Jérome Guilleminot succède à Alain Cybertowicz à la présidence du « Comité du Patrimoine Valenciennois »
L’assemblée générale 2026 de l’association du « Comité du Patrimoine Valenciennois » était élective à plus d’un titre. En effet, Alain Cybertowicz, le Président sortant depuis 12 ans a fait le choix de ne pas candidater à sa succession et plus largement l’ensemble du Bureau a été renouvelé. Sur le fond, le bilan d’activité fait un état des lieux du Patrimoine à Valenciennes et des problématiques associées. En effet, la gestion par la ville de Valenciennes pose question sur différents dossiers, parfois positifs, d’autres beaucoup moins, même si deux représentants de la majorité de ladite collectivité locale sont venus au contact des adhérents pour s’expliquer sans oublier deux membres de l’opposition locale (visuel Alain Cybertowicz).

(Visuel Jérome Guilleminot, le nouveau Président de l’association)
Un tout nouveau Bureau pour l’association
Sur la forme, le coeur battant de l’exécutif cesse ses fonctions, le Président sortant, Alain Cybertowicz, le trésorier, Christian Vachez, et le secrétaire, Bernard Beaufort. La toute nouvelle présidence est assurée par Jérome Guilleminot, élu à l’unanimité des adhérents à jour de leurs cotisations et avocat au barreau de Valenciennes, Jean-Jacques Fleury, secrétaire, Adrien Stoltz, secrétaire adjoint, Henri Potmans, trésorier, et Pierre Trabouillet, trésorier adjoint.
Evidemment, Jérome Guilleminot rend un hommage à son prédécesseur pour son engagement indéfectible pour toutes les causes patrimoniales sur le Valenciennois, son empreinte pour la communication avec à la clé 130 adhésions (à jour), un record depuis la naissance de cette association historique du territoire, et enfin son présentiel « dans sa résidence secondaire du 94 rue de Paris », souligne le Président, sans oublier la gestion complexe sur le temps long de cette maison scaldienne.
Deux élus de l’opposition étaient présents, Nathalie Lorette et Tanneguy Adriencense. Avec chacun sa libre parole, ils ont souhaité une attention particulière de la ville de Valenciennes envers cette association et ses combats qu’il faut respecter quel que soit son avis personnel sur le sujet ! Enfin, Karim Gana et Didier Rizzo ont défendu l’action municipale en faveur du patrimoine, pas simple devant un auditoire fin connaisseur des dossiers sensibles !
L’actualité du 94 Rue de Paris
Pour le coup, la vie de ce bâti chargé d’histoire a été bouleversée durant les deux dernières années. En effet, le 92 rue de Paris menaçait de s’effondrer avec toutes les conséquences à la clé pour la sécurité des personnes et des biens mitoyens. En charge de ce dossier, Valenciennes Métropole a lancé la destruction de cet immeuble, et parfois brique après brique, afin de réaliser une dent creuse. « Nous avons consulté une dizaine d’opérateurs privés et des bailleurs sociaux. Aucun n’a trouvé un équilibre économique sur ce site », explique Karim Gana, le nouvel adjoint en charge du patrimoine, ville de Valenciennes, et le vice-président de Valenciennes Métropole en charge de l’habitat.
L’opération est délicate tant la structure du 92 est fragile. Des butons, en clair des appuis traversants entre les deux murs du 94 et du 90, sont utilisés pour permettre une sécurisation des structures attenantes. C’est cette technique de soutènement dont vous voyez sur le visuel ci-dessous.
« Les experts sont rassurants, mais l’absence d’accès au 94 rue de Paris implique une année blanche pour l’association, en terme d’animations, de visites patrimoniales, etc. », précise Alain Cybertowicz.

Voilà le fond assez clair de la situation bâtimentaire du 94 rue de Paris où l’adjoint à la ville de Valenciennes rappelle les fonds publics engagés pour conforter les parties arrières du 90 et du 94 à la charge de la collectivité territoriale. Toutefois, elle a été assortie d’une certaine brutalité sur le message envoyé à l’association. « Nous n’avons pas apprécié la méthode, nous avons été convoqués afin de remettre les clés dans les 15 jours sans autre communication préalable », tance Jérome Guilleminot. On a vu pire, notamment la vente du Mont de Piété, mais le passé est le passé !
La basilique Notre Dame du Saint Cordon
Pour rappel, la ville de Valenciennes est la propriétaire de cet édifice religieux. L’histoire de cette rénovation très très lourde est sur la table depuis presque deux décennies. A ce stade, le discours du Premier magistrat varie. « Il y a trois ans, Laurent Degallaix indique que la ville de Valenciennes engagerait des fonds publics pour cette réhabilitation, puis l’année suivante, il déclare plus un euro disponible pour la Basilique » », explique Alain Cybertowicz durant sa revue des dossiers patrimoniaux sur la ville de Valenciennes.
Sur ce dossier, Karim Gana précise que l’orgue, classé monument historique, est conservé en toute sécurité. Cette dernière assure également l’entretien nécéssaire pour la sécurité de l’édifice et nous parlons, comme à chaque fois sur l’action patrimoniale, d’un montant conséquent d’argent public. Ce dossier mériterait une action dynamique pour attirer un mécénat comme l’hôtel de Barneville.
La Maison espagnole
L’adjoint au maire est venu avec une nouvelle réjouissante pour le Patrimoine local : « La Maison espagnole ne sera pas mise en vente. Nous la conserverons. » Après un toilettage de bon aloi, il faut trouver un usage approprié à cette bâtisse indissociable de l’histoire locale. A priori, la Maison du Prévôt ferait l’objet de la même politique, bonne nouvelle pour l’association !
Autres sites patrimoniaux
Dans son énumération, Alain Cybertowicz rappelait l’existence de la « Porcelainerie » a deux pas du siège de Valenciennes Métropole : « Certes, la porcelaine de Valenciennes n’a été produite que durant une dizaine d’années, mais elle a été la première au charbon de terre, beaucoup plus résistante ! »
La Maison natale de Carpeaux « même s’il est né dans la cour arrière, est à l’abandon, vous pouvez voir à l’arrière des ouvertures sans fenêtres et les conséquences… ! », précise-t-il.
Sur chaque bâti, l’ancien Président espère un autre avenir que la BriqueterieChimot pour lequel la célérité de la CAVM à détruire ce site a été remarquée. Le nouveau secrétaire, Jean-Jacques Fleury, avait pourtant remué ciel et terre sans succès sur ce dossier patrimonial.
Pour être (presque complet), la rénovation du Musée des Beaux-Arts se poursuit avec un allongement du délai d’intervention, 3 ans de plus. Avec une nouvelle entrée, elle sera sans aucun doute magnifique ! Dans la même lignée des dossiers complexes, Karim Gana annonce que la « maîtrise du foncier a été obtenue pour le Passage de la Paix. Nous avons mis six ans. » Un projet concret pourrait donc se préciser sur cette emprise foncière au coeur de la ville, en face de la gare SNCF, une page d’histoire de la ville de Valenciennes inaugurée au milieu du XXème siècle ! Si ce dossier aboutit, il sera au crédit de Laurent Degallaix, comme l’émergence d’un acteur privé porteur d’un cinéma au centre-ville.
Déménagement de l’Office du Tourisme de Valenciennes Métropole
Repositionné au rez-de-chaussée du Mont de Piété, géré par le Privé, le nouveau Président de l’Office de Tourisme de Valenciennes Métropole, Didier Rizzo, annonce un déménagement de celui-ci plus lisible par les touristes : « Nous installons le siège de l’l’Office de Tourisme de Valenciennes Métropole, rue Vieille Poissonnerie, sur l’ancien site de France Loisirs, mais nous garderons l’annexe (Mont de Piété) ! »
Une page se tourne

Enfin, l’adjoint au maire, un peu chahuté sur quelques points patrimoniaux, demande « un jugement sur les résultats. Je viens de prendre mes fonctions il y a quelques mois. Je serai toujours disponible pour échanger avec vous sur les dossiers ! » Le nouveau Président approuve cette nouvelle approche du dialogue entre la cité et une association dédiée à la sauvegarde patrimoniale.
Daniel Carlier





















