Au cours d’une présidentielle improbable, l’élection des futurs députés commence à poindre dans le paysage politique. Eric Castelain, titulaire, et Nicolas Fehring, suppléant, lancent leur campagne des législatives dans la 20ème circonscription, composée de 26 communes très hétérogènes.

Chambre avec vue sur la 20ème

A la veille d’un vote pour la fonction suprême, et un scénario inédit, la prochaine composition de l’Assemblée nationale s’avère cruciale, déterminante pour la conduite politique du pays, mais incroyablement incertaine. Le 25 mars 2017, la seule certitude sur le sujet est que l’on n’est sûr de rien. Et pour une fois, ce n’est pas une formule d’humilité condescendante des élus, ils sont complètement dans le Fog londonien, si triste depuis jeudi !

Dans cette optique, la meilleure option est sans doute de se recentrer sur ses convictions, son territoire et d’y aller avec détermination. Tel est le timing de départ de ce binôme politique.

Entre la 21ème, celle du Valenciennois, et la 19ème, celle du Denaisis, la 20ème circonscription est atypique. Forte de toutes les communes de l’Amandinois, mais également de villes clés comme Anzin, Raismes et Vieux-Condé, cette circonscription est entre ville et campagne, inclassable !

« Cela démontre à quel point le F.N se contrefiche de cette circonscription », Eric Castelain

Eric Castelain 47 ans, chef d’entreprise, est une figure bien connue du paysage politique sur l’Amandinois, candidat aux élections législatives en 2007, et élu de l’opposition à St-Amand-les-Eaux depuis 2001.

Son suppléant, Nicolas Fehring, 37 ans, dans la fonction publique, s’est fait connaître comme tête de liste, en 2014, sur la commune d’Anzin. L’anecdote est « que je n’étais pas UDI, mais que je me suis retrouvé avec l’étiquette UDI au sein du Conseil municipal. J’ai adhéré à l’UDI deux ans après », explique-t-il. La suite est toute différente « j’ai été choqué de l’attitude de l’UDI, le jeudi/vendredi, Jean-Christophe Lagarde etc. tancent François Fillon et 4 jours plus tard, le chef de file de l’UDI signe un accord pour les législatives ». Nicolas Fehring a quitté l’UDI  fin 2016 pour rejoindre le parti LR « car j’ai eu un excellent contact avec Olivier Blondel sur la 20ème, je l’apprécie beaucoup ».

Pour Eric Castelain, le paysage est assez limpide «  c’est la guerre chez les communistes (ou ex) , Fabien Roussel et Eric Renaud », précise-t-il. Le candidat du P.S s’est retiré (Marcel Lourel), l’’EELV à travers Frédéric Bigot pourrait remplir le vide. Concernant le F.N, Eric Castelain monte au créneau « on ne sait toujours pas s’il y a un candidat. Cela démontre à quel point le F.N se contrefiche de cette circonscription. D’ailleurs, d’une manière générale, les Etats-Majors se désintéressent de la 20ème circonscription », poursuit-il.

Bien sûr, la candidature de David Bustin, avec l’investiture UDI, et LR potentiellement, conformément à l’accord signé entre Jean-Christophe Lagarde et François Fillon suscite une réaction cinglante « Nous, on est de droite ! » Ensuite, ils ne veulent pas s’attarder sur les autres candidats et déroulent leurs idées programmatiques.

« Nicolas Dupont Aignan a des valeurs qui me parlent », Eric Castelain

La sensibilité politique d’Eric Castelain, non carté, est plus proche de Nicolas Dupont-Aignan. «  Il a des valeurs qui me parlent », souligne le candidat titulaire à la 20ème. Par contre, la candidat trace sa route « loin des histoires de boutique politique, car le coup d’après (la présidentielle) revêt un enjeu majeur, avec quelle majorité présidentielle va-t-on gouverner ? », s’interroge-t-il.

Il s’est décidé tôt « dès le mois de septembre 2016 », souligne-t-il. Il est clair que l’expérience politique locale a permis à Eric Castelain de se positionner sur l’échiquier très en amont, histoire de planter le décor, et d’influencer le cours de l’histoire politique.

Demandez le programme

Le député est élu pour porter des lois, les voter, soulever les problématiques d’un territoire, ce n’est pas une élection locale, même si la reconnaissance du candidat par la population est prépondérante. C’est tout le paradoxe de cette élection, si éloignée de la proximité du terrain et si proche du citoyen.

Economie et emploi

Eric Castelain. chef d’entreprise dans la formation linguistique, pose concrètement la problématique du poids des charges sociales sur l’emploi. « Dans mon secteur d’activité, un salarié chargé pour une formation au téléphone coûte 32 €, un américain 17 €, et 7€ sur l’île Maurice. Il est indispensable de baisser les cotisations patronales », mais également celles sur le salarié «  il est nécessaire qu’il y est un écart plus important entre l’activité et l’inactivité, et ainsi redynamiser le travail », assène Eric Castelain.

Dans la même lignée, l’impôt sur les sociétés «  se doit d’être baissé, et notamment sur les bénéfices réinvestis dans l’entreprise ».

L’entreprise est au coeur de sa réflexion, pourvoyeuse d’emplois par essence, car les fonds publics ne sont pas illimités. « Il faut moins de normes, dans tous les domaines. On va plus loin (dans la majorité des cas) que les règles européennes, et on se cache derrière après », explique-t-il.

La conséquence est palpable « les chefs d’entreprises ont peur de se développer. J’en connais plusieurs qui ne veulent pas se développer, c’est trop de problèmes. J’étais membre du CJD, même là, certains sont frileux. Dès qu’un dispositif fonctionne, on le modifie. Il faut cesser cette instabilité juridique permanente », poursuit-il.

Le développement économique passerait-il par une réduction de la norme administrative à la française ? Pour comprendre ces maux, il faut avoir été chef d’entreprise une fois, quel que soit la taille. Combien d’anciens chefs d’entreprises candidats à la présidentielle en 2017, zéro dans les gros bras. Et, on se pâme quand un concurrent à fait un tour dans le privé !! C’est pas gagné l’emploi pour tous… réalisables et pas désirables ! Telle est la philosophie perceptible dans les propos du candidat Eric Castelain.

Le social

Là, la flèche sort du fourreau et le tir est décoché « il faut une contrepartie pour l’aide sociale. Attention, je suis gaulliste. Il est important de venir en soutien aux personnes en difficultés ; et principalement aux personnes dans l’incapacité de réaliser une activité. Pour autant, il est important pour une personne de rester au contact avec l’emploi, car c’est encore plus dur après », commente-t-il.

Ensuite, concernant les étrangers sur notre territoire : « Les étrangers qui viennent profiter du système n’ont pas leur place chez nous. Par contre, ceux qui viennent participer à la nation, ils sont bienvenue. Ensuite, afin de profiter de notre système social, il faut cotiser un certain nombre d’années avant de pouvoir en bénéficier». Enfin, pour les personnes confrontées avec la justice : «  en cas de délit, il faut expulser immédiatement. D’ailleurs, si une coopération était validée avec des pays tiers afin que leur détention (d’une peine prononcée en France) se fasse dans leur pays d’origine. Cette perspective calmerait certains… », commente-t-il.

Enfin, il est sans concession « sur la suppression de l’AME ( Aide Médical d’Etat) ».

La sécurité

Nicolas Fehring, force de police sur la région lilloise, maîtrise le sujet. Il souligne d’abord  «  la nouvelle loi de la justice, de novembre 2016, avec des dispositions intéressantes sur les mineurs voire les stupéfiants « .

Pourtant, il rappelle une lapalissade « la police doit être au contact de la population et pas des bureaux. Le véritable problème est de remettre les policiers sur le terrain », souligne-t-il. Ensuite, il prône le travail en amont :  » La prévention est un vrai métier  » !

Difficile pour le citoyen de base de comprendre comment un policier perd un temps précieux sur de la procédure administrative. Difficile d’écouter un discours sur le manque de moyens, certes incontestable, mais en oubliant le rôle premier des forces de police, la sécurité des biens et des personnes… dehors les murs du commissariat !

Exception exceptionnelle

Eric Castelain, sur une circonscription en partie rurale, aborde la thématique de l’agriculture, qui n’intéresse que tous les 4 ans les caciques nationaux ! Il s’appuie sur une exception française bien connue et reconnue mondialement, l’exception culturelle française ! « Tout le monde, à droite comme à gauche salue ce dispositif. Pourquoi, ne ferions nous pas la même chose avec l’agriculture ? D’ailleurs, j’aimerai savoir quelle serait la réaction des intéressés (intermittents du spectacle) si leur statut était contesté ? ».

La France, ancien grenier de l’Europe, demeure une puissance agricole importante, mais en perte de vitesse vertigineuse. Il est temps que les gouvernants enfilent les bottes pour sauver des exploitations, des exploitant(e)s, et une certaine identité rurale de notre pays !

Voilà quelques traits programmatiques du binôme en lice sur la 20ème circonscription, prêt à battre le pavé et à en découdre !

Publié par Daniel Carlier le 24 mars 2017

Eric Castelain : « Nous, on est de droite ! »
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