakim Artiba, Clarisse Berthezene, Rectrice déléguée pour l’enseignement supérieur, la recherche, et l’innovation, et Valérie Six, la conseillère régionale déléguée à l’innovation sur le site de l’IMTD au Mont Houy. En aparté, l’existence d’une nouvelle industrie (relocalisée) de la batterie électrique dans les Hauts de France n’est pas étrangère à cette dynamique régionale. « Vous êtes des exemples », mentionne Clarisse Berthezene dans son propos.

Bien sûr, les échanges très techniques soulèvent aussi deux réalités de terrain, il faut distribuer cette énergie électrique, car cette dernière est continue et n’est pas stockable. Par suite, la construction de point de distribution sur tous les territoires, voire dans le plus petit village de France, pour forcer le trait, demeure l’horizon de notre souveraineté énergétique.

et sa livraison au consommateur… !

23 laboratoires dans leurs spécificités, dans les Hauts de France, participent à cette recherche fondamentale et appliquée dans un quotidien, déjà présent, mais surtout dans un futur de plus en plus proche.

Lé véhicule potentiellement piloté par son jumeau numérique (visuel d’accueil)

Chemin faisant, les présentations étaient très éclectiques, un petit avion alimenté par des panneaux voltaïques, des poids lourds électriques, des véhicules électriques dont une (ZOE) avec son « jumeau numérique » en passant par un robot animal. En focus, ce jumeau numérique permet de prendre le contrôle d’un véhicule à distance d’un côté et de l’autre peut potentiellement réaliser des tests à l’infini. Cette capacité sera indispensable afin de valider toutes les nouvelles technologies embarquées et particulièrement celles de l’IA. « Pour valider une technologie IA au sein d’un véhicule, il faut 260 millions de km. C’est impossible avec des véhicules, mais faisable avec des jumeaux numériques », commente un enseignant/chercheur.

Après une matinée consacrée à des discours et des tables-rondes sur l’état des lieux des forces vives de la recherche régionale, l’après-midi était consacrée à la traduction dans le monde réel à travers des véhicules électriques très divers. Sur la piste « Gyrovia », face au bâtiment de l’IMTD (Institut Des Mobilités Et Transports Durables) où se tenait cette rencontre universitaire, de nombreuses démonstrations ont eu lieu pour les participant(e)s.

Derrière cette technologie avancée, vous devez aussi proposer une livraison de celle-ci aux particuliers, aux entreprises, et aux collectivités publiques. Concrètement, l’existence d’une borne de recharge rapide sur les autoroutes, les routes nationales, les départementales, voire dans votre ville ou village sera le seul moyen d’effacer l’énergie fossile quel que soit l’énergie décarbonée proposée. Le défi est immense et il passe incontestablement par la recherche fondamentale au sein des laboratoires universitaires. En pleine construction budgétaire, tout ralentissement de la recherche française, dépendante de moyens financiers, se paiera par nos enfants…. près de chez eux !

Daniel Carlier

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