D’un point de vue général, l’année de l’élection phare de la 5ème république donne un autre reflet à un budget local. Pour les municipales, on n’augmente aucune taxe et on promet tout même l’impossible. Pour la présidentielle, on affiche ses différences ou ses affinités locales avec la gouvernance actuelle ou pressentie.

Sur la cité thermale, il n’y a pas d’ambiguité sur la question de l’action du gouvernement concernant des collectivités territoriales compressées « du fait de l’austérité imposée par l’Etat à travers la baisse de ses dotations et des transferts de compétence sans compensation financière« , déclare en préambule Alain Bocquet.

Le DROB

La loi NoTRE impose en sus du DOB (Débat d’Orientation Budgétaire) un ROB (Rapport d’Orientation Budgétaire) afin de graver dans le marbre, par un vote, des choix politiques. Ceci afin d’éviter des surprises sur un dossier, une initiative pouvant déséquilibrer tout un budget.

Chaque opposition communale réclame plus de services à la population, plus d’investissement et plus rapide, mais en même temps crie aux loups lorsque le taux de désendettement part en flèche. La solution serait-elle la réduction drastique du nombre d’agents de la collectivité locale visée ? Sur St-Amand-les-Eaux, les dépenses de fonctionnement, en terme de masse salariale, restent pourtant très maîtrisées (50%) au regard d’autres communes du territoire.

Voilà, l’équation impossible où tout le monde à tort et raison à la fois, il faut faire plus avec beaucoup moins de recettes. Sauf que nous ne verrons jamais un élu de l’opposition, voire d’une majorité, dire de manière brutale-je vais réduire de 20 à 30 % les effectifs- impensable ! Par suite, à défaut de ce choix affiché, la critique générale d’un budget est sujet à caution.

Toutefois, le chiffre clé, le ratio de désendettement reste raisonnable, pour une commune, à un niveau de 6 ans, pour l’année 2016. Par contre, son augmentation est pointée du doigt par Eric Castelain « elle double en passant à 12 ans en 2020« . Cette remarque juste et chiffrée doit également prendre en compte la baisse des dotations de l’Etat tant que l’on n’est pas en responsabilité.

Pour autant, sur St-Amand-les-Eaux « les recettes fiscales stagnent. Globalement, 52% des foyers payent l’impôt sur le revenu sur la cité thermale« , explique Jean-Marc Mondino. Un fait budgétaire ponctué « d’une absence d’augmentation des impôts locaux depuis 1995« , ajoute-t-Il.

L’opposition réagit à cette donnée brute. ‘Il serait souhaitable de revoir notre politique de peuplement. Il faudrait programmer des logements pour des personnes avec un potentiel fiscal plus important, et ne pas uniquement réaliser des logements sociaux« , commente Eric Castelain. Il enchaîne sur un constat  » c’est un cercle vicieux, on joue les victimes, l’Etat nous abandonne etc. C’est toujours le même refrain- on n’y peut rien, le communisme n’est plus ce qu’il était« , la réponse cocasse d’Alain Bocquet « ça c’est vrai ! »

Fabien Roussel, adjoint à la culture, répond : « Nous devons faire face à la baisse des dotations et en même temps une population vieillissante« … « avec le transfert des charges, les communes sont asphyxiées« .

Les dossiers

La visite de Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France, a apporté quelques nouvelles positives pour cette commune entre ville et campagne. « Elle a confirmé la signature d’un contrat de développement de notre station thermale entre la région et notre commune« … « D’autant plus que la chaîne thermale du soleil va investir 15 millions d’euros pour la rénovation du Grand Hôtel« … « Ensuite, cette visite a confirmé la réalisation de l’internat du lycée Couteaux« .

Sur ce dossier, Jean-Michel Michalak commente « j’espère que votre ambition pour cette cité thermale ne se résume pas au Palais des Seniors et à la Maison Louise de Bettignies… ! »

Bien sûr, le dossier  » Coeur de Ville  » reste le plus épineux. Dans le prévisionnel, il est ventilé comme suit en terme d’investissement, 650 000 € en 2016 dans le cadre de la création d’un parking de délestage, 2 millions en 2017, 2 millions d’euros en 2018 et 3 millions en 2019. « Comme d’habitude, c’est toujours demain l’investissement« , s’exclame Eric Castelain.

Sur le complexe aquatique « cet équipement a couté 18 millions d’euros, mais uniquement 5 millions d’euros à la ville de St-Amand-les-Eaux« , précise Alain Bocquet. Par ailleurs, le 15 décembre, cet équipement sportif a dépassé les 600 000 entrées.

La cuisine centrale nécessite l’achat d’un véhicule, l’occasion de souligner que cette ville produit l’ensemble des repas des écoles communales.

Enfin, la problématique de la sécurité avec les impératifs inhérents à l’état d’urgence. « Cela réduit de manière très importante les manifestations voire annule certaines« , souligne le député-maire.

Publié par Daniel Carlier le 18 décembre 2016
Alain Bocquet St-Amand-les-Eaux
(St Amand) Investissement, des avancées et des attentes fortes
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